‹ La mandragoreChapitre 38 sur 91 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

plus y retourner. C’est pourtant malheureux que ceux qui devraient nous donner le bon exemple soient ainsi faits. N'est-ce pas vrai ce que je dis?

LiGURIO. — Diable, que c’est vrai!

NicA. — Depuis ce jour, elle a les oreilles dressées comme un lièvre. Et à peine lui dit-on un rien du tout qu’elle fait mille difficultés.

LIGURIO. — Je ne m'étonne plus Mais ce vœu, comment fut-il accompli?

NiciA. — Elle s’en fit relever.

Licurio. — C’est bien. Mais donnez-moi, si vous les avez sur vous, vingt-cinq ducats”’, car en de pareils cas, il faut dépenser, se faire ami le frère et lui donner espoir de mieux encore.

NICIA. — Prends-les alors; cela ne m'ennuie pas, j'économiserai ailleurs #.

LiGurio. — Ces frères sont fourbes, astucieux. Et c’est logique * parce qu'ils savent et nos péchés et les leurs. Celui qui ne s’y connaît pas avec eux pourrait se tromper et ne pas savoir les conduire à ses fins. Aussi, je ne voudrais pas qu’en parlant vous gâtiez tout. Parce qu’un homme comme vous qui demeure toute la journée dans son étude s’y entend en livres et ne sait pas raisonner des choses du monde. (À }i-même) Cet homme est si sot que je crains qu’il ne gâte tout.

NicrA. — Dis-moi ce que tu veux que je fasse.

LIGURIO. — Que vous me laissiez parler et ne disiez rien à moins que je ne vous fasse signe.

NicrA. — D'accord. Quel signe feras-tu ?

LIGURIO. — Je fermerai un œil, je me mordrai la lèvre. Ah, non! Faisons autrement. Il y a combien de temps que vous n’avez pas parlé au frère?

NICIA. — Plus de dix ans.

LiGURIO. — Tout va bien. Je lui dirai que vous êtes devenu sourd, et vous, vous ne répondrez pas et ne direz jamais rien à moins que

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