‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 307 sur 464 · Tallemanl, Hinl., l · texte numérisé non relu

Tallemanl, Hinl., l

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Avant le départ, Louis Miet, le garçon d'Artus, en a soigneusement i^raissé les roues ; en présence de de Graves, il a vérifié que les soupentes étaient également tendues, que les ai'dillons des courroies des ventelets jouaient bien ; cette dernière précaution, en apparence insignifiante, est indispensable, car elles permettent, en cas de fraîcheur, de bien assujetir ces mantelets de cuir qui ferment les portières. Un organe vital du carrosse que le ventelet, dont ce n'est pas le seul rôle : ailleurs que chez le Cardinal, il facilite souvent des intrigues ' (jui ont valu au début au noble véhicule un sobriquet peu séant - : il cache tantôt des enlèvements, tantôt des scènes drolaticjues. comme celle du marquis de Mirambeau qui se sert de son carrosse, les rideaux tirés, pour v revêtir du linge à dentelles à la porte des maisons pour la durée de sa visite, au temps de l'édit des passements ■'' !

Artus Ferret est, comme on le voit, un personnage de marque : il n'est du reste pas peu fier de ses fonctions, et il se plaît à rappeler qu'au début de l'année, il a conduit dans le carrosse à six chevaux de Son Éminence le F. Ange portant le cieur du P. Joseph, du couvent des Capucins de la rue Saint-Honoré au Calvaire du Marais, auquel le Cardinal en a fait don, après avoir transporté le corps du capucin accompagné de toute la maison et suivi de tout le train, de Ruel au couvent de la rue Saint-Honoré, oîi il est arrivé le soir aux llambeaux '.

Ses appointements, de 7o livres, frappent par leur modicité : mais on sait qu'ils sont peu élevés dans la maison du Cardinal: si, en 1698, ils ont monté à 100 livres •', en 1622, ils étaient seulement, chez un jeune financier de Paris, de 50 livres plus «deux sols par jour pour le vin, du potage le matin et un morceau de cher le soii- avec une casaque aux couleurs de Mademoiselle '' ». Servien. il est vrai, devait à son cocher MO écus de gages, mais l'on ne dit pas pour quelle durée ~.

Comme les Suisses que nous trouverons aux Bâtiments, les cochers de

1. Talleraant, Hist., t. I, p. 144, et t. IV, p. 410. — Abbé d'Aubignac, Les Conseils rrArisIe :'i Célinif-ne sur tes moyens de conserver sa réputation. Paris. 1691, p. 151 : « Comment il faut se servir du carrosse d'aiitruy. >

•2. Tallemant. Hist., t. III, p, 394, — Plaisant galimatias, etc, {Variétés hist.et tilt., I. Il, ].. 28.3'.

:i. Tallomant. Hist., (. III, p. 96.

'f. P. Ilyaoiiitlie de Reims, lieniarrjiies sur les vertus et la mort du T. R. P. Joseph Le ('.1ère du Tremblai/. Calais, 1888, p. 22, — Abbé Ricliard. Le Vérita/ile Père Jnsef, Pain(-Jean-de-Mauriciinc, 1704, p, 571,

."i. Audiger, La maison réglée, p, 13.

6. Les grands jours tenus à Paris|('lC22) (Variétés liist. et lill.. t. I, p. 210.

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