Kuhery , Mémoires , t. IV, p. 7, 9, H
3. C' dWvaux, Corresp. inédile avec son père, Paris, 1887, p. 141.
3. Armand Baschet, Le Roi chez la Reine, Paris, 1886, p. 385.
4. Auvray, La Madonte, tragi-comédie dédiée à la reine, Paris, 1632.
.'5. Au milieu du déluge de rimes plus ou moins intéressées que provoqua la naissance du Dauphin, une spirituelle épig'ramme de Dalibray, un parisien railleur, est à citer :
Vous qui désespériez de voir nostre yrand Prince,
Nous donner des elTets de sa fécondité,
Cessez d'en accuser ny l'air de la Province,
Ny du champ Espagnol la contrariété.
Enfin remettez-vous, ayez l'esprit plus calme, C'est avecques raison qu'on attendit longtemps, Le Juste doit-il pas fleurir comme la Palme ? Mais la Palme jamais ne fleurit qu'à cent ans.
Diverses poésies, Paris, 1646. Vers héroïques, p. 19. 6. Avenel, Lettres..., t. VI, p. 152.
La Gazette est remplie du détail de ces réjouissances, d'autant plus accentuées que les circonstances qui ont suivi le mariage du roi ont été de nature à faire croire pendant de longues années que le trône n'aurait point d'héritier direct ; aussi, le Carnaval de 1()39 était-il particulièrement brillant ; << chacun contribua à qui feroit mieux paroitre la satisfaction qu'il recevoit d'un si grand bonheur, surtout le Cardinal de Richelieu malgré l'affliction que lui causoit la mort toute récente du P. Joseph s'efforça de témoigner la joie qu'il en ressentoit, en faisant danser devant Leurs Majestés le ballet de la Félicité '. »
Le titre du ballet du Cardinal est doublement allégorique ; car en plus de l'heureux événement qu'il célèbre, il rappelle au roi et à la reine un des plus beaux détails du fanaeux carrousel de la Place Royale, exécuté en 1612, lors de leur mariage : ce superbe palais de la Félicité, bâti au milieu de la Place Royale, le centre de la fête, dont la défense et la conquête furent pendant trois jours le sujet de joutes magnifiques '-.
Dans sa chambre de la Bastille, où il notait mélancoliquement les fêtes dont l'écho arrivait jusqu'à lui, Bassompierre nous a gardé en même temps que Renaudot la date de deux des trois ballets qui figurent au Compte •*, le 6 mars, un dimanche, pour celui de Saint-Germain, le 8 mars pour celui de Paris au Palais-Cardinal ; mais il ne mentionne pas celui de Ruel, que la Gazette mieux renseignée fixe au 17 février précédent*. L'ordre des trois ballets est donc renversé au Compte, ce qui peut s'expliquer aisément ; il est à présumer, en effet, que le comptable qui a établi les écritures, a dû faire son relevé de dépenses en inscrivant comme elles se présentaient à lui, les i< parties » classées régulièrement par date, et renverser ainsi naturellement l'ordre chronologique qui n'avait pour lui aucune importance, en allant des plus récentes aux plus anciennes. La date du 19 février, que porte le mémoire le plus ancien, en est une preuve de plus, sans parler du témoignage de la Gazette d'après laquelle le roi avait « recordé » son ballet à Saint-Germain avant de le danser à Ruel ; il était
1. Montglat, Mémoires, Amsterdam, 1727, t. I, p. 263. « Les Jésuites avaient donné l'exemple, et c'est à cette occasion qu'ils firent danser le plus ancien ballet de leur théâtre dans fa cour de leur collège de Clermont, éclairée de plus de deux mille lumières. » (Ernest Boysse, Le Ihéâlre des Jésuites, Paris, 1880, p. 82.)
2. Fr. de Rosset, Le Roniant des Chevaliers de ta Gloire contenant la description des fêtes qui furent données à la Place Royale, pour les alliances de France et de l'Espagne, etc..., Paris, 1612. — L'histoire du palais de la Félicité... pour la feste des alliances de la France et de l'Espagne, etc., Paris, 1616. — Hist. de Henri II, dernier duc de Montmorency, Paris, 1699, p. 40 à 34.