OBSERVATION III
Chienne bouledogue, âgée, nous est présentée pour une tumeur assez notable de la première pectorale droite, cette tumeur adhère fortement aux tissus sous-jacents et à la peau, celle-ci est mortifiée et présente par endroit des ulcérations couvertes d’un liquide visqueux et putride. Cette tumeur s'accompagne d’adénite axillaire au côté correspondant. Vu l’âge et l’état de maigreur de l'animal, nous déconseillons l’intervention, mais le propriétaire, insistant, nous fait revenir sur notre décision (tout en faisant les réserves qui s’imposent).
L'opération est faite en réduisant le plus possible les dédolations, mais certainement il reste dans le creux axillaire des débris ganglionnaires. Les sutures sont assez difficiles à exécuter par le manque de substance. Nous faisons un pansement aseptique et mettons à notre malade une cangue de carton.
Le lendemain, l’animal n’a pas mangé et présente de la température, le pansement est levé : la plaie suppure quelque peu.
Pendant deux jours l’état s’améliorant légèrement, le pansement n’est pas refait.
Le quatrième jour on note une suppuration peu abondante, ce qui oblige à revoir la plaie, celle-ci n’est pas plus laide que précédemment mais bourgeonne mal et a une teinte plombée. ,
Dans les jours qui suivent, nous refaisons le pansement quasi quotidiennement : l’amélioration est lente et la malade a un appétit capricieux. Nous conservons celle-ci encore près de trois semaines, lorsqu'elle nous quitte la cicatrisation n’est pas encore terminée.
Cette chienne ne nous fut jamais représentée, mais nous apprîimes, incidemment, qu’elle était morte quelques mois plus tard dans une cachexie extrême.