‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 284 sur 464 · Bassompierre, Mémoires, édit. Michaud, p · texte numérisé non relu

Bassompierre, Mémoires, édit. Michaud, p

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Ce dernier, Valen^ay, « le niareschal de camp comique ' », comme l'appelle Bois-Robert, vêtu de velours et en habit court ', évoluera tout à l'heure devant l'assistance ; c'est lui qui a réglé l'ordonnance du ballet •• avec ses vingt-sept entrées coupées par trois récits '■>. Au principal intermède, après le dernier refrain de la chanson à boire du sieur de Ghastellet :

Buvons à ce Mignon, il est du sang des Dieux, Buvons tant que le vin nous sorte par les yeux.

de même qu'après la « Chanson à dancer » :

En l'honneur du Dauphin qui doit unir les Rois.

et alors qu'avec son air las, le roi, sa partie terminée, a regagné sa place sur le dais d'honneur auprès de la reine, l'évéque attire les regards en faisant son apparition à la tète des vingt pages de la Grande Ecurie qui portent la collation dans les lourds bassins de vermeil doré ^ chargés de citrons doux, de confitures d'oranges et de pâtisseries de toute sorte que François Le Tellier a confectionnées depuis quelques jours dans son office, aidé par François FouUon et Daniel Cathelineau ou qu'il a commandées à Marin Fouque. Son Eniinence revêtue <( d'un manteau long de tafetas couleur de feu, sur une cimarre de petite étoffe noire, aiant le collet et le rebord d'en bas fourré d'hermine ° », se tient à côté de la Reine, un pas derrière elle et il semble envelopper de sa pourpre protectrice son ennemie d'hier, devenue maintenant sa future alliée depuis que sa fécondité tardive a enfin assuré l'avenir à son œuvre. Un éclair rapide de mécontentement a passé sur son visage en apercevant dans un angle un assistant non convié, un ami de Cavoys sans doute, qui aura sur les doigts le lendemain ", car il a l'œil à tout, malgré le nuage qui ride son front, le souvenir de la disparition de son vieil et fidèle ami, le grand capucin qui repose maintenant sous la dalle du Couvent voisin du Palais, et aussi sa déception de l'absence du duc Bernard de Weymar, sur lequel il comjjtait, et à la louange duquel il a écrit des vers ^ que Cambefort a mis en musique, double déception de politique et de poète...

i. Tallemant, Hist., t. II, p. 231.

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