‹ La main lesteChapitre 10 sur 14 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

RÉGALAS, puis CÉLINE.

RÉGALAS, Seul.

La mère va venir... mais c'est la fille que je voudrais voir... elle est là... elle travaille. J'ai entendu dire à son père que pour la faire venir il fallait sonner deux fois. (Il

prend la sonnette, à gauche.) Je n'ose pas... je tremble... (So7i tremblement le fait sonner; 'passant à droite.) Que c'est donc bête de trembler comme ça. (Il sonne de nouveau.)

Céline, paraît avec une couronne de roses blanches à la main, à elle-même.

Il m'a semblé entendre sonner.

RÉGALAS.

Tiens... j'ai sonné.' (Il met vivement la sonnette dans sa poche.)

Céline, à part.

Le jeune homme de ce matin. (Voulant se retirer.) Oh ! pardon, je croyais que mon père m'appelait.

Non... ce n'est pas lui... c'est moi... vous devez être bien surprise de me retrouver ici...

CÉLINE

Surprise? non... car j'ai tout deviné.

RÉGALAS.

Ah! vous savez...

CÉLINE

Mon père a voulu faire le mystérieux, mais je sais parfaitement pourquoi vous êtes ici.

régalas.

Oui... j'attends madame votre mère, pour...

CÉLINE

Pour lui demander ma main...

RÉGALAS.

Comment... (A part.) Tiens c'est une ide'e.

CÉLINE

Oh! on ne me trompe pas, moi.

RÉGALAS.

Quel coup d'œil vous avez!... vous avez compris tout de suite que je vous aimais.

CÉLINE

Ce n'est pas bien difficile.

Vraiment! Ah! le joli bouquet! Est-ce que c'est vous qui l'avez fait?

CÉLINE

Oui, monsieur... mais ce n'est pasun bouquet, c'est une coiffure de bal... une couronne.

régalas, la prenant.

Voulez-vous me permettre? Quand je pense que ce sont vos petites mains qui ont travaillé ces fleurs, (Il embrasse la couronne.)

CÉLINE

Qu'est-ce que vous laites donc ?

RÉGALAS.

J'embrassela place où vos petits doigts se sont promenés... On doit être beau là-dessous. (Il met la couronne sur sa tête.) Céline, riant.

Ah! quelle drôle de figure! mais vous l'avez placée à l'envers.

RÉGALAS.

Comme Dagobert; eh bien! mettez-la à l'endroit, comme saint Eloh

CÉLINE

Quelle folie, vous êtes trop grand.., (Elle s'assied sur le fauteuil, à gauche.) Tenez, mettez-vous là, sur ce tabouret

RÉGALAS.

Oui... à vos genoux! à vos genoux. (Il se met à genoux sur le tabouret, Céline lui pose la couronne sur la tète au moment où Legrainard parait en tenant solennellement sa femme par la main.)

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