‹ La marchande du temple drame en cinq actesChapitre 11 sur 55 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

M u " DELARUE, N» RONDEAU. LA RALEUSE, I.F, PÈRE CRÉPIN.

La râleuse. Bonjour et bonne chance, manie Lame! .

v»® r dklarci. Ah 1 c'est vous, la Râleuse?

Bonjour, tua fille.

la ralkcse. Ab eu! qu'est-ce qu'ils ont donc trafiqué et fêlé hier soir, ceuide la forêt Noire ? Ils lie font que d'ouvrir.

delà hue. Pas plus eus que les autres, tenez. {EUe montre (et différents cdte's.) Au Palais- Royal. au pavillon de Flore, au carré Dupuis, sont pouvez voir qu'on ne s'e»l point gêné.

Lt hale tsu. Eh bien, d'où vient ?...

m® 1 " rond eao. Comment, la Râleuse, toi qui sais si bien ton Carreau, tu uc sais pas cela ? la râleuse- Non. De quoi, mante Rondeau?.., m 1 * 1 * rondeau. On ne ta rien dit; tu n'as donc pa* un calendrier? Tu ignores donc tes saints cl jusqu'à tes jours du mois, malheureuse? ' la a iLEtiSE. Voyons, ce n'est pourtant pas dimanche, ni l’Assomption ?...

u"' rondeau. C'est bien mieux que cela, ma foi! u" e delà ht iî. Allons, ne la faites donc pas !.»ugu r culte lille... C’est la fêle de monsieur Timothée quoi?

u râleuse. La «été au père Timothée, le marchand d habits? Eh bien, quel rapport est ce que cela peut avoir ?...

■“* RONDEAU. De quoi ? Tu sait bien pourtant que depuis ce gueux de choléra, qui nous a fait tant de mort et de misère, le pere Timothée a passé doyen du Temple?...

li RAiKLSF. lion! mais ce n'est pas une raison pour ouvrir si lard ?...

rondeau Attends donc! fusais aussi qu'il est né chez nous : même que c'est iui qui nous a couverts quand il était entrepreneur. Tu sais que dans la richesse comme dans la peine, il nous a toujours fréquent*. s, et que nous sommes sa vie, son monde, son arche, comme il dit.

LA RALEUSE. Oui.

«“• rondeau. Et qu'il a fait ici des mariages au Us, et plus de baptêmes encore que de mariage*.

R" 1 ' DruniTE. Oui, c’est sa toquade de marier les gens. Malheureusement, ça n’est pas la quantité qui fait la qualité, madame Rondeau.

la R«i.t'i'sE, soupirant. C’est vrai, même qu’il avait fait le mien, pauvre cher homme 1

i u m ' Delarue. Tiens, au fait! Il a eu de quoi se vanter, à celui-là I

I LA ealeosr. Mon Dieu , Jérôme avait ses dé- ’ faut*, manie Lame : qu'est-ce qui n'a pas les siens? > Du petit au grand, nous avons tous mangé la i pomme.

I u"« dpi arc R. C’est pour cela qu’il vous a tout I mangé, lui !

i ia ralkcsf. II travaillait si bien, pourtant!... u®» Delarue, Quand il travaillait.

M™* RONDEAU. Le lait est qu'il rcrarrclait romme un vrai Sakoski, ton bommc. Cest KM juillet.

la r ai. lise. C'était bien le premier làliotcur d'ici.

m®» rondeau. El qui rçma«tiquait iebotiin à vous donner la berlue: un nboui rigolo, ce qu'on peut dire ! Mais, pour en revenir au père Timothée donc, les «ristos c immc les pa* lier», ceux q il ont leur pelote et ceux qui houlottent, tout le momie ici le considère, pas vrai? ..

la râleuse. Il y a de quoi; c'est un si brave homme !

rondeau. Si frone, si droit ! crépir, te mitant d ta conversation, Si g*i t M** nrt vue k. Vous en êtes aussi, marcha ml de dix-huit ?...

crépin. Pardi J *»■• honora i . Et obligeant!

R m# di:l in l k. Ça, c’est encore sa toquade... El pour des gens qui ne le méritent guère, bien souvent.

la râleuse. Comme le boa Dieu, qui pleut partout quand il pleut.

crépin. Oui... Tenez, moi... pas plus tard qu'avant-hier. je manquais de quelque chose pour un marché... Kb bien !...

«■* dblarle. Là !... quand je vous le disais ' crépi*. Dites donc, marne Lsrue, est-ce que vous voudriez en induire que c’était quelque chose de mal placé *

«“* Delarue. De quoi? Parce que vous me devez encore la lavette de votre troisième?... Vous êtes bien »u*reptible, ce matin. Vous n 'aurez pas «lit bonjour à l'aurore I ifc’ffo fait le >jttte. de lever le coude.) C est ce qui vous rend maussade.

crépin. Vous avet raison, je ras me rendre gai. [Il entre chez le marchand de ri».) la râleuse. Comme vous le saboulez I m* 1 * orlarle. Bah! un nonchalant !...

m®* rondeau. Si bien, pour lelinir, que voyant le dix-neuf, qui est aujourd hui, on s’est parle de la chose, et, le l'a lais- Royal en tête, on s'est cotisé Ji l'effet d’offrir un repas à notre doyen, même qu'on a obtenu que le Carreau serait avancé de deux heures. Pour lors on n été et venu, on a veillé tard; ce matin on liabide les enfants -, et voila!

LA raixl’sf. Nom d'un petit bonhomme! dire que je n'ai pus su cela ?...

u®* m.i v nu . Et quand vous l'auriez su, ma pauvre fille?

LA RALTCSI- Pour fêler la fêle «I un brave liomine? j'aurais plutôt mis ma dernière jupe au clou!

n me DELARUE. El après?... pour y aller?...

ia ralrush. J’y aurais été comme j’v aurais été. mais j’y aurais été... Mais voilà, on s'Vzl dit : la HAIeuse, pauvre fille!... ce n'est pas la peine... Vous êtes bien toutes les mêmes, allez ’...

m“* rondeau, riant. Eh bien ! voyons, choque Carré a nommé ses délégués, fait-lot’ nommer par le Carreau l .. [Crépin rentre.)

LA RALEUSE. Bonne pièce !... (Secouant sa poche.) Trop tard.

m""-' rondeau. Nib de braise?

crépin. Nisco de braisicoto ?...

LA RALEUSE. Nettoyée! [Rompant la conversation.) Tiens! miis ditcs-done, les Gérard sont encore plus «n retard que les autres.

»" r delarce. Dame, à passer les nuits comme elles font, c'est assez pnrdonnabfc je pense.

la râleuse. Ça va donc fort, les modes?... Elles sont heu reuses I

n** drlarue. Heureuses!.,.

w n * rondeau. Allons, marne Larue, le fait est qu'i Iles doivent être s leur aise, hein?... Tas un dîner, |i»f une fêt*. pas une fois «u «j-ec'acle ;

depuis que monsieur Gérard est mort, il y a de <;a trois bd*, rien que du noir: et arec ça le meilleur fond du Carré... Excusez! . . Plaignez 'Vous...

ai®’ DELARUE. On sait ce qu'on sait, marne Rondeau.

si®" ronde al. Ah! vous v'Ià encore avec vos mystères... Ce n'e>t pourtant pas des princesses déguisées, voyons!

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