IbitL, t. II, p
8. Laui'cns Melliet, Discours pulitit/ues et inilUuires sur Coriieillf luette, Lyon, iOl'.t , p. 443.
78 LA MAISON m CARDINAL DE RICHELIEU
avant que l'Intendance militaire soit organisée régulièrement, mais Richelieu en est le véritable créateur: dix ans plus tard, en 1630, l'homme do guerre qui a le mieux reflété ses idées administratives et ses vues politicjues, écrira : « Le Commissaire général des vivres doit estre un homme d'authorité, iidelle, vigilant et actif. Et cette charge ne doit estre mesprisée comme aujourdhuy, ny donnée à des gens de peu. Car elle est de telle importance que selon qu'elle est bien ou mal faite, elle fait subsister ou ruiner une armée '. »
Le Teslarnent pdlil'ujue reproduit presque mot pour mot ces considéralions : « Le soin des vivres doit estre commis à des personnes de Qualité, dont la vigilance, la fidélité et la capacité soient connues ; puisque de là dépend la subsistance des armées, et bien souvent celle de l'Etat. Il n'y a point de gens trop relevez pour estre employez en telles charges '-'. »
La part occupée dans la correspondance par le détail minutieux sur ce sujet est considérable; il serait oiseux de le relever ; pour ne citer qu'une déclaration ele principe, le Cardinal n'a-t-il pas allirmé indispensable « la présence dans chaque armée d'une personne de qualité, ayant affection et capacité pour faire aller les munitionnaires ^ » ?
Or, c'est dans un religieux seul, ayant l'autorité d'un prélat, augmentée de celle que lui valait son titre de familier du Cardinal, et justifié en quelque sorte par sa robe de cette immixtion passive dans les choses de la guerre, que Richelieu pouvait trouver l'abnégation et l'obéissance ^ nécessaires à un rôle ingrat et jusqu'alors jugé humiliant ; l'intendance
1. Henry cfe Rolian, /.epar/Viic/ Capi7amf', Paris, I03K, p. 330-3.) I.