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que nos machines puissent être remises en route, que nous puissions recommencer à travailler et que, par suite, nous ne soyons plus à la merci du vainqueur, que nous ne soyons plus soumis à ses ordres, mais libres au contraire, pour transformer nos rapports sociaux selon nos besoins, selon notre volonté, . | La paix et le travail sont les conditions extérieures de notre tâche. Mais sa condition intérieure, c est que le peuple, les larges masses du peuple qui travaille, à la ville et à la campagne, veuillent la transformation sociale. Quelques-uns, il est vrai, croient qu'il suffit que quelques milliers d'hommes de cœur et d'action s'emparent des pouvoirs publics par un COUP de main, puis déecrètent la socialisation aux larges masses du peuple. Mais c’est là une erreur. En effet,
comment une petite minorité, si elle forçait, par Le
des moyens terroristes, les larges masses populaires
à se soumettre à sa volonté, pourrait-elle administrer
le grand appareil de production de la société ? Assurément, elle aussi, par une terreur impitoyable, pourrait exproprier la classe des capitalistes, elle aussi, d’un centre révolutionnaire quelconque, pourrait régner sur l'appareil de production. Mais ce serait là un socialisme bureaucratique, et non un socialisme démocratique; car les centres révolutionnaires ne pourraient pas gouverner les fabriques, les
mines et les domaines autrement que par une bureau-
cratie instituée par eux et dont leur armée ferait
exécuter les ordres par la force. Or, nous ne voulons
pas d'un socialisme bureaucratique, qui signifierait la
domination de l’ensemble du peuple par une petite minorité. Nous voulons le socialisme démocratique, LEA c'est-à-dire l'administration économique du peuple tout entier par lui-même, Le peuple doit administrer +?
lui-même sa vie économique par tout’un système
d'organisations démocratiques que nous avons dé +
erites dans les chapitres précédents. Les comités d'ouvriers dans les différentes exploitations, les comités
de locataires dans les maisons à loyer, les syndicats, E£. les associations de consommateurs et les syndicat: : - E-
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‘asricoles, les communes urbaines et rurales, les conseils d'administration des différentes branches d’industrie et les conseils de surveillance des divers
domaines, les autorités agricoles de département et leur conseil adjoint, les conseils provinciaux d’agriculture et le conseil national d'agriculture, le conseil d'administration de la Banque nationale centrale et
finalement l’Assemblée nationale avec le gouver-
nément formé dans son sein, voilà les organisations les plus importantes qui prendront la place des capi-
talistes. administreront les instruments de produc-
tion, dirigeront le travail, régleront la vie €cono-
-mique. Mais un pareil système d'administration éCO- nomique du peuple par lui-même suppose la parti- - cipation active, la coopération joyeuse des larges
masses, Il ne peut pas être imposé au peuple par une petite minorité, il ne peut procéder que de la volonté
même des masses des travailleurs. Aussi, la première
condition du socialisme est-elle que les larges masses, la majorité du peuple soit remplie de la conviction
— socialiste, animée de la volonté du socialisme.
Mais il y a encore une autre condition du socialis-
- me: c’est que l'Etat soit capable par sa nature d’aceomplir la révolution sociale. Nous devons avoir tout
particulièrement attention à cette condition en Autri-
che allemande, Car nous sommes encore devant cette
grande question : notre Autriche allemande devien-
__ dra-f-elle partie constituante de la grande République allemande ou se réunira-t-elle avec les Tchèques, les = Yougo-Slaves, les Hongrois, les Polonais et les Rou-
mains pour former une Confédération d'Etats, une
« Fédération danubienne » ? L'avenir de notre constitution sociale dépend d'abord de la décision. Représentons-nous donc cette Fédération des peuples du Danube, Qui, à l’intérieur de cette Fédération, accomplirait le socialisme ? Est-ce le gouvernement de l'Autriche allemande ? Mais on ne peut guère imaginer que, dans une seule et même Fédération, dans un seul et même territoire économique; une Autriche allemande socialiste puisse être unie
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avec des voisins Capitalistes. Ou bien la Fédération toute entière entrera-t-elle de concert dans I4 voie + du socialisme ? Le gouvernement fédéral, issu de tant . de nations, exécutera-t-il la socialisation ? La socialisation suppose avant tout un gouvernement fort, unitaire, capable d'action, qui brise la résistance des capitalistes et des propriétaires fonciers et puisse édifier l'organisation socialiste avec unité. vigueur et décision, Le pouvoir fédéral d'une Fédération aussi lâche ne pourrait jamais accomplir cette. énorme tâche. Notre incorporation à une Fédération du Danube nous obstrueraiïit pour longtemps la voie du socialisme. | Nos chances sont toutes autres, si l'Autriche aîllemande devient membre de la grande République allemande. La grande République allemande ne sera pas une Confédération d'Etats mal jointe, Mais un Etat fédératif à fermes attaches, avec un fort gou- vernement unitaire et un parlement législatif commun ; on trouvera là le pouvoir publie fort qui seul pourra vaincre les résistances des classes dominantes, instituer la nouvelle organisation socialiste. Et le nombre, la maturité d’esprit, la résolution révolutionnaire des travailleurs allemands nous sont caution que ce pouvoir public sera animé de la volonté du socialisme. Aïnsi le rattachement à l’Allemagne nous ouvre la voie du socialisme. Il est la première condition de réalisation du socialisme, Il s'ensuit que la lutte pour le socialisme dans ce pays doit être d'abord conduite sous la forme d'une lutte pour le. rattachement à l’Allemagne. | Nous avons donc montré comment nous pouvons, comment nous voulons venir au socialisme. Maïs, à. vrai dire, la marche au socialisme que nous avons . décrite, n’est pas la seule soncevable. On peut aller aussi au socialisme par d’autres voies. Si notre peuple ne saisit pas les nécessités de l'heure, si les classes possédantes s'opposent au nécessaire ef à l’inévitable, si les masses des travailleurs, égarées. et trompées ne reconnaissent pas leur intérêt véri-
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table et ne savent pas se servir des pouvoirs poli- + tiques que la République démocratique leur a donnés, Ë RE - alors, en vérité, le socialisme viendra d’une autre 2 + manière: il ne sera plus le résultat méthodique d'un + travail constructif, il sera la suite d'une tempête ter- | + rible qui d'abord détruira tout, anéantira tout pour } élever ensuite un nouveau monde sur les ruines de = + lancien. : É : Si le socialisme vient par cette vole, nous pour- | 7? rions tous l'acheter terriblement cher, l'acheter par + des années de guerre civile, par une destruction + énorme de nos moyens de production, lacheter par beaucoup d'années de misère accrue, par une détresse = encore plus effroyabale que celle où la guerre nous a Ç + jetés. Le socialisme est devenu une nécessité histo- | À rique; il doit venir de toute manière; la seule ques- D tion est de savoir par quelle voie. Travaillons tous à + ce qu'il vienne, non comme le résultat de catas- + trophes dévastatrices, mais comme le fruit dun tra-
- vail qui à conscience de son but. |
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