‹ La Mansarde des artistes (volume 2)Chapitre 5 sur 19 · VICTOR, SCIPION, CAMILLE, AUGUSTE · texte numérisé non relu

VICTOR, SCIPION, CAMILLE, AUGUSTE

SCIPION

Air : ^ we les amours , qui toujours.

En docteur savant Et prudent ,

Je suis toujours dispos et bien portant.

Pour montrer à chaque client''^.

l Cyf% oùutA^

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Cjt^

CAMILLE

Vous voilà, mou ami... comme vous arrivez taril ; et comme vous avez cliaïul , vous verrez que vous vous rendrez malade!...

SClPlOîf.

Ail ! bien oui... comme si'la maladie osait se jouer à moi, à un médecin... car je le suis, et d’aujourd’hui. Faites-moi vos complimens, je suis reçu docteur.

TOUS

Il se pourrait?

SCIPION

Oui, mes amis... oui, notre jolie petite sœur... aussi, je suis accouru vous l’iinnonccr , p.arce qu'un bonheur à soi tout seul!., c’est eanii^œiix; cà n’en vaut pas la peine; j’.ai passé ma thèse à toutes boules blanches; l’assemblée a battu des mains, et M. F ranval mon vieux professeur , est venu in’erabrn.sser, en criant: Di'^nus es întrarc! docteur! le docteur Scipion, comme cela sonne; et puis maintenant que me voilà un état... ( re^ardunl Camille ) Je pourrai réaliser certain projet dont je vous parler, i «lans un autre moment.

VICTOR

A merveille !.. nous causerons de cela. ( Ici Camille commence à apprêter le déjeûner. )

SCIPION

En revenant, j’ai passé chez le portier eu face, et c!iez Antoine le commissionnaire du coin que je Uaite pour rii-n.. ensuite j’ai vu un catarrhe, et une fluxion de poitrine.

En tout, six visitos pnyantes; voilà ma nt^tinée,, 0t je rapporte douze frênes... Tiens , Camille , toi qui tiens 1^ caisse , serie>nous cela.,, savez-^vo^s que si chaque jour U ooqs en arrivait autant.

VICTOR

Ce cher Scipion!.,,

SC^PIOK^

Ecoutez-donc : on ne peut pas payer davantnge uq docteur qui commence , et qui va à pied... quand j’aurai ma demi -fortune, ce sera bien autre chose; ensuite, mes amis, tout en faisant mes visites, j’^i pensé à vous; c’est une excellente chose que d’avoir un médecin pour ami... çà voit tout le monde, çà va partout; et voilà comme on parvient... vous, tues chers camarades, vous avez un talent sédentaire , un mérite paisible ; moi , je suis déjà médecin ; un peu charlatan ; un peu intrigant | vous attendez chez vous la fortune; et moi je vais au devant d’elle.

Pour la partager avec nous.

SCIPlOIf.

Fi-donc! entre amis, tout le monde donne, et personne ne reçoit.

CAMILLE, qui pendant cp temps a placé le^ tasses sur la table et verse le chocolat.

A table, à table , voici le déjeuner.

SCIPION

Bonne nouvelle , le petit repas àe f;itnille... c’est si agi'éiible. ( Sur la ritournelle et le premier motif de l’air, Auguste arrange les chaises autour de la tahle ; V \ctor va chercher les serviettes dans la commode , et Scipion coupe du pain. )

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SCIPIOK.

Dieu ! le bon chocolat. ( regardant la iatse d’Auguste. ) INlais Auguste en a eu plus que moi !

CAMILLK.

Que CCS médecins soin gourinaiuls !

AUGUSTE

Eh bien! voyons, docteur , qn'est-ce que tu disais?

SCIPIOIV.

My voici!., la fièvre cérébrale dont je vous ai parlé il y a huit jours , était un étudiant eu droit qui /'ait des vaudevilles.

AUGUSTE

Là!., ils en font tous, au lieu de faire des opéracomiques ; c’est ce qui nous ruine.

SCIPION

Tais-toi donc... il en avait un en trois actes., et il n’était cinharrassé que pour le musicien, un musicirii!.. me suis-je écrié!., j’ai ce qu’il vousfaiit!.. un jeune homme qui a du chant, de l’harmonie , et des idées neuves, (ù Auguste) Vois-tu , V oilà comme il faut se faire valoir... toi de même... Si dans un salon tu entends ]>arler <ruue fluxion de poitrine, pense à moi, ça merevient... Kiifin, mes amis, j'ai décidé mou client, et il te donne son poème.

AUGUSTE, lui sautant au cou.

