‹ La manufacture nationale de Sèvres 1879-1887Chapitre 59 sur 106 · CONTROLE DE LA FABRICATION · texte numérisé non relu

CONTROLE DE LA FABRICATION

pièces de biscuit et les pièces décorées, qu'il est indispensable pour l'avenir de pouvoir déterminer à qui incombe la responsabilité de pareils accidents et en éviter ainsi le retour, qu'en effet, si quelques-uns d'entre eux peuvent être attribués aux difficultés inhérentes à la fabrication, la plupart résultent du manque de soins ou d'une étude insuffisante des procédés ;

Considérant, d'autre part que, pour réaliser des progrès, il est nécessaire de préciser l'état actuel des procédés employés à la manufacturent que malgré la demande réitérée qu'en a faite l'administrateur depuis six mois, aucun document de ce genre ne lui a été remis;

Considérant enfin que l'analyse des matières premières employées, seule garantie efficace de la régularité des opérations, n'a pas encore été remise à l'administrateur malgré ses demandes ;

Arrête :

Art. 1er. — Aucune pièce décorée ou destinée à l'être ne passera d'un atelier dans un autre sans avoir été préalablement examinée par le chef de service ou, à son défaut, par le chef d'atelier ; un reçu constatant son état parfait sera signé de la partie prenante ou du chef de service ; ces divers reçus accompagneront la pièce jusqu'au moment où elle entrera en magasin.

Art. 2. — Avant chaque enfournement, un état des pièces qui devront être cuites sera soumis à l'administrateur.

Art. 3. — Aucune pièce importante ne sera admise au four avant qu'une pièce sinon identique, du moins très voisine comme fabrication ou comme décoration n'ait démontré la probabilité de la réussite.

Art. 4. — La description exacte des procédés et des recettes employés à Sèvres et non indiqués dans la dernière édition de Brongniart ou dans les deux registres de la manufacture sera remise entre les mains de l'administrateur le 15 novembre prochain.

Art. 5. — A la même époque devra lui être remise l'analyse des matières premières servant à la fabrication de la porcelaine.

L'administrateur : Ch. Lauth.

DOCUMENTS ADMINISTRATIFS

XIV bis.

Sèvres, le 23 mars 1887.

Circulaire à MM. les chefs de service.

Les résultats constatés à la suite de notre dernier défournement ont appelé de nouveau mon attention sur les accidents qui arrivent malheureusement si souvent dans les diverses phases de nos opérations.

J'ai pris, à la date du 29 octobre 1879, un arrêté dont vous voudrez bien relire le texte afin d'y conformer votre conduite. Il me paraît nécessaire de le compléter par d'autres dispositions.

Aucune pièce ne devra subir l'épreuve du feu sans que des échantillons, en nombre suffisant, aient été obtenus pour que nous ayons la certitude que les procédés employés donnent le résultat espéré. — Pendant la période d'exécution des pièces, vous veillerez personnellement à ce qu'aucune modification ne soit apportée au procédé adopté sur le vu des échantillons, et vous m'aviserez sans retard des infractions qui seraient apportées à cette règle. — S'il est démontré que malgré ces prescriptions une partie quelconque du programme arrêté a été modifiée au cours de l'exécution, l'auteur de cette modification sera responsable des accidents qu'elle aura pu entraîner et devra remplacer la pièce compromise ou perdue en donnant à la manufacture, en dehors des heures réglementaires, le temps nécessaire pour cela. Une retenue ou une diminution d'appointements pourra également être la conséquence d'un manquement à la règle établie.

Vous voudrez bien donner connaissance de cette décision au personnel qui est sous vos ordres ; il comprendra, je n'en doute pas, que nous devons, dans une fabrication si délicate déjà par elle-même, chercher à écarter toutes les chances d'insuccès et que ces mesures me sont imposées aujourd'hui en vue de la réussite de notre exposition de 1889. L'existence de la manufacture dépend de cette épreuve.

L'administrateur : Ch. Lauth.

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