IT. — TRAITEMENT CURATIF
Jusqu'à ces dernières années, la thérapeutique de la ma- Jadie du sommeil avait: &é purement symptomatique. On combattait l’anémie par les sels de fer, la fièvre par les sels de quinine, l'amaigrissement par le cacodylate de soude. L'acide arsénieux était couramment employé dans le traitement des trypanosomiases animales, et Laveran, après de nombreuses. expériences de laboratoire, le préconisa contre la frypanosomiase humaine. Il proposa d'y associer le Trypanroth. Brumpt et Wurtz, tout en étant partisans du premier de ces médicaments, rejettent le second qui ne leur a donné que des insuccès chez le singe. Malheureusement,
l'acide arsénieux est très toxique, même à faible dose (0,001 mer. pour 600 gr. d'animal). |
Il semble que l'acide arsénieux, de même que les sels qui en dérivent, arséniate de soude ou de potasse, fasse disparaftre pendant quelques jours les trypañosomes du sang. Si l’on exagère les doses, on peut, en saupoudrant les aliments de: 25 à 30 milligrammes d'acide par jour, deux ou trois fois par semaine, procurer au sujet une accoutumance qui Jui permet de supporter 200 à 300 milligrammes. Mais, même ces quantités formidables de médicament, si elles semblent pouvoir arriver à éntravér la marche de la maladie prise au début, sont impuissantes à la période d'état et, à plus forte raison, à la période terminale.
Mesnil et Nicolle ont essayé de traiter la maladie par les couleurs de benzidine, en particulier par la couleur dichlorobenzidine + acide H, qui leur a donné les meilleurs résultats dans les cas de Surrà, de Nagana et de mal de Cadeiras.
Chez les rats, on peut obtenir une certaine survie par le vert de Malachite. Mais cette substance, très dangereuse, doit être rejetée.
Un auteur allemand, Mense, a proposé d'utiliser l’électrothérapie. Ce traitement paraît logique pour trois raisons :
1° Les rayons Ræntgen ont une action très nette sur l’évo- Jution des spermatozoïdes (de nombreux ouvriers travaillant aux rayons X ont été atteints d’azoospermie totale). Or, le trypanosome et les spirochœætes présentent avec les spermatozoïdes des rapports étroits dans leur développement. Il se peut donc que l’action nuisible des rayons Ræntgen sur ces derniers se retrouve sur les premiers.
2° Dans la leucémie, l'électrothérapie donne de bons résultats. Pourquoi n’aurait-elle pas aussi une action efficace dans la maladie du sommeil, qui s'accompagne d’une leucocytose assez intense ?
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AOL, ex
3° Enfin, il ne serait pas impossible d'atteindre les trypanosomes par les rayons X, tant qu'ils se trouvent dans les vaisseaux périphériques et dans les glandes lymphatiques
sous-cutanées.
La sérothérapie n’a point donné de résultats à Laveran qui « cependant constaté que le sérum humain a une action baciéricide vis-à-vis du Nagana. À la rigueur, pourrait-on peutêtre combattre la maladie du sommeil chez l'homme par du sérum de cynocéphale réfractaire, maïs il en faudrait de telles quantités que ce procédé ne peut rentrer dans la pratiaue. Koch et Shilling avant fait subir à un virus des passages chez des animaux tels que des chiens ou des rats, ont essayé ainsi de créer l'immunité pour d’autres animaux. Mais ce procédé ne réussit à atténuer la virulence que fort peu et il ne peut servir qu'à la propagation.de l'affection, tous ces animaux créant des foyers sur lesquels les mouches viennent s'infecter comme sur les animaux sauvages qui sont les hôtes habituels des parasites.
Nous devons signaler encore que Lorand de Carlsbad a eu un succès relatif en faisant ingérer à son malade de l'extrait de corps thyroïde.
