LAD.MLMSTRAÏIO.N DE LA MAISON
connaissances spéciales l'empècliaient-ils de prendre le poste de son père ? Fut-ce une mesure de Riclielieu qui estima tout lien de parenté incompatible, vu la jeunesse du nouvel olïicler, entrfe le grand trésorier et l'argentier, et dangereux pour la bonne administration de sa fortune ? Fut-elle provoquée par Le Masle lui-même, désireux d'éviter à son cousin de graves responsabilités ?
Nous ne pouvons que poser la question. Quoi (|u"il en soit. Picot le père avait auprès de Richelieu, de par la protection affectueuse de Le Masle, une situation privilégiée qui prouve encore l'inlluence de ce dernier sur le Cardinal, avec cette pension de retraite de 600 livres que nous avons signalée dans un chapitre précédent. A l'Etat de la marine de 1633, un Picot est porté comme » commissaire aux expéditions travaillant près du grand maître », avec des appointements annuels de 600 livres, les mêmes que ceux de Cherré, le cousin de Charpentier qui le précède ; le père et le fils portant le même prénom, il est assez difïicile d'identifier le titulaire.
Nous avons vu, d'autre part, l'alfection que Le Masle témoignait par son testament à Jacques Picot le fils, son cousin ; Richelieu l'avait déjà inscrit dans le sien où il figure, par son nom et sous son titre au-dessous du maître d'hôtel et pour la même somme que lui, de 6.000 livres ; il y est suivi de Robert, un nouveau contrôleur, sans doute, qui n'est pas au Compte de 1639, et a dû par suite remplacer Cliartier entre 1639 et 16i2.
A la mort du Cardinal, Jacques Picot prit-il dans une autre maison princière les fonctions non plus de contrôleur, mais d'argentier sous lesquelles son père était connu ? Dans le rôle de modération des taxes du 4 février 1649, nous trouvons en effet, un Picot, trésorier de la maison du duc d'Orléans, taxé k 200 livres pour l'armement et à 20 livres par mois ', et la concordance de nom et la similitude d'emploi, à défaut d'autres preuves, mérite d'autant plus d'être signalée que nous avons déjà relevé un cas analogue pour Seneschal, le valet de chanibre.
En tout cas, si c'est le même personnage, il n y restait pas longtemps, car lors de l'inventaire de la succession de Le Masle en 1662, Jacques Picot, son cousin, était conseiller et maître d'hôtel du roi - ; il avait
1. Dubuisson-Aubenay, yourna/ îles fjuerres civiles, Paris. 1884, t. II, p. 332.
2. Une famille de même nom nous est connue par le testament d'un de ses membres, Euslache Picot, prêtre, chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, abbé de Notre- Dame de Chalivoy, maître de musique de la Chapelle du Roi : « Je donne et lègue à mes deux petites nièces, filles de Jean Picot, mon neveu, fils de mon frère aîné.
alors deux sœurs, Anne, veuve du sieur de Surtoc médecin, remariée à Jean HoUard, bourgeois de Paris, et Marie Picot, veuve en premières noces de défunt Robert Mareschal et en secondes noces de Charles Jouannet ; cette dernière, dans la gêne, avait souvent sollicité, mais en vain. Le Masle, son riche cousin ; dans la protestation violente qu'elle présenta contre le testament qui la déshéritait, elle rappelait que depuis trente ans, sa porte ne lui avait été ouverte qu'une fois, le chanoine étant depuis cette époque » obsédé et sous le gouvernement et la puissance de deux personnes étrangères qui le gouvernaient et principalement Baudouyn ». Elle invoquait contre cette captation d'héritage «la gratitude et la reconnaissance dont il s'étoit reconnu obligé par escript de sa main et par un témoignage verbal, en cent rencontres, pendant qu'il estoit libre et maistre de ses volontés, des obligations extrêmes qu'il avoit à son père, à elle, qui avoit été seul l'auteur de son éducation et institution '... »
Des trois enfants, elle seule basait son opposition sur semblable motif ; nous ignorons quelle est la seconde personne visée par elle, qui avait un tel empire sur son cousin ainsi taxé d'ingratitude, mais il est curieux de signaler la date d'origine de cette influence étrangère ; c'était précisément l'époque k laquelle le nouveau chanoine était venu s'installer au cloître Notre-Dame.
Picot, leur père, avait été remplacé par Euzenat dans ses fonctions d'argentier, postérieurement au 31 décembre 163S2; nous savons peu de chose de ce dernier, pendant la vie de Richelieu, à cause même de la nature de son emploi qui est passif et ne peut donner lieu à aucun incident en dehors des opérations régulières de la comptabilité : grâce à elles, toutefois, nous le retrouverons plus loin au chapitre des Finances, où l'on verra le mécanisme de sa gestion, ainsi que l'importance de ses responsabilités.
Cette charge n'est occupée, du reste, par un officier spécial que très exceptionnellement; en général, elle s'ajoute aux obligations de l'intendant ■*, et ni Fleury ni Audiger n'en font état dans la composition du train d'un grand seigneur.
laisiico maiiéo à Perricr, marchand (ioineuiant à Envieux, l'autre mariée ii M. Marient' demeurant à Auxonne, en Bourgogne... .le donne et lègue à M" Pierre Picot, mon neveu, prêtre el chanoine de l'iiglise Notre-Dame de Rouen... Je donne et lègue aux enfants qui sont sortis de la sneur dudit M° Pierre Picot mon neveu, n Léon Brièle, Doc. pour servir à l'hisl. de r Hôtel-Dieu de Paris, Paris, 1887, t. IV, p. .336.
1. Léon Brièle, Doc. pour :<prpir ,i l'hisl. de l'Hôlel-Dieu de Paris, Paris, 1887, t. IV, p. 280 el 200.