‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 62 sur 91 · LE SALON DE M""" DE LAMBERT. 18S · texte numérisé non relu

LE SALON DE M""" DE LAMBERT. 18S

grand débat entre les deux régiments, M. de la Meilleraie, en tète du régiment des Gardes, et M. de Gassion en téle du régiment de Navarre. Les deux régiments surexcités prirent les armes, et ils étaient au moment de croiser le fer, quand le marquis de Lambert, simple maréchal de camp, se jetant entre deux, ordonna, d'une voix retentissante, aux deux troupes de poser leurs armes et leur défendit, au nom du roi, d'obéir au commandement des deiuc maréchaux , leurs anciens colonels. La parole de M. de Lambert imposa, suspendit le conflit, reçut Tapprobalion du duc d'Orléans, et la question de prérogative, examinée à froid, fut décidée en faveur du régiment des Gardes.

Le mari de M*"* de Lambert s était montré digne d'un tel père ; il avait fait , avec le maréchal de Viliars les dernières campagnes du grand Gondé, et les premières du maréchal de Luxembourg. Delà, les relations des Viliars avecM""^ de Lambert, demeurée veuve en i686« Enfin le fils de la marquise elle-même, né en 1677, avait servi sous Viliars, était devenu lieutenant général en 1720, et avait joué un certain rôle pendant la Régence. Quant à la fille de de

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Lambert, celle à qui est adressé un ravissant ouvrage de sa mère, elle avait épousé M. de Saint-Aulaire, brave officier, tué sur un champ de bataille d'Âlsace, en 1709* et fils de laimable et anacréontique vieillard, le berger de la duchçsse du Maine, membre de l'Académie française , auteur* d*un impromptu de quatre vers, connu de tout le monde, et qui Ta conduit à la postérité. Il est mort centenaire en 1 7 & s .

M*"* de Lambert, femme dun rare esprit et d*ttne exquise délicatesse, avait réuni dans son hôtel, <^1onl nous ayons déjà parlé, la société la plus choisie de Paris; elle était la bru de l'ami de Chapelle, le célèbre Bachaumont, qui avait pris plaisir i cultiver et former son esprit; et, sa fortune aidant, elle ouvrit aux lettres une sorte de noble sanctuaire, dont faccès était très ambitionné. Deux jours de ja semaine, le mardi surtout, elle rassemblait autour de son foyer une élite d'illustrations dans tous les genres. Les savants et les lettrés en faisaient le fonds principal. On dînait chez elle à midi, et le reste de la journée se passait en entretiens, en lectures, en discussions scientifiques ou littéraires. Point de tables de jeu; c était en esprU

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