OPINION DE8 GRECS 8CB LE TRAVAIL
atîaiblit le corps et enlève à l'âme toute son énergie ; de plus, il empêche l'individu de s'appliquer à son perfectionnement moral et d'acquérir Les qualités qui le rendent capable de remplir ses devoirs civiques'. Ils avouent qu'une société ne peut se passer d'industrie, et par conséquent d'artisans ; mais ces artisans, ils les relèguent au dernier degré de l'échelle sociale, et quand ils n'en font pas des esclaves, ils les excluent en bloc de la cité.
Le pythagoricien Hippodamos, par exemple, distingue dans la république trois catégories de personnes : la première, appelée tb ^suXeuTLJ'.sv, comprend ceux qui gouvernent; la seconde, To ém'usypov, est la classe des guerriers ; la troisième, tï ^âvauirsv, fournit aux autres leurs moyens d'existence. Les deux premières mènent seules une vie libre et indépendante ; la troisième, subdivisée eu trois parties, les agriculteurs, les artisans et les commerçants, travaille, produit et obéit ^.
Platon se prononce pour une organisation analogue, du moins dans son traité de la République, qui contient ses rêveries plutôt que ses idées. Partant de ce principe que nul ne fait bien plusieurs besognes dilférentes ■', il veut, lui aussi, qu'il y ait trois classes dans l'Etat, les magistrats, les guerriers et les travailleurs, les magistrats devant se recruter parmi les plus âgés et les plus sages des guerriers*. Les guerriers ne posséderont rien ^ ; le régime de la communauté s'étendra pour eux jusqu'aux femmes et aux enfants*'. Les laboureurs, les artisans, tous de condition libre, jouiront du droit de pi-opriété, et pourvoiront aux besoins de la société toute entière". L'hérédité des professions sera la règle. Néanmoins, les magistrats élèveront à la haute clas.se les meilleurs sujets de la classe inférieure, et rejetteront dans la basse classe ceux qui mériteront de déchoir ^ ; de
1. Platon, Répabl., VI, p. t95 D. 1 Tno Bà tcSv tt/vaiv tt >i«l BTitiioupYiSv (ôintip tÎ 9(tl[Uita XE),blSi|VTCii, oûtu xsî tà{ ^'fj^i tfuyxïxlaogjivoi te xst àTcoceSp-jp.- |uvoi Sià Ta; ^avotutrls; Tu^yàvouuiv. Xëndphon, Économ., IV, 2 et 3. Ahistote, Polit., V, 2, 1.