RELEVÉS DE LA MAISON DE VILLE AVANT LA SURÉLÉVATION DES FACADES
M. D. G., série in-4°, t. III.
Au rez-de-chaussée de ce bâtiment se trouvait à l'origine la salle des festins, communiquant à l’est avec l’appartement du concierge et à l'ouest avec «l’antisalle et la desserte » reliées elles-mêmes à la grande cuisine située au-dessous de la salle des Pas Perdus (fig. 7). Après la Révolution, qui restreignit les réjouissances gastronomiques officielles, ces locaux ont été transformés en salles de séances et d’audiences, ou en bureaux’. Au premier étage, la salle du Deux Cents sert encore aujourd’hui aux délibérations du Grand Conseil. Elle communique à l’est avecla salle dite de la Reine et à l’ouest avec une autre petite salle et un vestiaire, d’où l’on peut passer à la salle des Pas Perdus. La décoration en plâtre de la salle du Deux Cents avait été exécutée sous la direction d'un sculpteur de Montpellier, Philippe Chéret, recu bourgeois à cette occasion le 10 janvier 1702*. Tous ces ouvrages ont disparu grâce aux transformations que la salle a subies au XIX° siècle*. La petite aile, à l’est de la cour renferme, outre plusieurs locaux sans importance, une salle au premier étage, celle de la Reine, ainsi nommée à cause du portrait de Marie Leczinska qui s’y trouve et qui fut donné à la Seigneurie en 1747*.
Nous avons vu que deux maitres, Vennes et Ducommun, firent les projets des nouvelles constructions de la Maison de ville ; c’est Ducommun qui exécuta les travaux selon convention du 31 décembre 1700*. Il parait cependant avoir été plutôt un entrepreneur tandis que Vennes etait l'architecte, au sens moderne du mot. Celui-ci, dit le registre, rendit divers services au public, soit dans la construction de la maison de ville, soit dans celle de l'Hôpital [Palais de Justice actuel, construit en 1709], soit pour le Temple [de la Fusterie, construit en 1714} qu'on se propose de bâtir. On l'exempte de cottisation et on lui octroye cinquante louis d’or*. Il eut donc une part certaine dans l'exécution des plans du bàtiment de la salle du Deux Cents.
Cet édifice est le premier à Genève où l'on reconnaisse l'influence du style français, qui depuis Louis XIV était employé à peu près dans toute l’Europe. A elle seule cette modeste construction ne peut donner une idée avantageuse de l'ar-
chitecture du XVIII: siècle à Genève. C’est un simple bàtiment d'utilité publique
1 Une partie de l’ancienne salle des festins porte aujourd'hui le nom de salle de l'Alabama, en souvenir de l'arbitrage qui termina le différend survenu entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne (1872). Voir Fontaine-Borgel, op. cit., p. 46 ss.
2R. C., vol. 201, f» 3837; vol. 202, fo 34 (23 décembre 1701 et 10 janvier 1702). Voir aussi vol. 202, fo 248 et 239 (26 mai 1702).
3 La Salle a été restaurée en dernier lieu en 1905.
# Voir Fontaine-Borgel, op. cit., p. ##+ et Viridet, Noles sur l’Hôlel de ville, p. 12 ss.
5 Minutes du notaire J. de Häarsu, vol. 16, f° 4.
8 R. C.. vol. 208, f° 507 (4 septemhre 1708).