I.A TOUR BAUDET
siècle. En effet, l’on avait conservé dans la salle des Pas Perdus un fragment de banc en noyer dont la hauteur, les profils et les ornements se trouvèrent concorder exactement avec un reste de peinture, simulant une boiserie, trouvé contre la cage de l’escalier. Il était donc permis de supposer que, d’un côté de la salle (à l’est), la partie inférieure des murs avait été garnie de bancs à dossiers formant une boiserie continue, tandis que de l’autre (à l’ouest) on s’était contenté de décorer les parois au moyen d’une peinture reproduisant le dessin des bancs1.
Aucun document ne vient confirmer les -suppositions que fait naitre l’état des lieux. En 1 5 3g et i5qi 2 3, on décida de faire des bancs de noyer ont de chesne à la salle du Conseil; la décision resta, semble-t-il, lettre morte jusqu’en 1572% où de nouveaux bancs furent posés. Cette date peut s’appliquer aux bancs actuels, tout au moins à leur modèle, car leur style trahit certainement la seconde moitié du XVIe siècle. Le siège est posé sur de petits pilastres cannelés, séparés par deux arcatures retombant en une sorte de console. Le dossier est divisé en stalles par des pilastres ioniques, également cannelés et correspondant aux pilastres inférieurs. Ils supportent une corniche dont la frise est sculptée d’ornements. Les panneaux intermédiaires du dossier sont décorés d’arcades, figurées en perspective.
Ce n’est qu’au XVIe siècle que l’on mentionne les verrières, colorées ou non, de la salle située dans la tour. En 1 538, François Mercier 4 a fait des rendues céans. En 1542, Gabriel le «pinctre5» a fait les olliels des verrières en la sale du Consejd. On ne sait si ces vitraux étaient peints ; toutefois la profession des deux maîtres (ils sont l’un et l’autre qualifiés de peintres) permet de le supposer. En 1 5 58, le peintre verrier Pierre Favre 6 exécutait des travaux plus importants encore au grand poille du Conseil ;
1 Le banc, qui se trouve aujourd’hui à droite de la grande fenêtre de la face sud, peut très bien n’avoir pas existé à l’origine. Il est vrai que l’on n’a trouvé aucune trace de peinture contre cette paroi, mais ce n’est pas une preuve absolue de l’existence primitive du banc.
2 R. C., vol. 33, f° 251, et vol. 35, f" 222 (20 novembre 1539, 1er juin 1541).
3 Ibid., vol. 67, fos 16 v" et 190 v° et vol. 68, f” 12 (31 janvier et 1er décembre 1572 et 15 janvier 1573). Ces bancs étaient l’œuvre du menuisier Amon Guillaume.
4 François Mercier, de Reignier (Hte-Savoie), reçu B. G. le 9 janvier 1537, pour 4 escus qu’il poyera en ovraige de verrières, travaille aux verrines de la Maison de ville, et fait un grand escusson a troys armes (Ibid., vol. 32, f° 60 v°, 22 mai 1538). En 1540, il travaillait à l’église de la Madeleine (Ibid., vol. 34, f° 31, 16 janvier).
5 Gabriel Pellerin le « pinctre », de Bleyz (Blois) s/Loire en France, reçu B. G. le 20 mai 1541, travaille aux verrières de la salle du Conseil (Ibid., vol. 35, f° 478 et 482 v”, 2 et 4 février 1542) et à celles du temple de Jussyen 1546 (Ibid., vol. 41, f° 263).
« Pierre Favre, né vers 1527, f en 1567, travailla plusieurs fois pour la Seigneurie (C. M. et Q., vo 1. 6 et 7) , il orna aussi de verrières d’autres salles que celles du Conseil (voir pièces justif. uos VI et VII). La biographie de ce peintre a paru dans le Schwei\erisches Künstler-Lexikon, Bd I (Frauenfeld, 1905, in-8), p. 445.
il plaçait plusieurs vitraux portant les armoiries de la ville et celles de l’empire, le tout en colleurs, et remplaçait plusieurs pièces de verre aux autres châssis. Tous ces vitraux ont disparu, bien qu’on eût placé des doubles fenêtres pour les protéger conti e les intempéries1. On ne sait rien de leur valeur artistique; les peintres venieis qui ont travaillé à la Maison de ville n’ayant pas laissé d’autres vitraux qui pourraient donner une idée de leur talent.
1 En 1546, on plaçait aux fenêtres de la salle du Conseil un « avantoy » (C. M et Q vol 5 4' liasse). Voir aussi R. C., vol. 113, Ÿ 16 et v* (8 novembre 1614).