‹ La Manufacture nationale des GobelinsChapitre 48 sur 56 · NOMBRE DES ATELIERS · texte numérisé non relu

NOMBRE DES ATELIERS

HAUTE LISSE

De 1733 à 1734, 5.

De 1734 à 1792, 2.

De 1792 à 1817, 1.

De 1817 à 1850, 2.

Depuis 1850, 1.

BASSE LISSE

En 1662, 1

De 1663 à 1690, 3 De 1690 à 1703, 2 De 1703 à 1731, 3 De 1731 à 1732, 2

De 1663 à 1693, 2.

De 1693 à 1701, 4.

De 1701 à 1714, 5.

De 1714 à 1724, 4.

De 1724 à 1738, 3.

De 1738 à 1752, 2.

De 1752 â 1825, 1.

LE BATONNAGE

Comptes rendus de V Académie des sciences. (Séance du 23 avril 1888.)

métrologie. — Sur le bâtonnage, ancienne manière de mesurer les tapisseries des Gobelins. Note de M. Gerspach, administrateur de la manufacture nationale des Gobelins, présentée par M. Chevreul.

« Les tapissiers flamands appelés aux Gobelins par Colbert lors de la fondation de la Manufacture royale des meubles de la Couronne furent autorisés à conserver les usages de leur pays Dans les ateliers où l’on

travaillait à la tâche, la coutume de mesurer les tapisseries à la manière flamande fut maintenue jusqu’à la Révolution. Cette manière s’appelait le bâtonnage% l’unité qui servait à mesurer les tissus de Flandres étant le bâton.

« Mais si l’Administration tolérait sans inconvénients dans l'intérieur des ateliers l’usage d’une mesure étrangère, il ne pouvait en être de même pour la comptabilité officielle et dans les transactions avec les particuliers autorisés à acheter des tapisseries. On imagina un système mixte, très particulier, qui fut le bâton de Flandres combiné avec Faune française.

« Les recherches que j’ai faites dans les archives et les calculs auxquels je me suis livré me permettent de donner sur le bâtonnage des renseignements inédits qui pourront être de quelque utilité aux érudits et aux amateurs.

« L’aune de Flandres contenait en carré 658 pouces 4 lignes. L’aune de France contenait en carré 1936 pouces.

« On commença par admettre que l’aune de France serait regardée comme trois fois plus grande que l’aune de Flandres. Ce fut une affaire de convention; car le calcul n’est pas juste : en effet, 658 pouces 4 lignes x 3 donnent 1975 pouces, c’est-à-dire 39 pouces de plus que l’aune de France.

« L’aune de Flandres était divisée en demi-aune et quart d’aune ou bâton ; le bâton se divisait IuLmême en huitièmes et seizièmes de bâton . Au carré, l’aune de Flandres avait donc 16 bâtons carrés.

« On s’empara de ce nombre 16 comme diviseur commun des aunes des deux pays et, renonçant aux divisions légales françaises en pieds, pouces, lignes et points, on coupa 1 aune de France en 16 parties égales nommées seines ou bâtons de France; le bâton fut à son tour divisé en seizièmes appelés seines de seines. Au carré, Faune de France avait donc 16 seizes ou bâtons carrés de France ou 48 bâtons carrés de Flandres, les mesures de ce pays étant tenues comme trois fois plus petites que les nôtres.

« Je prends maintenant un exemple dans la pratique. La tapisserie le Cheval-Isabelle de la tenture des Indes, d’après Desportes, a été payée aux tapissiers sur le pied de 682 bâtons carrés de Flandres 8 seizièmes de bâtons. Lorsque cet ouvrage a été porté à l’inventaire de la Manufacture, on a converti les bâtons de Flandres en mesures de France selon la méthode indiquée plus haut et l’on a marqué les dimensions dans la forme suivante :

ANNEXES

« Ce qui veut dire que le Cheval Isabelle avait en carré :

« 14 aunes de France.

« 3 seizièmes d’aune ou bâton de France.

« 8 seizièmes de seizième.

« Le prix du bâton carré de Flandres payé aux tapissiers variait selon les modèles et, dans chaque modèle, selon la difficulté de l’ouvrage ; il a été plusieurs fois modifié sur les réclamations des ouvriers, qui le trouvaient trop peu rémunérateur.

« En 1748, les têtes étaient, en haute lisse, payées de 9 à 12 livres le bâton, et les bordures de 2 livres 10 sols à 3 livres 10 sols. En basse lisse, les têtes valaient 5 livres et les bordures 1 livre 18 sols. Trente ans après, les têtes sont, en haute lisse, payées jusqu’à 30 livres et, en basse lisse, jusqu’à 20 livres; le travail devenait de plus en plus compliqué et l’on dut établir jusqu’à 7 ordres d’ouvrages, du plus difficile au plus aisé; la complication fut telle que le bâton pouvait être payé de cent trente-neuf manières différentes.

« Le Ier janvier 1792, 1 ebâtonnage fut supprimé et les ouvriers furent payés à la journée, selon leurs capacités. D’après l’expression du temps,

ils travaillèrent à la conscience. »

ANNEXES

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