Tous ces procédés ont été employés jusqu'au jour où Thomas de Liverpool introduisit l'atoxyl dans la thérapeutique de la Trypanosomiase. Il semble que ce médicament soit un, véritable spécifique pour le trypanosome, comme la quinine l'est pour l’hématozoaire du paludisme. Aucun autre ne donne de résultats comparables. Le professeur Koch a, en particulier, expérimenté diverses substances chimiques : l'acide arsénieux, le trypanroth, la dichlorobenzidine de Fr. Brayer, la dichlorobenzidine + acide H, qu'il appelle « Afridolblau » et 1’ « Afridolviolett », la pararosaniline et la parafuchsine acétique. Ces diverses préparations n'ont point
AE a
donné de résultats suffisants pour être conservées. Mais il en va tout autrement de l’Atoxyl.
Traitement par l'Atoxyl. — Au point de vue chimique, l’Atoxyl est l’anilarsinate de soude. Il renferme 37,69 p. 1.000 d'arsenie et il est 40 fois moine toxique que son poids d’arsenic. Il a été expérimenté chez les animaux, notamment à l’Institut Pasteur, par MM. Mesnil, Nicolle et Aubert, qui Passocient à la couleur Ph. Les expériences que ces auteurs ont faites chez Les rats et les singes avec ces deux médicaments associés ou employés alternativement, leur ont montré que les rats infectés de trypanosomes peuvent être gardés fort longtemps lorsqu'ils sont ainsi traités, et que les rechutes se produisent à intervalles beaucoup plus longs. La maladie semble sous leur influence se transformer en véritable maladie chronique. Chez les singés, ii en est de même.
Déjà, quand parut le mémoire de ces auteurs, au début de 1907, des tentatives de traitement de la maladie par Patoxyl avaient été faites chez l’homme. Ayres Kopke (de Lisbonne), au Congrès de eette ville, en 1906, avait donné le résultat de 10 observations de noirs ainsi traités. Broden et Rodhain avaient aussi traité trois blancs.
Koch, au cours de la mission qu’il a dirigée en Afrique, a eu Poccasion d’expérimenter le médicament sur une vaste échelle chez les nègres du lac Victoria. Il a constaté qu'après üne seule injection de O0 gr. 50 d’atoxyl, les trypanosomes disparaissaient du sang, mais ils reparaissaient peu après, une fois même, après cinq jours seulement. Én faisant deux injections de la même dose, pendant deux jours de suite, les trypanosomes ne se montraient que béaucoup plus tard. Ayant essayé alors, pour hâter le traïtement, de donner un gramme d'atoxyl avec des intervalles de 7 à 40 jours, il constata que des phénomènes oculaires, pouvant aller jusqu'à la
UN de cécité absolue et permanente se produisaient. C’est pourquoi il fut obligé de revenir aux injections de 0 gr. 50, mais plus souvent renouvelées. De la sorte, il n’observa jamais plus d'accidents.
Le traitement par injections sous-cutanées étant en général mal toléré par les indigènes, il essaya le traitement interne, mais les doses de 0 gr. 50 n'étaient pas assez fortes, et les doses de 1 gramme produisaient des phénomènes d’intoxication analogues à ceux que produisent les injections. Il fut done obligé de retourner à celles-ci.
Le traitement donne des effets d'autant plus nets qu'il est conduit d’une façon plus régulière et plus prolongée. Sous son influence, les phénomènes régressent, les ganglions disparaissent et les parasites ne sont plüs mis en évidence par l'examen microscopique. Ce résultat se produit chez les malades peu gravement atteints, au bout de 4 à 6 mois de traitement. Quant aux malades graves, le traitement doit être continué pendant beaucoup plus longtemps pour prévenir les rechutes. Sur 1633 malades, 131 sont morts dans l’espace de 40 mois, soit 8 0/0. Mais si l’on considère que sur ces 1633 individus, il y avait beaucoup de cas bénins, la proportion doit changer. Et, en effet, sur 374 malades graves, la mortalité fut de 78, soit de 20 à 22 0/0. Si, d'autre part, on retranche de ceux-ci, ceux qui ont été traités irrégulièrement ou qui n'ont reçu qu'une ou deux injections d’atoxyl, et qui, par conséquent, ne sauraient entrer dans la statistique, on trouve une mortalité moins forte de moitié. Si l’on remarque, en outre, qu'avant l'introduction de l’atoxyl dans la thérapeutique de l'affection, celle-ci était toujours mortelle, on voit
combien favorables sont ces résultats.
