SCÈNE XII
VICTOR , FRAXVAL . AUGUSTE.
fraxval, se levant et le regardant sortir.
Voyez-vous le gaillard. . je me reconnais là... voilà comme j’étais ; pour ma première maladie un peu importante, j'aurais franchi les escaliers... et il faut ça , parce qu’un malade... je dis un bon malade , ça ne se trouve pas tous les jours. (Il passe près de Victor, et regarde son tableau.)
AUGUSTE
Oui... il faut souvent se dépécher...
CAMILLE , sortant de la porte à droite , bas à
Auguste.
Je suis d’une inquiétude... je viens de parler à M. Ducros... il ne veut rien entendre; si on ne lui donne pas le tableau , il va faire saisir. auguste, de même.
Ah ! mon Dieu! comme ça va arriver... juste au milieu du dîner... (Haut i Franval eu riant.) Hé bien I vous dites donc!...
FRAXVAL . qui, pendant ce temps, a toujours eu l’air de causer avec Victor.
Je disais que j'ai fait mon chemin , et que vous ferez le vôtre... parce que , quand on a de l’ordre, de l’économie , et qu’on n’a pas de dettes... auguste, A part.
Ça sc trouve bien.
FRAXVAL.
Surtout quand on a de la conduite et des moeurs .. (Apercevant Camille , qui a passé entre lui cl Victor.) Quelle est cette jeune fille?
AUGUSTE
C’est celle qui préside à notre petit ménage.
FRAXVAL.
Quoi ! vous avez une gouvernante de cet âge !... moi qui en ai renvoyé une de cinquante-cinq ans, parce que cela faisait jaser.
VICTOR
Non , Camille n'est pas cc que vous croyez... elle est ici chez elle.
FRAXVAL, s'inclinant.
Ce serait madame votre épouse !... combien je suis désolé... aussi je me disais : Il est impossible que des jeunes gens aussi sages , aussi rangés...
VICTOR
Vous ne vous trompiez pas , monsieur, nous sommes dignes de votre estime; et cependant... il faut vous l’avouer , Camille...
. FRAXVAL.
Achevez.
CAMILLE
Est une jeune orpheline , élevée par eux , et qui ne connaît pas sur la terre d’autres parens ni d'aulres amis.
FRAXVAL.
Qu’cnlends-jc !... mes amis!... quoi? vous pouvez rester ainsi ?
CAMILLE
Et qui peut s'en offenser... qui peut blâmer mon amitié, ma reconnaissance?... ne sont-ce point mes frères ?... mon unique famille ?...
FR AN VAL
D’accord, mon enfant... mais songez donc que le monde...
CAMILLE
Ce monde dont vous ine parler... s'est-il jamais occupé de moi?... m’aurait-il secourue? ra’aurait-il protégée?...
FRANVAL
Am : Le choix que fait tout le Tillage.
Mes chers entons , loin d’être rigoriste ,
J’ai pour devise : indulgence et bonté.
C’est malgré moi qu’ici Je vous attriste ;
Mais je vous dois d’abord la vérité :
L’opiniou est un juge suprême Dont les arrêts veulent être écoutés ;
Et, le» premiers, rcspcctex-la vous-même ,
Si vous voulez en être respectés.
VICTOR
Oui , Camille... monsieur a raison... ou du moins il n'est qu'un seul moyen de ne pas nous séparer... (Avec émotion.) Auguste et Scipion vous aiment tous deux, et veulent vous prendre pour femme...
Camille , à part.
Que dit-il?... lui. Victor! (On sonne.)
AUGUSTE
Ah ! mon Dieu ! c’est Ducros.
VRANVAL.
Encore un convive.
AUGUSTE
Ah! c'est Scipion.