INTRODUCTION
La première observation de Maladie de Kaposi dans ia Race Noire remonte, semble-t-il, à 1928, date à laquelle M. le Professeur BONNIN, Professeur de Médecine Tropicale à la Faculté de Bordeaux, porta le diagnostic de cette affection chez un marin
antillais.
Cette observation a été transmise par MM. les Professeurs PETGES et JouLriA, Professeurs de Clinique Dermatologique, au Docteur À. DuponT, de Namur, qui en fait état dans son ouvrage
sur la Maladie de Kaposi.
Depuis cette observation princeps, différents auteurs ont décrit de nombreux cas de Maladie de Kaposi, qu'ils ont observés dans toute l'Afrique Noire. C'est ainsi que SMITH et ELMES, en 1934 ont étudié au Nigéria, l'affection qui nous occupe ; parmi 1.000 tumeurs malignes examinées, se trouvaient 24 tumeurs de Kaposi (2,4 %) ; celles-ci intéressaient toutes des sujets de sexe masculin et, mis à part deux exemples, étaient localisées au-dessous du genou. CHABOEUF, la même année, en observait deux cas au Cameroun. HENNESEY, en 1942, parmi 477 tumeurs examinées histologiquement en Ouganda, trouvait 28 endothéliomes
dont trois sarcomes de Kaposi.
En 1945, MM. GRALL et GEYER en étudient deux cas à l'Hôpital Central Indigène de Dakar, qui d'ailleurs nous serviront de base pour notre travail, M. le Docteur GEYER ayant bien
voulu nous communiquer intégralement l'original de ces obser-
loi
vations. Par la suite, CLARCK, en 1948, en rapporte deux cas observés au Kénya, sur 50 tumeurs examinées, cependant que Davies et GELFAND en retrouvent un cas chacun en Ouganda à la même époque et que KAMINER et MurRAY en observent 35 cas en Afrique du Sud. au cours de l'année 1950.
Plus près de nous. DuponT, en 1951, dans sa remarquable étude sur l’Angio-Réticulomatose Cutanée (Sarcomatose multiple idiopathique pigmentaire de Kaposi), nous fait part de 10 cas de cette maladie, relevés pour la plupart au Congo Belge. PELISSIER enfin, en 1953, étudie 18 cas de Maladie de Kaposi en Afrique Fquatoriale et en tire des conclusions d'un incontes-
table intérêt sur lesquelles nous reviendrons par ailleurs.
La Maladie de Kaposi dans la Race Noire ne constitue donc pas une curiosité; selon Mac LEAN cité par MONTPELLIER, 10 % des sarcomes observés chez les autochtones africains, seraient des tumeurs de Kaposi. Nous nous proposons dans cette étude, de dégager les principaux caractères de l'affection, pour conclure à sa fréquence et à la diversité de ses signes parmi les populations d'Outre-Mer.
Nous reproduisons ci-dessous, deux observations qui nous ont été obligeamment communiquées par M. le Docteur GEYER, relatives à deux malades hospitalisés à l'Hôpital Indigène de Dakar, en1945.
Damba S., Toucouleur de 19 ans, né à Matam (Sénégal), entré à l'hôpital le 25 mai 1945 pour éruption nodulaire dermo-hypodermique. Maladie de Kaposi typique. Adénopathie volumineuse, Pas de retentissement sur l’état général.
Le malade fait remonter le début de son affection à deux mois environ. Ce début fut marqué par l'apparition d'un œdème diffus, dur, au niveau de sa main et son avant-bras droits, œdème accompagné d'une sensation pénible de distension et de picotements. Les mêmes phénomènes ne tardèrent pas à apparaître au niveau de la cuisse, du genou, de la jambe et du pied droits ; puis sur ces régions infiltrées apparurent des nodosités.
Ces nodosités, lorsque nous examinons le malade, sont excessivement nombreuses, de l'ordre d'une centaine ; certaines sont isolées, d'autres sont groupées en plaques mamelonnées. Elles sont indolores; certaines font une saillie hémisphérique ou ovoïde, d'autres sont encastrées dans l'hypoderme et se sentent uniquement à la palpation. L'épiderme à leur niveau est lisse, tendu, impossible à plisser, sa coloration est normale ou d'un rouge cuivré. La consistance de ces nodules est variable, dure et élastique ou molle et dépressive. Quand on les pique, ils saignent abondamment; de même leur éxérèse s'accompagne d'un écoulement sanguin abondant; ils ne récidivent pas à l'endroit de la biopsie; d'ailleurs certains se sont résorbés spontanément. Ils n'ont aucune tendance à l'ulcération. Ils envahissent les quatre membres, mais sont surtout nombreux à l'avant-bras, à la main, au genou
iveau du genou.
leTRAUr Tr
en particul
éminés,
x nodules d
Nombreu
inales.
ingu
tastases :i