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FiG. 5. — La Maison de ville, vue du Midi (XVIIe siècle).
toutes les parois de la salle aient été décorées de cette façon, mais nous n’en avons pas de preuves certaines.
La date et l’auteur de ces peintures ne nous sont pas connus. On peut admettre qu'elles ont été exécutées au moment de l'agrandissement de la salle en 1473-1474*. Le fait que l’un des sommiers du plafond cache une partie de la
fresque n'indique pas nécessairement que celle-ci soit de beaucoup antérieure au
Sur une sorte de soubassement en ciment, on a trouvé des applications monochromes foncées et des initiales gravées, un R (ou P) et un M. (Journal de Genève du 16 août 1894).
: Nous aurons l’occasion de parler de ces peintures à propos de la décoration de la salle située dans la tour. À ce propos, nous étudierons et nous comparerons les différents vestiges de peinture du XV° siècle qui ont été conservés à Genève. Cela nous permettera peut-être de fixer approximativement la date de la fresque de la salle des Pas Perdus,
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nouvel, aménagement de la salle. Elle peut cependant avoir fait partie de la déco-
ration de la salle primitive installée entre 1440 et 1450. Si l'inventaire de 1507! s'applique bien à la salle dite
aujourd’hui des Pas Perdus, celle-ci était ornée, en outre, le long des parois, de vingt | et un écussons aux armes de la cité. Les ns vitraux placés en 1474* ont disparu. Peutêtre étaient-ils l’œuvre de maitre Joffred
Magnin (magister vitrorum Joffredus Magnini
LG ..—. = . : . à de Cabillione), qui fut recu bourgeois , 2romena de k à dla Treitt &TatiS EN 1473".
5 Extérieurement, l'aile de Ja es OU, 2 & ; Vi 2 - % Maison de ville qui renferme la salle
des Pas Perdus ne présente plus aucun
Rue dela Treille Plan du souterrain
Fig. 6. — Fragment du plan de la Maison de ville attribué à P. Matthey (XVIIIe siècle).
caractère ancien; la façade sur la promenade de la Treille a été remaniée à plusieurs reprises et les fenêtres agrandies ou peut-être même percées à une époque relativement moderne. L'avant-corps saillant, revêtu de roche, contre lequel s'appuie la porte de la Treille ne date que de la reconstruction de cette porte
en 1788. Auparavant, toutes les ancien- Plan du rer de hausse
$ Fig. 7. — Fragment du plan de la Maison de ville
fig. 5 et 17), la porte Baudet” était attribué à P. Matthey (XVIII: siècle).
nes vues de Genève nous le prouvent
1 Voir pièces justif., n° IT, et R. C., vol. 26, fo 185 vo (9 janvier 1539).
+ Voir Rigaud, Beaux-Arts à Genève, p. 52, note 1.
8 magister qui facit victra de cristallo (R. C., vol. 6, f° 62, 7 décembre 1473); mandatur intrari receptori xxij. florenos pro verreriis aule (Ibid., f° Te »#, 20 décembre 1#74#).
4 Jbid.. f° 63 (16 décembre 1473). Cabillione-=Le Chäble (Haute-Savoie).
5 L'ancienne porte Baudet n'était pas proprement la porte de la Treille d'aujourd'hui [1692] maïs une autre, qui passait environ à six pas de là vers la tour où est la salle du Conseil. La rue qui allait depuis la place du Perron jusqu'à la porte était en droite ligne, mais on fut obligé de la reculer pour agrandir la Maison de ville. Flournois, Extrait des R. C., Remarques, p. 115 (Mss. hist., n° 48). Le déplacement de la porte se fit en 1557 (R. C., vol. 53, {os 197 vo, 166 et 170 v°, 7 mai, 7 et 10 juin).
percée dans un simple mur, formant le prolongement de la façade sud de la Maison de ville. Avant la construction des façades ouest, qui sont très probablement plus avancées sur la rue qu'elles ne l’étaient au XVI siècle, la porte Baudet était plus rapprochée de la tour et la facade sud de la Maison de ville plus étroite.
La salle des Pas Perdus existant dès le XV° siècle, il
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est évident que les locaux situés au-dessous datent aussi de la même époque’. Avant le XVII[I° siècle, aucun document ne nous "| éclaire sur leur identité; là se trouvaient
sans doute, outre le four public, des caves
nn et des magasins, soit des locaux d’une
ce sou
importance assez secondaire *. On se
demandera peut-être pourquoi ces salles
Cha rallarie trouvèrent si tard un emploi *. Sans doute
leur situation exposée, au pied des murail- LE d premer étipe les de la ville, les empêcha d'être
Fig. 8. — Fragment du plan de la Maison de ville utilisées dans des buts très impor-
attribué à Matthey (XVIIIe siècle). saints: On ne perça. d’ailleurs des fenêtres dans le bas des anciens murs qu’après la construction de l'enceinte à boulevards au XVI® siècle. Jusque-là, ces locaux furent évidemment peu éclairés. C'est par la salle dite Papon, au-dessous de la grande salle des Archives, que l’on entrait, jusqu’au XVIII: siècle, dans la Grotte au pied de la tour Baudet; nous aurons donc l'occasion d'en parler à propos de cet édifice. La situation de la Maison de ville explique aussi la position élevée de la salle du Conseil. Etant
placée sur la ligne même de défense, elle devait être mise à l'abri des attaques.
