‹ La mandragoreChapitre 48 sur 91 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

MESSIRE NICIA SEUL

Est-il jour, ou nuit? Suis-je éveillé ou est-ce que je rêve? Suis-je ivre — je n’ai pourtant encore rien bu de la journée — pour souscrire à ces caquetages ? Nous tombons d’accord pour dire une chose au frère, il en dit une autre. Puis il à voulu que je fasse le sourd, et il a fallu que je m’empoisse les oreilles comme le Danois "* pour ne pas entendre les folies qu’il a dites, Dieu sait à quel propos! Me voilà avec vingt-cinq ducats en moins et on n’a pas encore discuté de mon affaire. Et maintenant ils m'ont planté là comme un beignet

103. Expression proverbiale signifiant adie pour toujours. Dans sa lettre du 16 au 20 octobre 1525 à Guichardin, où il est question entre autres de la Seconde Décade de Tite-Live, Machiavel invente une légende pour expliquer l’origine de l'expression: «Lorsqu'on utilisa pour la première fois la herse dans les champs, le crapaud, tout curieux, sortit voir de près ce nouvel appareil qui servait à effriter les mottes de terre. Le crapaud s’approcha si près qu’une pointe de la herse lui griffa l’échine, de sorte que le crapaud lui cria: “Sans retour. ”»

104. Se boucher les oreilles comme Oger, prince du Danemark, personnage de poèmes chevaleresques très connus, qui boucha ses oreilles et celles de son cheval pour ne pas entendre les cris de l'ennemi. Boccace en fait un mari qui se bouche les oreilles avec de la poix pour ne pas entendre les mauvais discouts de sa femme.

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