‹ La marchande du temple drame en cinq actesChapitre 9 sur 55 · SCÈNE vin · texte numérisé non relu

SCÈNE vin

LM Mf vi ita, moins RICCQMOHO.

Jf“* Gérard d genoux devant le fauteuil où rst tombé ton mari. Set deux filles, Timothée et H mr Delarue sont groupés autour.)

M" r r.i'RaRp. Mon ami, mon cher Gérard!...

virnwiB. Père!...

ri r.F.MK. Il rs»i«ul !...

M** Gérard. Uonheur! (Au médecin. ) Tl bien! monsieur, vos horribles soupçons? l'en voil justifié. Je le savait bien, moi, sa femme! . iiio» bon, mon noble Gérard.

le méokcin. Chut 2 il remue les lèvres ... il v parler... ^ Bat à J/"* Gérard. ) Eloignez vos fille» madame.

m*** cdüARD. Et pourquoi donc cela, monsieur ? i.r Miinn'is , contrarié. Allons ! qu'il en soit re que la fatalité voudra !.„

GLRAR». Riccomoro!... pauvre Riccomoro!...

Non ! je ne veut pas... Rappelez-Us... Où est-il f . ..

liNoniAr. Disparu comme si l'escalier Crût englouti !

r.ra «np, retenu tuut à fait à lui, regarde longtemjv crut qui l'entourent, puis il embrasse .•■a femme et scs deux filles arec une joie en nvulsire. Vous voila bien tous!... Excepté celui qui était i» mes griruix tout à l'heure... A mes grnoc». luit... 0 docteur Hernandez, vous m’avez rendu la vie pour ce qui vient de se (tasser, et la raison pour ce que je viens d'entendre : priez Dieu et voire S 'icnre de me rendre aussi la parole pour dire ici la ffrilé. ( Demi-défai'lance.)

M*** c.limrd, alarmée. Mon ami !...

lk MÉltas. Monsieur Gérard!...

girard. Ce n’esl rien, c'est la tête... qui s'embrouille. Ma femme... mes enfants... et toi, moii bon Timothée, écoutcz-moi bien... Je va»» mourir... et au moment de la mort, chacun doit su faire voir aux autres tel qu'il est et tel qu'il fut... Ce n’est plus l'heure de mentir, en effet! Si vous »jv ifz combien s'en vont, pourtant, qui emportent avec eu» le secret d'un pa*»é plein de honte, en escroquant les larmes de leurs prorlies et les éloges funèbres de leurs amis t Je ne ferai point ainsi, moi ; ce serait trop... Ma lemnie, mes tilles, celui qui vous parle en ce moment a peut-être droit à votre commisération eta vos prières... mais détournez de lui votre respect. . et votre amour! m"* girard. Mon Dieu !

naiuu.il. Taii-loi, père, je l’en prie!

Gérard. Ne repoussez pas ma confession, je vous en conjure. Il y a vingt-deux ans... tu t'en souviens. Timothée, je parti» pour la frontière hù m’appelait mon associé, monsieur Raymond.

J'aiais à lui rendre eompte de cent mille francs perdus par moi dans une folie Je n’osai pas lui dire que j'avais perdu cent mille francs... il était plus jeune que moi, et il avait été commis de mon père. Je me croyais certain d'ailleurs de Ica remplacer bientôt : on se dit toujours de ces chose* stupides... Je suis entré dans le comptoir en l'absence de l'employé, entends-tu cels. Timothée? et j’ai fait une fausse écriture... L'employé était l’homme qui s'est mis tout a l'heure a mes genoux, infâme et malheureux que je suis I

m®* GÉRARD. Mais c’est impossible, Gérard! Ta rniion est égarée. Ne le croyez pas, me» enfants !

Gérard. C'est le remords qui vou» parle .

croyez-le... Je le veust... Neuf ou dix ans après, •ecusé pour d’autres choses, Riccomoro fut aurai accusé de celle-ci. J'avais autour de moi le rempart de votre noble vie et le nr>m saeré de mon père... on ne m'a pas même soupçonné, et j'ai laissé condamner quelqu'un à ma place... LAcbe ! lâche: ..

m"* Gérard Mon Dieu! ne me rendez pas folle ! Qu'est-ce que cet homme est venu faire ici, alors?

Gérard. Un mensonge héroïque, ordonné par Raymond. Vous le chercherez et vous le trouverez un jour, ce Raymond, qui a tout su et qui n'a pas voulu que vous fussiez flétries dans ma personne! Qui ssii?... il viendra peut-être a vous, celui par qui fUecomorO s'esl décidé a prendre une seconde foi» pour lui l'opprobre, et a me demander pardon de mon crime, a moi !... Sachez bien, si vous avez jamais celte faveur suprême, que rien ici n'est à vous... que tout est i lui. Reeevez-le comme un maître, je n’o«e plu* dire comme uo père, 6 mes enfant.*! Hélas! jetais bien ce qu'il m'a dit autrefois... Mais à présent il ne voudrait plus de la famille d'un faussaire, vous comprend» bien!

Pourtant, si ce modèle de bonté oubliait mon i-m-rjtion un jour devant te* vertu*, à loi.

' devant leurs grâces, à elles... rachète ma mémoire,

LA ftUUCHANDK DU TEMPLE

c tends-tu 1 sj ii vc mon âme, en iui offrant à genoux celui «Je test deux anges 'qu'il te ferait ih'inneur de choisir. Lu femme de cct homme-là pourra être Gère entre toutes les femmes, je vous en répond*!. . Me promets-tu?... Me promettezvous ?

M® e r.KR tRn. Je te le jure I Nathalie. Jamais à un autre que lui, mon père !

t en i'. vit. Mon pèret . mon bon père! ne t'en vas pas!... *

Gérard. Kl ü présent, si je vous fais compassion, embrasses-moi... entourez-moi... eouvrezinoi de vos trois innocences !... Car monsoullla me quitte... et., mes yrui.. ne voient plus... Adieu! adieu... Ayez pitié de moi. Seigneur!...

le médecin. Mourez en pais, monsieur, car vous aies souffert et vous êtes pardonné. <11 Montre ta lettre de Raymond.)

Page 1