Contrairement à la remarque d'Ehrlich, il ne semble pas
que les Trypanosomes puissent acquérir un certain degré d’'immunité à l'égard de l'atoxyl. En effet, au cours du traite-
DER ETAR ment, malgré des examens de sang souvent répétés, on n’a jamais pu déceler la présence de trypanosomes. Lorsque ceux-ci réapparaissent, c’est toujours après la cessation des injections, pendant un temps plus ou moins long. D'autre part, s'il y avait une accoutumance véritable du parasite au
médicament, il est évident que des doses insuffisantes de ce-
lui-ci, où que son administration par la voie interne qui est reconnue inefficace, devraient préparer cette accoutumance. Or, il n'en est rien, car si, après ces modes de traitement peu actifs on institue un mode de traitement plus intense, les trypanosomes disparaissent. ,
D’autres auteurs appliquent le médicament d’une manière un peu différente. Au mois de mars 1907, le docteur Louis Martin, de l'Institut Pasteur, a publié l’observation de cinq blancs traités par l’atoxyl, et qui étaient encore en cours d'expérience au moment où parut le mémoire. Depuis cette époque, les observations se sont multipliées. — On peut employer l’atoxyl de deux façons : soit à hautes doses espacées de plusieurs jours, soit à doses plus faibles, mais souvent répétées.
Le docteur Martin emploie la première de ces méthodes. On opère de la façon suivante : on se sert d’une solution d’atoxyl au 1/10, qui peut se stériliser à l’autoclave. Chaque centimètre cube du liquide contient 0 gr. 10 de médicament. On peut arriver, en forçant chaque jour les doses, à injecter 1 gramme tous les 8 jours. Dans sa pratique, le docteur Marün donne 0 gr. 50 le premier jour ; 1 gramme, 5 jours après: 4 gr. 50, cinq jours après. Ensuite, il donne 1 gramme tous les 8 jours. Cette dernière dose doit être très voisine de celle qu'il ne faut pas dépasser. Les effets du médicament sont très nets chez l’homme et dès le lendemain de l'injection, ies trÿpanosomes disparaissent du sang, mais y reparaissent bientôt, si on ne renouvelle pas les doses assez rapidement.
IT Il est bon de donnér le médicament tous les 5 jours au début du traitement, puis tous les 8 jours.
Le docteur Martin, à qui nous avons demandé les résultats tardifs de ses observations de malades traités par cette méthode, nous à répondu par les lignes suivantes :
« J'ai actuellement 14 observations de Trypanosomiases
» chez les blancs :
» Deux sont morts sans traitement ;
» Douze sont encore vivants et bien portants ;
» Un a eu des accidents oculaires qui se sont améliorés » quand on a cessé l’atoxyl ;
» Un à eu des accès épileptiformes ;
» Un a eu deux rechutes.
» Les autres n’ont pas eu d'accidents et les trypanosomes » ont disparu du sang et du liquide céphalo-rachidien. »
Il semble donc que le traitement ait donné des résultats satisfaisants, puisque les 5 malades qui étaient en cours de traitement lors de la publication du mémoire paru dans les - Annales de l'Institut Pasteur de mars 1907, tous avaient survécu à la terrible maladie et étaient dans un état satisfaisant en février 1908. En outre, il est bon de remarquer que les deux sujets qui ont succombé à l'infection, n'avaient pas été traités.
