SCÈNE PREMIÈRE
TIMOTHÉE, M- DELARUE. atlmmt it dmter ton déjeuner sur une petite table.
imoTHCf. Aillai, marne Liirur. c'est voire idée,
pai vrai?
■**« delaruf. Quoi T [Elle te verte du café au
Mb)
timothée. Que le méderia espagnol ne soigne pai moniteur Gérard comme il conviendrait? ..
M - * delaruk. Non, moniteur Timothée, non certei Ah! dame! je m’y connais, vojes-rou»;
on n'a pas servi vingt années le célcb e Antoine Dubois et la grande madame lloivin.cn qualité de troisième première garde en titre , Pour en être encore a savoir son fort et son faible, et que votre Espagnol est un philosophe a qui je nccondcrais pu le rhume de mon chien.
timotiiér. Qu'entendez-vous par philo»ophe, marne Laruc? Le fait est qu'il en a un rude, votre chien.
pelaroe. Pauvre Miel e'csl pourtant de me suivre comme ça Ici nuits, à me manger les pasl J'entends par philosophe, monsieur Timothée, un particulier qu'on ne connaît pas ci qui traite ses malades avec dei paroles comme s'ils étaient imaginaires ! Comment, depuis qu'il rient ici, c'est à peine si nous avons pour vingt soui de marchandise ehet le pharmacien?... Ne dirait-on pas une rnvison tombée dans le be<oin?
TiMOTHÉK. C'est vrai que c'est bien petit; mais, marne Larue, tans manquer au respect que je vous doit, it me semble que eeui d'auparavant n’en fai>aicnt.pas beaucoup plus avec toutes leur» bouteilles?
u m * PETARD v. Pardi! s'il* n'y mettaient pas ce qu'il fullail? Car enlin, monsieur Timothée, vous êtes un homme, et dans votre état de marchand d'habits, sans compter les autres, bien entendu, vous avez pu acquérir de l'instruction, ayant pratiqué si longtemps l'alentour des Qualre-Nilions et le quartier latin... Eb bico, qu'est-ce que c’est qu une maladie?
timoihék. Une maladie, marne Larue? ne m'en parlez donc pas; il vaudrait mirui je ne sais quoi! Cela lient de la faillite et du deménogement, c’est une ruine.
pelvrlk. Oui. Mai» d'abord c'est une po-
sitinn qui fuit que le corp* ne le nourrit plu* (l'aliment* ordina re», comme viande et tout ; et de rn*ine que il*»» la nature entière, homme.' ou poDsons, hèle* et notaire*, personne ne vil* il ne s'al meme . ce qui manque du *dt* de. la culaine demande a être remplacé par le* médiramenu ; ou bien votre r-*rps »e q»*nge... ie mange .. et liuit par venir à rien .. C’cal positif.
Timothée. C'est fort, ce que voua dura là, marne Lame'
H** ntukui I)an* le cornin?ncenvenl II allait bien, cei Espagnol : j’étais routent* ; je me dis* if : Voila un homme qui a vu la m.iUdie. Mai» je vou* le demande, depuis trula semaines, qii’o*t-c*tjU d nnu* a mil d«n» le corp* df ce cher roon»teur Gérard T dp l’eau et de in pomme arabique! Y a t-«l du bon relis! Ente* que l'estomac pi*t donc une chose qu oa colle ronM anefiMilla depaprer?
Tiui'Tiir*. Il faut être («aie. marne Lame: il y a au*>i le jus d’une vieille poule mita lea ma* tin* et tous le» noirs. Mai* je ne dit pa«... Enfin voila toujours trois semaine* qu il a trouvé moven d<- nous le ravoir, est homme, quand lea autres s étaient en allés disant que le B»u*re pere ne pa»s*-rait pa» la iniL.. Un a beau faire, c’eat cela de aapoé! \ FopaiU qu'un ne i*»f répvn.lpas.} Était il bon, vo<r« café f
*»• hclsmjr. Le cité rit Comme un lit, monsieur Timothée ; il n’y a de bon que relui qu'en fait soi -même.
tiuoi hkr Ditne! ils août un peu sens dessus dess-u* de ce moment-ci; ai il ne fanl pas leur en vouloir.
ntLaai’u. rssfMal e* qui eteni de fui sev*rir. I eut eu vouloir, bon Die-» I «t de quai donc? de b-ur tourment • t da leur chagrin, mousietir Timothée? Ce que j'en dis, vou# le *a*e* bien c’eil pour I amitié que je leur porte à lOu», comme vous, brave co-ur que vou* êtes. Lue wiere que i'ai garder deux lille* que j'ai mises au moude! lit une vaillante mère, au mutin!
timotuéc. Ah- oui 1
u“-* nn.iRt'E. El deut aimable* filles, je petite! timothùk. Quel amour que la petite Eugénie!
u“» nuuob Et Nathalie donc! pauvre souf- (re-doulrur ! Ma crabite c’e*l de voir manquer l'homme v cell» brave femme et le peie a ces deut jolies filles- Non que madame Gérard reculerait a, la tâche; voilà user longtemps qu elle prouve U contraire; ma» quoi! un homme est un homme. Je ne lui* point rirtae, monsieur JTiinothée. je n’ai que mes sangsues et mes femme» en couche, et, a mua âge, on aime se* .aise*-, pourtant voyez-vou*. j’ianore, quand j'y jvense, de quoi je né me priverai* pa» pour le» faire sans souri dans ente chère maison! Mai* re que j'ai vu o lie nu«t. je l’ai vu, mon pauvre ami ; et il n'y a plu* de ressources.
