ETUDE CLINIQUE
A priori, il peut sembler un peu artificiel de réunir en un même syndrome des affections qui semblent très diverses; sans aller jusqu’à dire avec certains auteurs (GAUTHEY) que «la maladie du Brai présente un visage clinique plein de caractère dont le trait le moins frappant n’est pas la discordance qui existe entre son luxuriant cortège de symptômes objectifs et l’humble représentation fonctionnelle qui conduit vers l'examen », nous dirons cependant que l'unité de la maladie peut être soutenue étant donné sa cause unique et les indiscutables formes de transition qui existent entre les divers symptômes. Malgré ces for-
mes et pour simplifier l’étude clinique, nous conser-
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verons la classification des troubles dus au brar de houille en :
lésions et symptômes cutanés,
lésions oculaires,
lésions viscérales.
Lésions et symptômes cutanés.
Dans lapparition des lésions et symptômes cutanés, on peut distinguer trois étapes, chacune ayant des troubles propres. Il va sans dire que celles-ci peuvent empiéter et effectivement empiètent souvent les unes sur les autres. On constate souvent d’abord chez les
ouvriers du braï :
A) DES SYMPTOMES IRRITATIFS AIGUS, consistant surtout en sensations de brûlures, de picotements au visage pendant et même après le travail. Les rayons solaires et la chaleur déterminent une exacerbalion
des douleurs.
B) PUIS DES SYMPTOMES DÉPENDANT DES GLANDES PILO SÉBACÉES, Ce sont des comedons, de l’acné fistuleuse., des kystes sébacés. Nous n’insisterons pas sur les formes cliniques de ces troubles, nous dirons seulement que toutes les formes peuvent se rencontrer surtout les formes indurées et que leur siège électif est aux points de frottement des vêtements : cou, épaules, ceinture,
face antérieure des cuisses, face extérieure des bras.
C) enfin, en dernier lieu et souvent assez tard, on
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constate lapparition des TROUBLES PIGMENTAIRES, D'HYPERKÉRATOSES et de CANCER, ces trois ordres de symptômes nous les rapprochons, car en dépit de leur très grande différence apparente, ils représentent indiscutablement à notre avis des stades différents d’une seule affection qui heureusement n’atteint que peu fréquemment son dernier stade.
La pigmentation.
Chez les ouvriers du brai est presque constante; elle ne siège pas seulement aux parties découvertes
(quoi qu’elle y soit plus intense), mais par tout le
. Corps avec une prédilection marquée pour les régions
à peau fine, — le scrotum en particulier ——. Maxou- VRIER, en 1876, a fait une description complète de ce phénomène, qu’il attribue à deux ordres de causes : action locale d’abord, action interne ensuite.
La preuve de ses assertions était fournie par une étude :
1° clinique : plus grande intensité de la mélanose
aux parties découvertes et de plus grand frottement. 2° microscopique : on trouve dans les tissus des ouvriers du Brai, des particules presque intactes entre
les cellules, et modifiées dans les cellules, surtout
dans l’épiderme et le tissu cellulaire sous-cutané.
L'action interne du brai était encore rendue vraisemblable par la présence dans les urines de corps provenant de sa désintégration.
Cette pigmentation si spéciale est d’ailleurs très