Le docteur Hollebecke, médecin de l'Etat indépendant du Congo, emploie la deuxième méthode dont nous avons parlé. Au lieu d'une solution au 1/10, il emploie une solution à 20 0/0 en injections quotidiennes. Il est alors inutile de dépasser 0 gr. 30, même dans les cas les plus avancés. En opérant ainsi à doses faibles, mais fréquentes, on n’observe jamais d'accidents dus à la toxicité du médicament. À peine un des malades sur huit dont les observations ont été publiés, a-t-il présenté quelques troubles consistant en vertiges, éblouissements et nausées, qui ont cédé d’ailleurs quand on a
| — 60 — diminué la dose d’atoxyl. Ce même malade à, en outre, présenté des signes de myélite lombaire, qui à paru à l’auteur devoir être attribuée à la syphilis.
Par cette méthode, le docteur Hollebecke n’a jamais observé de troubles oculaires. Il semble, en outre, qu'en employant des doses faïbles et répétées, l’organisme reçoive une imprégnation plus complète et soit plus longtemps maintenu sous la bienfaisante action du médicament. Enfin, l’organisme s'infoxique moins facilement.
On peut cependant objecter que l'absence d'accidents et les succès des doses faibles dans les cas publiés par Hollebecke, tiennent à ce que les malades étaient moïns gravement atteints que les autres.
“Le docteur Van Campenhout, médecin en chef de la villa coloniale de Watermael, a modifié la méthode et a joint à Pemploi de l'atoxyl celui de la strychnine, qui lui a donné d'excellents résultats comme médicament adjuvant dans 5 cas.
« J’injecte, dit-il, à doses croissantes tous les cinq jours, une solution d'atoxyl à 5 ou 10 0/0 en commençant par ‘0 gr. 20 pour arriver à 0 gr. 80 si c'est nécessaire ; je continüe quelques semaines à cette dernière dose, puis jé diminue progressivement pour révenir à la dose initiale.
» Concurremment, j'ai administré la strychnine à doses journalières croissantes, en commençant par 0 gr. 005, pour arriver à 0 gr. 017 par jour. J'ai continué la strychnine jusqu'à ce que le phénomène sommeil ait disparu pour cesser alors progressivement en diminuant très rapidement les doses journalières.
» En troisième lieu, j'ai fait administrer aux malades, deux douches froides matin et soir.
» L'association de Tà strychnine à l’atoxyl est, ‘à mon avis, ‘très utile dans les cas de maladie du sommeil très avancés.
y pres
La strychnine n’a probablement aueune action sur l’évolution du trypanosome, mais j'estime que les lésions cérébrales produites par les trypanosomes, abandonnées à elles-mêmes, doivent en se développant et en s’organisant, entraîner la mort par paralysie des centres cardiaque et respiratoire, terminaison fréquente dans la maladie du sommeil. Or SI strychnine a une action manifeste sur les neurones et leurs prolongements, empêchant leur dégénérescence ; cette propriété est utilisée journellement dans le traitement des paralysies. »
Par tous ces faits, on voit que l'atoxyl paraît devoir faire le fondement de la thérapeutique de la maladie du sommeil. Néanmoins, les accidents qu'il est susceptible de provoquer et que la plupart des expérimentateurs ont eu l’occasion de constater (névrite optique, nausées, éblouissements, vertiges, tremblement -arsénical, ete.), obligent à l'employer avec une grande prudence. Certains auteurs, pour éviter ces inconvénients, ont songé à l’associer à d’autres substances qui permettent de le donner à dose plus faible, et d'éviter ainsi plus facilement les phénomènes d'intoxication. Dans cet ordre d'idées, Ayres Kopke (de Lisbonne) a eu de bons résultats en associant à l’atoxyl des couleurs et en les injectant dans le liquide cérébro-spinal.
Moore, Nierenstein et Todd ont essayé de, traiter des rats atteints de Nagana par des injections d’atoxyl combinées à des injections de sublimé à 1 p. 1.000. Is donnaient 0 gr. 50 de la solution d’atoxyl à 5 p. 100 et 4 jours après, 2 centimètres cubes de la solution de sublimé à 1 p. 1.000. Sur £5 rats ainsi traités, 18 ont survécu. Les témoins traités par l’atoxyl seul sont morts. ;
Après eux, Laveran et Thiroux, dans une toute récente étude parue dans les Annales de l'Institut Pasteur (25 février
DORE 4908), ont publié diverses expériences concernant les points suivants
4° Valeur du traitement mixte par l’atoxyÿl et les sels de merçure ;
2° Valeur curative et préventive de l'acide arsénieux :
3° Traitement mixte par l’atoxyl et le trisulfure d'arsenic ;
4° Traitement mixte par l’atoxyl.et l’iodure d’arsenic ;
5° Traitement mixte par l’atoxyl et l’acide arsénieux.
