SCÈNE XIV ET DEIINIÈRE
CAMILLK, VICTOR, AUGUSTE, DUtROS, SGIPION , EKANVAL.
nucROs.
Vous voyez , mes amis, que je suis de parole; et , malgré ce que m’a dit mademoiselle (.amille, je 'iens chercher mou enseigne, ou mes deux cents francs de lojer.
M. FKASVAL.
Qu est-ce que c'est? vous ue payez pas voue lei me?
StIPlON.
Oui, quelquefois, par hasard.
W. FRANVAL
Voyez-vous les gaillards... ils ne me disaient pas cela... Monsieur , je suis leur caution ; et j’ai sur moi une quinzaine de louis au service de mes jeunes amis.
sriPiON.
Merci , mon professeur , je vous reconnais bien là... Heureusement pour vous, nous voilà riches, et nous vous le rendrons. ( a Ducros, lui donnant la bourse ) Tenez , farouche propri<5taire. .. voilà le dernier argent que vous recevrez de nous , car demain nous déménageons.
DUCROS
Vous nous quittez?
sctPioir.
Oui, mes amis... l’oncle de Camille, notre nouveau protecteur , nous offre chez lui , pour rien , un superbe appartement; et j’ai, sur-le-champ, passé bail, sans vous consulter.
DUCROS
Pour rien!
AUGUSTE
Oui, M. Ducros... voilà un bel exemple à suivre.
DUCROS, à part J
Diable ! je suis fâché qu'ils s’en aillent , surtout à caïue de la petite {donnant un papier a Auguste et a f^iclor). Voici la quittance écrite, et signée de ma main
Ah ! mon Dieu ! {bas à Auguste^ Dis donc, c est 1 eciitiire de ce matin... la déclaration anonyme.
DUCROS
J'espère du moins que j’aurai la pratique de ces me.-.sieurs, et surtout de madame , pour les bas , les mitaines, et tout ce qui concerne la bônneterj||.
VICTOR , (fui a tiré la lettre de sa poche.
Non pas, nous nous fournirons ailleurs; j ai accepté votre quittance , ( lui rendant la lettre ) et vous donne congé. ’ •
La mansarde des Arliüei. 4
\ Dxjcr.os.
Dieu ! mon cpître de ce matin !
VICTOR
Que j’aurais dù remettre à M™® Ducros.
AUGUSTE
Mai.« quand on est heureux , qu’on pardonne aisément!
Allon.s, mes amis, ne parlons plus d’amour; ne pensons qu’à la gloire... rappelon.s-nous que nous devons remplacer un jour, (rt / ic/,o;) loi , Girodet.. . (à »Sci/?tou) toi , Marjolin et Dupuylren, et moi Boïeldieu... Je reprends ma*’ lyre... toi , reprends tes pinceaux... et toi retourne à tes malades.
M. FRANVAU.
Et tant que je serai là il n’en manquera pas; car vous Êtes de braves jeunes gens , de véritables artistes. . sciPiON, passant entre Auguste et Victor.
]\les amis , la fortune nous sourit ; le premier pas est fait ; nous n’avons plus, maintenant, qu’à nous élancer dans la carrière ; mais, quand nous serons célèbres^ quand notre réputation sera faite , quand tous trois, riches et contons, nous nous verrons dans un bel appartement doré, rappelons-nous toujours ces modestes lambris , et les difficultés qui entourèrent nos premiers pas... (à Viàtor) ]’it qi and un jeune peintre t’apportera sa première esquisse...
( à Auguste') Quand un jeune musicien te montrera sa première partition , quand un jeune confrère viendra Tne consulter, encourageons leurs faibles essais; secourons-les de notre amitié, de notre bourse, de nos conseils, et n’oublions jamais que ce qu’il y a pour eux de plus difficile au monde, c’est le premier pas dans la carrière.