Tivorrnts Vou» creyet?
y“* ncLvHt'S- Monsieur Gérard est fini... Lorsqu'un malade cherche »•'« mains, voyez- vous, et ■s'il ne *-ut plu* se* pieds, et qu'il épluche ses r*ps, mauvais signe.
Tinoiiiac U# me', vous avez l'habitude. .Mai* quelle terrible maladie! El dire qu'on n’a jamais su au jutie ce que c'était, manie Larur ?
rn m * n ata an a. ilah : des Aues 1 II u'j a pvstrentesiv ruala lies «tans l'homme, monsieur Timothée, il n'y eu a qu'une, seulement il faut Douter I en droit où elle est. voila. Mais qu est-ce qu'il» mus fini, vus médecins? des ordonnance» à b-nf idée, selon comme ils se «ont levé, r^ d'où il» sortent, l'oreille ici et I* cervelle la bas, l ins » asseoir. Montres moi voue langue, donnez-moi voire pouls... et vous en avei pour six francs. Quelle misère!- . . v,
TiuoiHÉ*. Mais enfin, comment ec-t-il venu"
Pas tout seul, assurément ?...
m* s aattaui. Eli! sans doute! (BotUViiffa eow.j Vouks-vuu* que je vous dite, moi?. . la maladie de monsieur Gérard vient d'uoe frayeur qu’il a eue.
tiu-thèh. Lu* frayeur!... un homme qui a été aur mer. marne Larue !
|H ,B»LaHca. Cela ne «eut rien dire, sur mer t je ronaai* des canotier* qui *o«it rudement poules mouillée*, allez! et qui se pftmer.»irnt rtr n que de voir Dur sang Vou* -ouvenri-vous d’il y a trois ans, ver* le mois de mars, comme a présent, quand votre fils Ossian vena liée partir en voyage?
Timothée. Oui, madame Gérard avait repris le commerce de sa mère et je la mettais au courant du marché f
m“* ociaruR. Eh bien, un jour loutfut bouleversé dans la maison.
tihotbék. Attende* donc!...
m*"* pruRnt. Même q«ie Nathalie et mol noua gardions Eugénie, d'un froid quelle avait gagné en reveuhnt du bal à pied.
timothée. J'y suitj ü vint un horamé jaune?
u"* dki-ahi'B. OuL timotmét. Tournure malhonnête?
h” 4 «hlaeux. C'est cela.
tiMnmir. Manières à faire qu'oit tàte *on goos- •et quand le particulier efl »Ofll?„.
m** DKLsatx Vous y été».
TiMninÉx Et Insolent, quej’éVêll envie d’aller chercher la garde?.*.
»*■• tiuiDt. Préeitémeot.
rraoruÉB. Eh bien T
«•» neisgUR. K.h b^i vous nvn qn’ll nous dit son nom, ret homme, à la fin da tout; un rom allemand, turc, je ne sa» quoi, et que monsieur Gérard, l’ayenl entendu, le fit vite entrer dans son bureau. Qu ‘est -ce qu il* *é*unl fa», qu'ral-ct qu'il» *e «Ont «lit une fois lé. ce n’est pa* moi qui pourrai* eu témoigner ; mais comme je i»*saai« contre la porte un moment apré», la voilà qui »’e>l euforo ée a vou* jeter par terre, et je *o«s encore le pauvre monsieur Gé ra»d ouvrir la bouche et le» bras et tomber a I* renverse, sur deux moi» que lui dit rh imme qui »*en allait, dans uo parler que jc.fTal pas compris. Ri* voilà un gueux !...
TVMnTHÉR. Je vou» en réponds Après H», Gérard a connu mule sorte de monde; il avait étrr eu de* tort* avec celui-la dan* les temps l)nns le* fournitures comme il en faisait, on re *eri du lier* et du quart t ce n est pa* des corn iDrfcet bien droi'S.
*■« delà bu B. Tort ou don tort, c’e«i loiijodr» de cette pvur-là que b cher homme en eat arrive où il en est-, cl bien malin qu» l’a vu rira depuis.
Timothée. Mai* aines, perron te», marne Lame, s'il est triste, c'est dnn* IVsprtt, cela ; et qn'est-ce que vou» voulez que les draguai y f«s*ent ?
«*• df.laboe. L»'*«cz-nint dune; une peur, c'e»t voire »ang qui se tourné, pa» vrai? F.h bien, il roui faut un autre sang, quoi !
timotiiéb. Vous avez raison, il faut un autre sang.
M** r tiKMIMiK. El cria ne se fait pa* avec de l'eau de gomme. Médcrin de malheur, va! E*l-il po«»ih!e qu'ils *e soient laqué» de lui comme cela ’ Sait un seulement d’où c'est tombé? [Saut voir le médecin gui «f «ulr^.J Tntrigaut !...