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la chemise ; un chapeau garni de sa coiffe et son cordon, 6 livres ; un paire de gants chevrotins, 12 sous; une paire de souliers à trois semelles, 2 livres, i o sous ; souliers ordinaires, 2 livres, j sous.
Nourriture. — Le 1 1 juin 1663, le père Marchetti donne à dîner à une de ses parentes , et dépense 4 livres, pour le menu suivant : 3 livres de veau à 6 sous la livre; 3 pigeons, i livre 12 sous ;
1 pâté, 1 2 sous ; 2 têtes d'agneau, 7 sous ; deux livres « d'agriottes,» 2 sous ; un verre, 2 sous, 6 deniers.
Le nougat coûtait 4 sous la livre ; les raisins secs,
2 sous, 6 deniers la livre ; le fromage, j sous ; un coq d'Inde, i livre, 19 sous; les pommes, 9 deniers la livre ; le pigeon tout lardé, 10 sous. Les œufs, 7 S0U5 la douzaine ; une livre de riz, 2 sous ; le sucre, 13 sous la livre ; le beurre, 4 sous, 9 deniers la livre; l'huile, j livres, 8 sous le scandai (16 litres).
T^apier et livres. — La main de papier, 2 sous ; la rame, 33 sous ; une rame de papier grand
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raisin, 2 livres. — Il achetait beaucoup de livres ; nous n'en citerons que quelques-uns : Vie de Saint-Augustin , par M^' de Godeau , 4 livres, 10 sous, le volume in-4°; Chronique de Lérins, in-4''. I livre; Discours de la gloire, par M"^ de Scudéry, et trois autres ouvrages non désignés, 4 livres $ sous; VInstruction du Chrétien, du cardinal de Richelieu, et trois offices des saints nouveaux, 18 sous ; un livre de Saint-Charles, sur Les Danses et les Comédiens, i j sous ; l'Autorité du roi touchant l'âge et la profession solennelle des religieux, i livre, 10 sous.
Reliures. — Au sieur Chevalier, une piastre (3 livres) pour la reliure en veau, dorée à plein sur le dos et la bordure, d'un exemplaire de la Philosophie expliquée en tables , du sieur de l'Esclache. Reliure d'une Vie de feu M. de Marseille, in-4°, 10 sous; reliure d'une de ses Élévations sur la Passion, 8 sous ; reliure d'un manuscrit en bazane, 8 sous, 6 deniers; reliure
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de son Lexicon grec, 40 sous ; reliure de deux livres que Mê"" l'évêque de Vaison lui a donnés, 10 sous.
Les revenus du savant ecclésiastique ne s'élevaient qu'à 400 livres par an, auxquelles il ajouta, pendant quelques années , 400 livres que lui remettait un de ses parents, pour élever et instruire deux jeunes enfants. Il aurait vécu assez largement avec ces diverses ressources , s'il n'avait pas eu le goût des livres et des études historiques , qui l'entraînait à des dépenses d'impression. Il ne fit pas, cependant , les frais de publication de ses Explications des usages et coutumes des oMarseillais. La ville s'en était chargée ; mais , au moment de payer l'imprimeur, MM. les échevins trouvèrent la dépense exagérée et les tribunaux durent intervenir pour les obliger à tenir leur engagement. Une délibération, du 4 février lôSj, renferme , sur cet intéressant procès , quelques détails que nous transcrivons ci-après :
« L'ordonnance de M. l'intendant de justice,
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en date du 20 janvier 168^ , porte que la communauté doit payer audit messire Marchetti , la somme de 400 livres, à la charge par lui de remettre 400 exemplaires de son livre, pour être vendus au profit de la communauté, et qu'il lui est permis de disposer du surplus desdits exemplaires.»
Cet ouvrage, tiré à joo exemplaires et contenant 29 feuilles in-8% avait coûté 400 livres ; ce qui porte le prix de la feuille à 14 livres, environ. Aujourd'hui l'impression du même ouvrage coûterait 16 ou 1,800 fr. , c'est-à-dire quatre fois autant.
Cet exemple vient à l'appui des calculs de M. Leber, qui quadruple le prix d'un objet acheté en i6jo, pour en obtenir la valeur équivalente à l'époque actuelle. Mais, si nous comparons divers autres prix, nous arriverons à des résultats bien différents. Ainsi, les domestiques recevaient 2 f. 2 j c. par mois pour leurs gages, et aujourd'hui, il faut multiplier treize fois ce chitîre pour avoir la
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somme de 30 fr. qui représente la moyenne des mêmes gages. Le prix des souliers « à trois semelles » qui était de 2 livres, 10 sous, devrait être multiplié au moins huit fois, pour donner le prix actuel des chaussures un peu confortables. D'autre part, il est vrai, nous voyons que le prix du sucre était de 13 sous la livre de 16 onces, soit de 32 sous 6 d. le kilogramme; or, aujourd'hui, le prix du sucre est bien moins cher.
La conclusion de cette rapide étude, me paraît être, qu'il n'y a rien d'absolu en matière d'économie politique, comme en beaucoup d'autres matières. Le progrès s'eiîectue sur toutes choses, mais dans des conditions différentes, et vouloir préciser sa marche, lui donner une règle générale, c'est vouloir l'impossible.