CHAPITRE XXI
LES FIXANCESiiuile): LES KEVENLS DU CARDINAL! l' ANCRAGE DE NANTES ET
l'ancrage de Normandie; la ferme des greffes de rouen et le conseil de son éminence. les lianol'iers de richelieu; tallemant et rambouillet ; leurs opérations de caisse avec euzenat. — le notaire de la maison : pierre parque.
Le Compte ne donne pas seulement, comme son titre l'indique, le détail de la dépense de la maison ; il porte aussi, à la fin, celui de la recette, ou plutôt de la partie de la recette cpii a servi à la payer. Malheureusement, lune des mutilations du registre alîecte précisément cette dernière partie ; sur la demi-feuille inférieure seule conservée, il n'en est resté que les trois derniers articles qui représentent une somme insignifiante par rapport au chitTre total, et ne forment par conséquent, en réalité 'qu'un appoint.
La recette était comprise ti>ut entière dans cette page mutilée ; les premiers articles occupaient donc un espace très restreint, limité comme il l'était à cette demi-page supérieure qui manque ; par suite, ils ne pouvaient être qu'en très petit n(mibre. Comme ils chiil'rent iOl.lJi.^J livres, il est logique d admettre (pi ils représentaient en bloc, comme alVectés à la maison, une fraction des revenus particuliers du Cardinal dune provenance unique : soit une fraction des rentes ecclésiastiques qui étaient en Ifi'iO de oOO.OOO écus, soit une partie ou des biens personnels qui s'élevaient à ioO.OOO écus, ou des pensions ou du gouvernement de Bretagne chilTrant chacun 100.000 écusi.
Les deux premières recettes cpii ont été conservées proviennent de l'ancrage ; ce droit, un des plus anciens de l'Amirauté, formait une partie des revenus autrefois attachés à la charge de Grand-maître de la navig'ation dont le Cardinal avait été pourvu le 18 mars 1627 ; il se prélevait « sur tous vaisseaux, ancrant ou arrivant es ports et havres de France » et était fixé à «trois sous pour tonneau plein du port desdits vaisseaux chargés de marchandises, et de ceux (jui sont vides à la moite- n. Bien
t. V" d'Avenol, Richclii'ii cl lu monarchie absolue, Paris, [H'?'6, l. I, p. 420, 2. Souvdis, Correspumlance, t. III, |i. 171 el siiiv,
47 i LA MAISON DU CARDINAL DE RICHELIEU
que confirmé le 20 mars IGOO par lettres patentes de Henri IV, adressées au sieur Dampville, alors amiral de France, et quoique se levant en tous les pays étrangers sur les sujets du roi de France qui y allaient trafiquer, il était tombé on désuétude. Lou s XIII, après en avoir fait don à Richelieu ', l'avait remis à nouveau en vig'ueur, à l'instigation de ce dernier, par arrêt du Conseil d'Etat du 23 mai 1629. Après avoir annoncé luimême, ensuite, son rétablissement depuis le camp de Privas, le 31 du même mois, le Cardinal donnait, en vue de son application, des intructions en conséquence à Louis de Roux, sieur d'Infreville, commissaire général de la marine, chargé d'une tournée d'inspection des (( ports, havres, rades, cotes et rivières de la mer océane». Lune d'elles, entre autres, était de reconnaître i< si le droit de l'ancrage y est établi suivant la volonté de Sa Majesté, le faire établir es lieux où il n'est pas, suivant l'arrêt du Conseil et commision de Satlite Majesté sur icelui dont il poursuivra l'exécution selon leur forme en teneur ».
A l'époque du voyage de d'Infreville, ainsi que le montre son rapport, le rendement du droit d'ancrage était complètement nul. huit au moins au profit de l'Amirauté; dans certains ports, il avait été ou confondu avec d'autres droits d'entrée, ou remplacé par eux, et ils étaient appliqués à tous les vaisseaux indistinctement ; à Saint-Valéry en Caux, par exemple, le droit était de dix sous pour tonneau de plein, et cinq sous pour tonneau de vide; au Havre de grâce, d'un écu par tonneau, et dans ces deux ports, comme dans plusieurs autres, le produit en était airecté à l'entretien des jetées, quais et ports; à Cherbourg, il était de cinq sous seulement par bâtiment et perçu par le receveur du domaine -.
D'Infreville établissait, à son passage, le droit sur toute la côfe normande, à Dieppe, Saint-^'alery en Caux, Le Havre, Caudebec. (Juillebœuf. Bernières, et il en confiait la peception aux receveurs du Cardinal, du llartelay au Havre, CoUeaux à Caudebec et Quillebœuf.
D'après le Compte de 1039. Guillaume Robin était alors chargé de centraliser à Rouen ces receltes qu il adressait ensuite à Richelieu ; en 1629, lors de la tournée de d'Infreville, il était déjà commis de la navigation avec des fonctions analogues ; il est, en cifet, mentionné au rap-
1. Lettre signée par Louis XIII (Paris, iSdécembre 102M> faisant (ion au Cardinal de Hichelieu" dcsdroitz d'ancrage à nous appartenant et qui ont accoustuméd"estre pris et levez en tous les port/., liavres et cosles de notre royaume » pour jouir durant sa vie. Coll. d'aulor/. A. Prcard. Paris, 1873, p. 67. Quelques jours après (janvier 1629), leroi accordait au Cardinal le privilège de percevoir les droits do passe-port des vaisseaux parlant des ports de Bretagne Ilii'I., p. 67).