Souvdia, Correnpomlancp, l, II, p. H
5. Monlrésor, Mémoires el autres pièces curieuses. I.oyde, liiCi,"., t. II, p. 279.
86 l.A MAISON Dr liAHDINAL DK IIICIIKLIEU
LelVoii militaire que tloiina le Cardinal en KiiO, le plus considérable certainement de sa politique extérieure, exigeait rutilisation de tous les éléments de valeur dont il disposait. L'évêque d'Auxerie ne fut pas oublié ; il fut chargé de la même mission qu'en 1(138, auprès des maréchaux de Chaulnes et de Chalillon ; les ternies de la lettre par laquelle Des Noyers leur annonçait son arrivée auprès d'eux sont à citer, car ils montrent que son crédit et l'estime de Richelieu et de ses amis pour lui n'avaient fait cpu^ grandir :
« Monseigneur leCardinal vous envoyant Monsieur l'Evesque d'Auxerre, vous donne ce qu'il a de meilleur et ce qu'il estime le plus : vous le connoissez trop tous deux pour en douter, et pour ne pas croire combien vous recevrez de soulagement en sa présence. Je prie Dieu qu'il vous conserve tous deux en la parfaite santé que je vous souhaite, et donne à ce brave Evesque, mon ami particulier, les occasions de vous faire connoistre combien je désire vostre contentement, et la gloire des arnaes du Roy sous votre Généralité '. »
La réponse des maréchaux ne se fit pas attendre ; car elle est datée du lendemain ; ils manifestaient leur satisfaction du choix que son Eminence avait fait de l'évêque d'Auxerre pour les aider et les assister. <( Son zèle et son afTection nous sont assez connues, la recommandation aussi que vous nous en faites nous oblige doublement à le considérer et respecter-... » Comme précédemment, le délégué du Cardinal le tint fidèlement au courant des opérations des troupes ; vers la fin de juin, au début du siège d'Arras, il lui adressait un plan destiné à éclairer les dépêches sans doute peu compréhensibles des généraux ■' ; un peu plus tard, il s'occupait aussi des finances ; comme Richelieu, il suppléait de son crédit au manque de fonds, et empruntait de l'argent en son propre nom pour pouvoir continuer les travaux, d'après le témoignage des maréchaux (jui paraissaient bien aise d'abriter leurs responsabilités derrière « un personnage qui mérite grande louange des soins qu'il prend, et de l'alFection qu'il tesmoigne au service du Roy ''... » ; il aidait de son concours La Meilleraye ■' ([ui les avait rejoints, sous les yeux de Richelieu qui dirigeait en réalité à ce moment les opérations depuis Amiens où il était arrivé avec le roi.