1 La salle du 3° étage, occupée aujourd’hui par le Département de l'Intérieur, servit de grenier jusqu'en 1718; cette année-là, elle fut aménagée en salle de concert et servit à cet usage pendant tout le dix-huitième siècle (R. C. C., vol. 12, for 164 et 206, 28 janvier et 16 novembre).
? On fit pourtant en 1#7# une cheminée in camera subtus aulam (R. C., vol. 6, f° 98 vo, 8 mars).
8 En 1706, on installa dans le local situé au-dessous de la salle des Pas Perdus une grande cuisine communiquant avec l’antichambre et la desserte de la salle des festins par deux portes aujourd’hui murées (R. C., vol. 206, fes 239, 240 et 2#1, 2 juin). L'une d'elles s'ouvrait dans la grande cuisine (grande salle des Archives actuelle), à l'endroit où se trouve aujourd'hui le petit escalier conduisant au sous-sol. Celui-ci remplaça probablement, à la fin du XVII siècle, un escalier situé à l'angle sud-ouest de la Maison de ville, près de la porte Baudet, et détruit sans doute lors de la reconstruction de celle-ci en 1788. Avant cette date, cet escalier, qui reliait la grande cuisine au sous-sol, établissait aussi une communication entre la salle des Pas Perdus et le vieil Arsenal au moyen de la galerie placée en encorbellement à l’intérieur de la porte Baudet. Les fig. 6, 7 et 8 reproduisent le plan primitif de cette partie de la Maison de ville,
Une question se pose encore à propos de cette partie de la Maison de ville. Comment se fait-il que, ni du côté nord, ni du côté ouest, 1] n’y ait un rez-dechaussée au niveau de la rue? De tout temps, les maisons genevoises eurent un étage inférieur communiquant directement avec la voie publique et servant de boutique, d'atelier ou de cave. A la Maison de ville, ce n’est pas le cas ; d’un côté, la grande salle des archives est élevée de plus d'un mètre au dessus-du sol de l'entrée principale, sur la rue de l'Hôtel de ville, et de l’autre, la salle Papon est beaucoup plus basse que le sol de la rue de la Treille, vers la porte. Nous ne serions pas étonné que le niveau des rues ait été notablement modifié pendant le cours des siècles. On peut déjà remarquer une dénivellation relativement récente dans tous les abords de l'Hôtel de ville. Il est possible que ce changement de configuration ait eu un précédent. La petite place de l'Hôtel de ville aurait été un point culminant, à partir duquel les rues de la Treille, de l'Hôtel de ville, du Puits Saint-Pierre et la Grand’Rue auraient présenté des déclivités plus fortes que celles qu’elles ont aujourd’hui. Ceci est une simple hypothèse, servant à expliquer la position relativement élevée des salles établies au XV: siècle, par rapport au sol extérieur. Rien ne pourra jamais la confirmer ou la détruire, puisqu'il ne reste aucun autre témoin
de cette époque dans ce quartier.
d’après un dessin original, antérieur à 1788, appartenant à M. Ch. Bastard et attribué par lui à un architecte du XVIII siècle, P. Matthey. Il existe une vue de la porte Baudet, avec sa galerie intérieure, sur le tableau représentant la justice, conservé au Musée archéologique. Il est reproduit dans Doumergue, Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps, Lausanne, 1905, in #, t. III. p. 309.
C'est probablement à la fin du XVITT* siècle que les Archives furent installées dans la grande cuisine ; auparavant, la chambre des fiefs, chargée de ce service, occupait au mème étage trois chambres donnant sur la rue de la Treille, près de la porte (fig. 7). Au sous-sol, la grande salle située au-dessous de la cuisine était, avant 1788, un bücher ; les salles prenant jour sur la rue avait reçu en 1718 l'atelier de la Monnaie (R. C. C., vol. 12, fe 16#, 28 janvier). Au commencement du XIX* siècle, la plus grande partie du sous-sol de la Maison de ville était occupé par un café, dont le nommé Papon fut le tenancier jusqu'en 1822. À cette date, les Archives, qui n'occupaient jusqu'alors que la grande salle du premier étage et la grande Grotte au bas de la tour (reliées par le petit escalier actuel), s’annexèrent les salles restées vacantes ; les différents locaux de ce service furent ainsi plus directement reliés entr’eux.
Les voûtes d’arête en plâtre qui couvrent la grande salle des Archives et la salle Papon n’ont été construites, semble-t-il, que lors de l'aménagement de ces salles comme locaux d’archives, soit à la fin du XVIII: siècle.