Les expériences ont été faites sur des cobayes et sur des rats infectés par des T. Evansi, quelquefois par d’autres trypanosomes, et le traitement n’était commencé que lorsque les trypanosomes étaient nombreux ou assez nombreux dans le sang.
Nous ne pouvons entrer dans le détail de ces expériences. Nous nous bornerons donc à en donner les conclusions résunées : l’acide arsénieux, même à haute dose, n’a aucun pouvoir préventif. Ce médicament, de même que les sels de mercure, l'iodure d’arsenic seuls ou combinés à l’atoxyl n’ont donné que des résultats médiocres.
« Le trisulfure d’arsenie employé seul en solution colloïdale (en injections hypodermiques ou par ingestion), ou en ingestion sous forme de pilules, a donné 6 guérisons sur 18 cobayes traités. L'orpiment, en pilules (1 à #4 pilules de 0,004 mgr. 5 pour 1 cobaye de 500 grammes en moyenne : 5 doses à 2 ou 5 jours d'intervalle) a fourni les résultats les
. plus satisfaisants (2 guérisons sur trois cobayes traitées),
» C'est l'emploi alternatif de l’atoxyl en injections hypodermiques et du trisulfure d’arsenic (solution colloïdale, en injections hyvpodermiques ou pilules d’orpiment), qui a donné la proportion la plus forte de guérisons. Sur 7 cobayes traités par cette méthode, il y a eu 7 guérisons. Ii s'agissait
souvent de cobayes qui, traités antérieurement pa: d'autres méthodes, avaient eu des rechutes, ce qui est une mauvaise condition au point de vue du traitement.
» Les médicaments ont été donnés alternativement à 24 ou #8 heures d'intervalle ; l'atoxyl, à la dose de 0 gr. 02 (5 doses) et l’orpiment à celle de O0 gr. 009 à 0 gr. 018 (5 doses), pour des cobayes de 500 grammes environ.
» L'emploi de l’orpiment par ingestion est préférable à celui de la solution colloïdale de trisulfure d’arsenie en injections hypodermiques, les injections produisant souvent des accidents locaux. f
».… Il serait évidemment prématuré de tirer de nos expériences faites $ur des cobayes infectés avec des trypanosomes autres que le T. Gambiense, des conclusions en c° qui concerne le traitement de la trypanosomiase humaine ; mais étant donné, que le traitement mixte par l'atoxyl et l'orpiment nous a permis d'obtenir 7 fois sur 7 la guérison d: cobayrs infectés, nous pensons qu'il y aura lieu de poursuivre les recherches dans cette voie. C’est, croyons-nous, sur l’homme lui-même, sur les malades atteints de trypanosomiasè que la nouvelle méthode devra être expérimentée. L'emploi de l’atoxyl combiné à celui de lorpiment ne présente pas de difficulté, et il sera moins dangereux que celui de l’atoxyl seul, s’il permet d'obtenir la guérison sans employer des doses très fortes et souvent répétées de ce médicament.
» I1 faudra rechercher jusqu'à quelle dose on peut prescrire sans inconvénients, l’'orpiment. Les arsenicophages de Styrie, commencent, dit-on, par des doses de 0,02 à 0,03 centigrammes, et ils arrivent à ingérer jusqu'à 20. et 25 centigrammes d'orpiment. D’après nos recherches, l’'aecoutumance aux arsénicaux est rapide, au moins chez le cobaye. A un homme adulte, nous pensons qu’on pourrait donner d’abord 3 centigrammes d'orpiment (en pilules) et arriver assez rapidement à faire ingérer 10 à 15 centigrammes. »