CONCLUSION
À vrai dire, notre étude ne porte que sur un monument, et il serait imprudent de trop généraliser les quelques observations que nous avons pu faire. [l nous semble cependant qu'il serait équitable d'atténuer un peu le caractère absolu des jugements que nous avons cités. On n'a Jamais tenté jusqu'ici de donner un aperçu de l'activité artistique, — qui ne peut être niée —, de Genève au XV° siècle, ni même de grouper les rares monuments et objets d'art de cette époque, pour tirer de leur étude des conclusions définitives. On n’a pas davantage établi d'une facon précise jusqu’à quel point la Réforme arrèta cette activité; 1l faut donc se garder de toute affirmation hâtive. Nous savons en tout cas — la construction de la rampe en est la preuve — que la Réforme n'entrava pas complètement l'essor de l’art architectural à Genève. C'est un seul fait sans doute, mais il est bon cependant de l’affirmer une fois de plus en face des opinions traditionnelles que l'on répète sans cesse aujourd’hui. Autre chose est de savoir si la Réforme exerça une influence sur les formes et le style même des constructions élevées dans la seconde moitié du XVI: siècle à Genève. On parle beaucoup aujourd'hui d'art protestant! Des esprits imaginatifs voudront sans doute reconnaitre, dans l'architecture sobre et dépourvue d'ornements de la Maison de ville, l'expression de ce caractère austère et rigide qui doit être empreint sur toutes les œuvres de l'esprit protestant. Sans prendre part au débat, nous voudrions cependant mettre les imaginations en garde, en rappelant quelques faits positifs. Au milieu du XVI® siècle, l'esprit réformé était trop peu développé pour s'exprimer d'une façon marquée dans une œuvre quelconque, à plus forte raison dans une œuvre où le sentiment religieux n'avait absolument rien à voir. Au XVIT° siècle, l'architecte qui fit le projet des facades venait à peine d'adopter les nouvelles croyances lorsqu'il entra au service de la Seigneurie. Sa personnalité artistique s'était constituée en dehors des centres protestants. On ne peut nier qu'une influence générale fut exercée par les magistrats genevois sur les travaux qu'ils dirigeaient; cependant, les caractères où l’on prétend reconnaître le sceau authentique de l'esprit protestant étaient déjà propres, nous l'avons vu, à l'architecture de nos contrées avant l’adoption de la Réforme. Cet événement n'a pas changé les habitudes locales. Cette simplicité et cette absence de décoration, les Réformés ne les ont pas introduites à Genève. Ils ont continué en cela les traditions du pays, qui, n’ayant jamais possédé de grand Mécène, ne put, comme d'autres contrées plus favorisées, laisser une trace très brillante dans l'histoire des arts. Telles sont les quelques réflexions que nous a suggérées cette étude. On les
trouvera bien insuffisantes, en regard des nombreux faits que nous avons
accumulés. On nous reprochera peut-être de n'avoir pas su tirer de ceux-ci des conclusions d'une importance plus générale. À cela nous répondrons que l'étude d’un monument a précisément pour but de fournir à la science archéologique des matériaux solides. Une fois ceux-ci réunis en nombre suffisant, on pourra tirer plus tard de leur examen des déductions qui seraient aujourd’hui encore téméraires. Nous n'avons pas abordé ce travail avec l’idée préconcue de démontrer une certaine thèse, mais simplement avec le désir de faire connaître la Maison de ville de Genève. En rassemblant et coordonnant les documents connus ou inédits qui s’y rapportent, en les soumettant à une critique impartiale, nous avons cherché à donner de cet édifice une idée exacte et complète. Notre dessein était, non pas d’échafauder des théories générales sur une base trop étroite, mais de rechercher la vérité. C’est vers cet idéal que nous avons dirigé nos efforts ; nous nous en sommes approché autant que le permettaient nos
faibles moyens.
No I.
20 mars 1448"
Sequitur visio certorum bonorum, rerum et actilliariarum mobilium ad Communitatem Gebennarum pertinencium, facta et scripta per me, Petrum Roseti, notarium, scribam et secretarium dicte Communitatis de mandato nobilium Barthollomei Asinarii, Johannis de Orseriis, Clementis Poutex et Glaudii de Peymes, sindicorum dicte Communitatis, et eciam de mandato tocius Communitatis michi facto in Generali Consilio ipsius Communitatis.
Et primo liber Franchesiarum dicte Communitatis, in pargameno descriptus, copertus postibus et super ipso impinguntur arma dicte Communitatis.
Item banderia dicte Communitatis siricea.
Item alia parva banderia siricea que ponitur interdum in tula (?).
Item quidam alius penuncellus siriceus crisi et nygri colloris cum fringiis.
Item quidam pagnus tele cum depictione ymaginum Beate Marie virginis, Sanctarum Caterine et Barbare et Sanctorum Nycolay et Anthonii.
Item sex banqueria super stanis Domus Communitatis existencia.
Item quoddam parvum cimballum seu clocheta metalli.
Item selliocti cori C et quatuor.
Item faroti ferrei.
Item due mense et unum stanum in aula Domus dicte Communitatis cum tripedibus.
Item quidam muellus ferri ad faciendum carronos.
Item septem finstra (?) facum seu torchiarum.
Item quatuor baculi rotondi rubei quos defferunt sindici quando vadunt ad processionem.
Item tresdecim serrallie quatenarum dicte Communitatis in archibanco maioris ale reposite.
Item duo collaria ferri.
Item duos compedes ferri quorum unum par est in caveta, aliud in picto archibanco.
Item boete bornellorum reposite in archibanco aule maioris dicte Domus, prope caminum.
! Cette date est indiquée dans le Répertoire des Mss. hist., aux Archives d’Etat; elle n'est pas sur la pièce elle-mème, mais sur un autre document qui se trouve à la page précédente du même recueil. Ce document, ‘inventaire des titres et droits de la Seigneurie portés à la cathédrale », a été dressé sur l’ordre des mèmes syndics et est écrit de la même main. Il semble donc bien contemporain de celui que nous transerivons ici.