‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 73 sur 91 · LB JEUNE BOI LOUIS XY · texte numérisé non relu

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à Versailles, toute la cour recouvra les logements quelle avait au château, excepté le maréchal, qui ne fut pas rétabli dans la jouissance de Tappartement dont lavait gratifié Louis XIV.

Si, dans les conseils, Villars opinait pour les grandes résolutions, le Uégent lui disait ironiquement : «Vous allex toujours au grand, u Monsieur le marécbai ; » à quoi ce dernier repli* quait : « Mes premières vues vont, en effet, Mon- «seigneur, toujours au grand : je ne reviens au « médiocre que lorsque le grand est impossible. » A croire les Mémoires de Buvat, l'ordre d arrêter le maréchal avait été donné , à l'époque de la conspiration de Geilamare, et le bruit qui en courut valut une ovation à Villars, quand il parut à cheval sur le boulevard; et cependant, si un conseil de guerre était convoqué, le Prince ne souffrait pas que le maréchal se déplaçât pour venir le présider, et le Régent se rendait en personne rue de Grenelle, chez le maréchal, pour y assister.

A cette courtoisie épigrammatîque, on répondait, dans le camp opposé , par des manifestations significatives. Ainsi, le jeune roi ayant été malade, la gravité du mal fut exagérée, et

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l'on se livra, pour célébrer le retour à la santé, à des réjoui^ances dont le capactère ne trompait personne. Le maréchal de Villeroy donna une grande fête, et c était son rôle. Mais on fat surpris de voir la maréchale de Villars illuminer son hôtel et y inviter le Régent. Ce Prince, dont la loyauté envers le jeune roi était inattaquable, voyait son pouvoir ébranlé par ces ironiques démonstrations. Il n'aimait pas les violences, et ses adversaires en abusaient. Le parti de Louis XIV était encore en force dans les rangs élevés. Le Régent craignit même, à certain momeiil, un enlèvement du jeune roi, et il vint de sa personne coucher aux Tuileries. Pour obtenir la cassation du testament du feu roi , le duc d'Orléans avait promis le rétablissement du parlement dans ses anciennes prérogatives, qui avaient amené les troubles de la Fronde, et cette concession créa de réels embarras dont le Régent fut le premier à souffrir. Aussi revintil au vieil expédient de la royauté, de transporter à nouveau le siège du Gouvernement à Versailles, malgré les cris des Parisiens, et en dépit de lopposition du Parlement renforcé des ducs et pairs, dont Paris était comme le camp

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