SCÈNE XVIII
LEGRAINARD, CÉLINE.
CÉLINE
Papa, quelle affaire as-tu donc avec ce jeune homme, qui vient ici pour la première fois ?
* Legrainard, Régalas, Céline.
LEGRAINARD.
Une affaire de fleurs.
CÉLINE
Ah! c'est bien singulier, j'aurais cru qu'il venait pour autre chose.
LEGRAINARD.
Ahl pourquoi?
GÉLINE
Je ne sais pas, mais il a embrassé madame de Pontmêlé, croyant que c'était maman, cela veut dire quelque chose.
LEGRAINARD.
Je ne comprends pas.
CÉLINE
Ne fais donc pas le mystérieux... j'ai deviné... c'est un prétendu.
legrainard, s'occupant à la table.
Lui!... ahl par exemple!.,.
CÉLINE.- j
Eh bien! s'il faut te parler franchement, de tous ceux que vous m'avez présentés, c'est celui qui me plaît le plus. .. Il est aimable, spirituel.
LEGRAINARD.
Voyons, ne te monte pas la tête.
CÉLINE
Il m'a dit des choses charmantes, et je sens là... oh ! oui ! je sens que je l'aimerai.
LEGRAINARD, à part.
Allons, bien! voilà autre chose l (Haut.) Mais puisque je je te répète que ce n'est pas un prétendu.
CÉLINE
Alors, qu'est-ce que c'est ?
legrainard (revenant à elle).
Eh bien!... c'est... c'est un voyageur... qui a caressé le pied de ta mère, croyant que c'était sa chienne, et si elle ne l'embrasse pas... deux hommes se trouveront bientôt face à face, le glaive à la main ; voilà l'exacte vérité.
CÉLINE
Quelle histoire me fais-tu là? A ta voix, je vois bien que tu me trompes! c'est un prétendu.
LEGRAINARD.
Mais je te jure.
CÉLINE
Oh! mon cœur me le dit.
Ton cœur .'...Rentrez, mademoiselle... avec voire cœur... et ne paraissez que lorsque je vous sonnerai... deux fois.
ENSEMBLE
Air nouveau de M. Romainville.
LEGRAINARD.
Sans un signal qui vous appelle,
Restez à l'écart, Et contenez, mademoiselle,
Un cœur tron bavard.
A moins d'un signal qui m'appelle,
Restons à l'écart, Et sachons contenir le zèle
D'un cœur trop bavard.
(Céline sort à gauche.)