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naturellement possible que dans une guerre civile sanglante, et il va de 501 que la guérre civile détruirait une quantité énorme de moyens de production, de machines, de matériel de chemins - fer, el£. Notre appareil de produetion déjà si terriblement rétréci en deviendrait encore plus misérable. Les capitalistes de létranger nous refuseraient les matières. premières dont nous avons besoin, et le crédit indispensable pour nous les procurer ; l'Amérique et l'Entente maintiendraïient le. blocus ; nos poses devralent s'arrêter pour longtemps, faute de matières premières: La plupart des directeurs, des ingénieurs, des chimistes, des administrateurs, des techniciens, des. employés du-commerce et de l'industrie de toute: espèce qui seuls ont pu acquérir dans la société capitaliste les connaissances nécessaires pour la direction des grandes entreprises, tous ces gens nous refuse-. raient leur collaboration : les ouvriers tout seuls seraient-ils capables de dénicher les matières premières et d'organiser le travail compliqué de Ia grande industrie moderne, où chaque ouvrier n'accomplit
qu'une fraction du travail, et ne connaît par suite ,
qu'une petite section ? Et même, empoignés par les
passions de la guerre civile, les ouvriers n'auraient -
ni les nerfs, ni l'esprit au travail: l'intensité de
l'effort baisserait terriblement. Et le résultat de tous. -
ces phénomènes, ce serait une production de mar-. chandises encore plus faible qu'aujourd'hui. Sans. doute la répartition en serait plus juste : mais Ie travailleur, individuellement, n’en recevrait pour cela: rien de plus qu'aujourd'hui, et même vraisemblablement beaucoup moins, justement parce que la preduction étant moindre, il y aurait aussi moins à répartir. Le peuple, qui pourtant espère du.socia-
lisMe une amélioration de sa situation, serait terri- =
blement désillusionné, et cette désillusion lé pousse-
rait dans les bras de la contre-révolution capitaliste.
Ainsi, ce n’est pas de cette manière que nous pouvOons venir au socialisme. Nous devons prendre un …
LA [E AU SOCIATISME
tout autre chemin, C’est par un travail méthodique, allant au but d'un jalon à un autre, que nous devons édifier peu à peu la société socialiste. Chacune des mecures successives nous conduisant à la société SoC1aliste doit être mûrement pesée : elle ne doit pas seulement organiser de façon. plus juste la répartition des marchandises, elle doit aussi en perfectionner la production ; elle n'a pas le droit de détruire lorsanisation capitaliste de la production, si elle winstifue pas en même temps une organisation socialiste qui permette une production au moins aussi parfaite. La révolution politique a été l'œuvre de Ia violence : la révolution sociale ne peut être que l'ouvrage d'un {ravail constructif et organisateur. La révolution politique a été l'affaire de quelques heures ; Ia révoiution sociale devra être le résultat du travail hardi, mais aussi réfléchi de beaucoup d’années. Cette Conception n'a rien à faire avec les illusions des révisionnistes à esprit étroit, ow des réformistes d'hier et d'avant-hier. Ils ont cru que la société pouvait «évoluer» pacifiquement dans le sens socialiste sans qu'il y ait besoin pour cela de révolution violente. Franchement, c'était une erreur. Car la révolution sociale suppose la conquête du pouvoir politique par le prolétariat : et le prolétariat n’a pu et ne peut absolument conquérir-le pouvoir coercitif de l'Etat que par des moyens révolutionnaires. Mais aussitôt le pouvoir conquis, le prolétariat a devant lui des devoirs tout nouveaux, qui ne peuvent plus être remplis par leg moyens appropriés à la révolution politique. Car la révolution politique ne peut guère, comme Marx l'a dif, que «libérer les éléments de la société future » : construire, avec Ces éléments, la société nouvelle, c’est une tâche qui ne peut s’accomplir ni dans les combats de rue, ni dans la guerre civile, mais seulemént dans. un travail créateur de législation et d'administration.
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