Ah ! mon clier Scipion ' mon sauveur... notre forture est faite... succès complet, je l’en réponds; et nous ven drons la partition mille écus, chez Frère, passage du Panorama... C’est lui qui achète tontes les bonnes... j’ai déjà là toute mon ouverture... que n’ai-je ici un piano pour vous la faire entendre... Mes amis, c’est un article bien es.sentiel qu’un piano... et ce sera la première chose qu il faudra acheter. ,

SCIPIOJV.

Oui, s.ans doute... en, et une voiture, c’est de première nécessité... nous les aurons.

' ^ AUGUSTE

Vous aurons tout, imaintenant que nous voilà riches.

SCIPION

Ah!... J’ai aussi un papier que le portier m'a remis en bas... je crois que c’est notre terme.

TOUS. ï

Le lennel... «

Ah! mo^Dieuî... déjà!... ( ils se lèvent.)

CAMILLE

Econtez donc... c’ett an] ourd’liui le 8, pour nous, comme pour tout le monde.

AUGUSTE

Non pas... il me semble que pour les artistes cela revient plus souvent.

VICTOR

Enfin, il n’y a pas de mal... on paiera celui-là comme on a payé l’autre...

AUGUSTE

Oui... mais e’estque l’autre, on le doit... j’avais obtenu un délai , et nous devions payer les deux ensemble.

VICTOR

Raison de plus pour se hâter... Camille, toi qui es notre ministre dt s finances, donne nous de l'argent.

CAMILLE

Il n’y a plus rien... tout est dépensé.

VICTOR

Comment! ces deux cents francs quenous avions mis de côté pour les grandes occasions?...

CAMILLE

Ces messieurs savent bien que tout y a passé pour les frais de votre maladie.

sciPioN , ( qui lui faisait signe de se taire. ) Voyez-vous la bavarde... qu’est- ce qu’elle avait besoin de parler?

Comment!., c’était pour moi?

AUGUSTE

Eli! non... ce n’est pas ta faute, mais celle de Scipioii ! le quinquina est cher eu diable j et il en ordonnait tous les jours.

SCIPION

Trouve-moi donc une autre manière de couper la fièvre.

VICTOR

Encore un nouveau service que j(e,^y.ous^(ioi^! et c’est moi qui suis cause de l’embarras üù*^fcus vQ^^^ve moi qui ne fai* rien poiu: vous... qui vous suyrà't^iai^e

vez ;

Digiîizeu by Go .a

cXhIlle, çuis’est «pprochéè tîe lui.

Victor! Victor! que dites-vous? et quelles sotü. cfes idées là? (flux deux autres.) Apprenez qu’hier encore je l’é» coûtais, et qn’il ne pai^ait que de se tuer.

VICTOR,

Moi! •

CAMILLE

Oui, monsieur^ je vous ai entendu.

SCIPIOK.

Qu’e.st-ce que c’est que cela, monsieur? est-Ce que cela vous regarde?., chacun son état!.. Quand ou a un ami qui est reçu docteur, on ne s’occupe plus de ces clioses-là?.. d’ailleurs, je ne vois pas qu'il y ait de quoi se désoler... s’il faut partir d’ici... elibien! nous partirons; mais* tous les trois, et sans nous qiiiltcr.

CAMILLE

Mais, un instant... ne pourrait-on pas obtenir encore du temps de M. Ducros, notre propriétaire... il a l'air si bon avec moi.

VICTOR

Du tout... il ne faut pas y songer... ( a voix basse aux deux autres) apprenez qu’hier j'ai eu une scène avec lui... je l'ai surpris faisant l’aimable avec Camille... et j’ai manqué le jeter du haut en bas de l’escalier.

A U G U STE , vivement.

Eh! bien! par exemple... si je l’avais vu...

sciPioN, de meme.

Et moi donc.... il ne serait mort que de ma main.

• • ( On entend sonner. )

CAMILLE, allant a la porte et regardant par le petit

guichet.

C’est M. Dacros,

VICTOR

C’est lui! quand j’y pense... je ne sais qui rae retient.

SCIPION

C’est ça, il va tout gâter... Aie la bonté d’entrer ici à côté ; et 1 lisse-nous arranger celte affaire là , parce qu’à nous deux Auguste... nous prendrons des moyens conciliatoires.

AUGUSTE

Oui... s’il refuse. . je le jcterai par la fenêtre.

SCIPION

Et moi , comme Sgan.nrelle , je lui donnerai la fièvre. ( On sonne encore ; Victor entre dans la chambre à droite, et Camille va ouvrir à M. Ducros.)

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