SCENE XIII
LE COMMISSAIRE , épouvanté.
Ah ! ah !
(Quelques gardes naliotiaiix courent au cabinet de la victime.)
BOULARD, porlunile mannequin de la victime, et le laissant. '111 fond au milieu des gardes nationaux qui l'examinent.* M. le conirriissaiic !..
LE COMMISSAIRE, le reconnai.<sanl.
C'est vous, monsieur Boulard?
AMiLCAit. étonné.
Boulard ! mon alTreux beau-frère!
LE COMMISSAIRE, à Boulard.
Vous êtes venu ce rnaiiii me demander un passeport; je VOUS croyais parti.
BOULARD
Il n'est plus temps de rien cacher... brouillé avec mon beati-frère , durant son absence j'ai laissé en dépôt à ma ^œur une collection de figures de cire, je suis venu les retirer ce soir , cl cette victime est tout bonnement le mannequin qui Joue les assassines dans mes représeniations muettes.
AMILCAB, remuant le mannequin el le soulBelanl.
Comment ! c'est un mannequin !... vil mannequin!... Ah ! je respire... ça m'avait donné un cauchemar!... tandis que je dormais, là, j'ai rêvé des choses atroces.
LOUISE, riant.
Ah ! je comprends tout enfln !
LE CO.MMISSAIRE.
A la bonne heure! Mais ce n'est pas cela qui m'amène... Mes agens ont aperçu un lir.mme qui courait sur les toits... il a, dans sa précipitation, laissé tombé dans la rue cette babouche turque qu'il venait sans doute de voler. LE CUEVALIER. s'avançant.'*
Jp la reconnais ; elle m'appartient... elle fait partie d'une paire que m'a femme m'a brodée elle-même.
AMILCAB , bas au chevalier.
D'ime paire que votre femme... (A part.) C'est lui ! le mari ! (Bas au chevalier.) Voici l'autre. (Il lui montre son pied, et il met à l'autre pied la babouche qu'il a prise des mains du commissaire.) LE CUEVALIER, à part. Stupéfait.
Ah! ah!
A.MILCAR, bas au chevalier.
Je vais arranger cela. (Haut.) Voilà ce que c'est, monsieur le commissaire : M. le chevalier est jaloux... il a cru surprendre quelqu'un dans la chambre de sa femme... c'est un soupçon des plus injustes... mais vous le savez, monsieur le
* Louise, le Commissaire, Boulard, Amilear, le Clievalicr.
" lîouli.rJ, Louise, le Commissaire, .VmiUar, le Chevalier
commi.vsaire, vous-même, dit-on, soupçonnez votre femme.
LE C0M.1ISSAIRE, blessé.
Monsieur...
AMILCAR
Injustement aussi... quel est l'homme qui ne soupçonne pas un peu la sienne? (Désignant les gardes nationaux.) Demandez aux chers camarades. M. le chevalier s'est figuré que l'amant prétendu s'enfuyait parles toits... il a poursuivi cet être chimérique ; il a perdu une de ses babouches, et il e.>l veim tomber dans cette mansarde à travers les carreaux. Du reste, je ne demande rien pour les vitres cassées... Chevalier, embrassons-nous... (Le commissaire remonte la scène et va vers les gardes nationaux. Amilear, bas au chevalier en l'embrassant.) J'étais chez vous, tandis que vous étiez chez moi, nous sommes quittes.
LE CUEVALIER, bas à Amilcar, Soit ! mais rendez-moi mes babouches.
AMILCAB, bas; ils échangent leurs chaussures.
Et vous , rendez-moi mes pantoufles , et renvoyez-moi mes bottes... vous les trouverez derrière la psyché... Vous paierez le commissionnaiie... Bien des choses à madame.
(Boulard porte le mannequin sur le devant de la scène.)