‹ La Maladie du BraiChapitre 18 sur 40 · MAO · texte numérisé non relu

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D’aspect elles aussi, cliniquement bénin, l'examen microscopique a cependant montré qu’elles représenaient quelquefois déjà à ce stade un début de dégénérescence épithéliale. :

Même spontanément, verrues et plaques cornées disparaissent souvent, laissant à leur place une petite cicatrice blanchâtre, parfois rétractée, contrastant avec la pigmentation générale du sujet. Le danger de ces hyperkératoses est leur fréquente dégénérescence, et leur étude nous ramène à celle du

‘ancer du braï.

Cancer du brai.

Il se développe le plus fréquemment avec pour point de départ une hyperkératose ; il est très difficile, presque impossible de déterminer cliniquement le temps où celle-ci subit la dégénérescence maligne, on a voulu se baser sur :

l'accroissement rapide, l’ulcération,

linduration,

la présence de ganglions.

Mais tous ces signes sont inconstants et infidèles, la plus grande prudence est de règle.

On ne peut décrire ici l'aspect clinique du cancer du brai, aucune forme n’en étant strictement typique. Nous dirons seulement que toute modification d’une verrue ou d’une plaque doit le faire craindre et traiter. Plus tard, l’aspect clinique devient lPaspect si connu

des cancers cutanés : ulcération large, en godet, à

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bords taillés à pic, séparés du tissu sain par un bourrelet congestif, le fond de lulcération est saignant, bourgeonnant, parfois suppurant.

Plus intéressante est l'étude des caractères propres à ce cancer du brai, caractères qui le distinguent des

autres cancers cutanés.

Siège. —— Il peut siéger partout, mais on le trouve beaucoup plus fréquent dans les régions exposées au contact du brai, ou dans les régions à peau fine.

La peau du serotum, très mince et dont les plis gardent fréquemment à leur intérieur des particules de brai, est le plus souvent atteinte.

LEGGE a établi, dans la période comprise entre les mois de janvier 1920 et juin 1922, la statistique suivante :

Sur 60 cancers constatés, 1l a relevé :

19 cancers du scotum.

9 — des paupières.

— des joues.

— des avant-bras.

— des lèvres.

— des mains.

3 — du cou.

1 — du poignet.

2 — des oreilles.

= du menton.

Eléments subjectifs. — Même à un stade très avancé, il est peu douloureux, à peine le malade

accuse-t-il quelques picotements ou démangeaisons

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à son niveau. Ceci d’ailleurs n’est pas un signe bien particulier, l’indolence des cancers cutanés est fréquente.

Multiplicité. — Le cancer du brai est souvent, très souvent, multiple. Il n’est pas rare de trouver chez un même sujet trois ou quatre lésions dégénérées à des stades évolutifs différents. SCHAMBERG a même décrit un cas où il en a constaté histologiquement, trenteneuf.

Ganglions. — Le plus souvent, l’épithélioma du brai ne s’accompagne pas d’engorgement ganglionnaire, tout au moins quand il n’est pas infecté, c’est

là un caractère important, quoique inconstant.

Temps d'apparition. — Le cancer du brai affecte des sujets relativement jeunes, si on les-compare aux cancéreux ordinaires. Cependant, surtout à l’heure actuelle, avec les moyens de prophylaxie et d’hygiène utilisés, son apparition nécessite une longue période de contact avec la poix.

On ne constate plus, à l'heure actuelle, comme au temps de MANOUVRIER, des cancers survenant après trois ou cinq ans seulement d’imprégnation, le plus souvent, d’après une autre statistique de LEGGE, il faut compter quinze ou vingt ans.

Un autre facteur vient pourtant troubler notre remarque, c’est le temps de latence de l'affection. La loi française accorde 5 ans comme délai d'apparition, mais on en a décrit de beaucoup plus grands, et cela

ne semble pas rare.

“. 22 O. Donovax cite un cas de cancer du scrotum, 28 ans après le départ de la fabrique.

SuUTroM, un autre cas de cancer du scrotum, 59 AS

après la cessation du travail.

Evolution. Pronostic. — Un caractère bien partieulier du cancer du brai, caractère qui le rapproche d'ailleurs beaucoup du cancer expérimental, est sa, très relative d’ailleurs, bénignité. Il évolue lentement, sans prendre les relais ganglionnaires et même il nest pas rare, si l’ouvrier s’est soustrait au contact nocif, de constater sa régression spontanée. Le paradoxe bizarre entre le caractère clinique bénin ei la virulence morphologique < semble expliqué par ce fait que contrairement au cancer ordinaire, dans le carcinome du goudron et du brai, les processus régressifs dominent la croissance infiltrante de la végétation. »

Le brai de houille, outre ces symptômes cutanés est encore à l’origine de troubles peut-être moins conuus, inais dont l'importance cependant mérite d’être soulignée.

Ce sont des troubles oculaires ;

des troubles viscéraux.

Les troubles oculaires.

Outre les conjonctivites irritatives bien connues. déterminant surtout chez les hommes de caves, du

larmoiement, des picotements particulièrement in-

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