LE SALOU DE M*"^ DE LAMBERT
Mongauit, traducteur encore estimé de la correspondance de Cicéron; le spirituel abbé de Bragelonne, homme du monde qui, par son goi^t difficile , s*était acquis une autorité redoutée ^ M. de Sacy, éléganl et correct traducteur de Pline le Jeune; voilà les principaux assidus des Mardis de M"* de Lambert, les membres fondateurs de la réunion, auxquels, de loin, s'associait Fénelon, que les ouvrages de M"** de Lambert sur Téducation avaient profondément touché; sans parler de quelques hommes de lettres, alors en crédit, tels que Tabbé Trublet, Terrasson, les Boivin, Fraguier, qui rayonnaient autour des premiers et qui menaient avec eux le monde lettré au commencement du xv!!!*" siècle. Le jeune Arouet n y futjamais attiré; il gravitait dans des orbites différentes, à Vaux, à Sully, à Sceaux, à Maisons.
Parmi les femmes qui entouraient M*"' de Lambert, on remarqua successivement M" de Launay, à Tesprit vif, pénétrant, aimable, autant que juste; élevée au premier rang de Tintelligence par son propre et seul effort, et arrivée à la considération par ses qualités de cœur, de droiture et d'élévation morale; M"^ de Fon*