‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 79 sur 91 · LA DAME DU PALAIS · texte numérisé non relu

LA DAME DU PALAIS

Au demeurant, personne n'a inieiu su ^e la maréchale de Villars approcher du feu sans sy brûler. Il est à croire quelle n*était entrée dans la composition de la maison de la reine qu'avec larrière-pensée de céder à sa belie-fille une place dont son âge et ses habitudes Téloigoaient elle-même. Conservant sa considération . au milieu du monde de M'^ de Prie, elle s*en tira fort à propos, peu de temps après, non sams péril de perdre Taffection de la reine, circonve* nue par la favorite, et se substitua sa bru, qui, dans une position nouvelle, conquit la confiance de Marie Leczinska, et partagea Tintime amitié de la souveraine avec la respectable duchesse de Luynes. Cette jeune duchesse de Villars, qui est souvent confondue, par inattention, avec la maréchale elle-même, a son histoire à part dans le ^viii" siècle. Ëlle sagita beaucoup dans les affaires de religion, à l'égard du Parlement, ce qui lui valut des traits mordants de d'Ârgenson. Le maréchal avait été, au contraire, très prononcé pour le cardinal de Noailies et les Jansénistes. La jeune duchesse tint une académie de

r Matignon , soupçonnées de qudques galanteries moins

« hardies ci moins connues. »

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beaux esprits , dont on paria beaucoup , et le duc d*0iiéaii8 le génovéfriii t'éfirit pieusmeat pour

elle d'une assez vive passion.

«La dochesee de VîUers, dil d'Argenson, en-

« ciennc coquette aujourd'hui bigote des jésuites, «a été chei le premier président, et lui a dit que, «puisque le Parlement se mèiait à présent du « spirituel , et décrétait M. Tarchevéque de Paris, «elle venait lui demander permission de manger « des œub pendant le carême. Ce magistrat lui a «répondu qu'il en parlerait à sa compagnie, oii il « avait, en efifeC, quelque crédit, et qu'il en avait «aussi, àrHôtel-Dieu et aux Petites-Maisons , oîi « Ton vendait des ceufs ^. »

A cette reprise de puissance, la maréchale gagna peut-être quelques hommages réchauffés, elle y gagna aussi d'être troublée dans son repos. On remarqua certain redoublement d'assiduité auprès d'elle, de la part du duc de la Feuillade, aspirant au bftton de maréchal, qu'il obtint en effet. Il était aussi dans la familiarité de M. le

' Ces établissements avaient privilège pour vendre des oeufs aux malades pendant la semaine sainte, et c était on de leurs revenus. Voy. d'Argenson, t IV, p. 300, et

alibi, JaneL

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Duc, et il courut une chanson de bien mauvais goût, où cette double iatiimté entre Thote) de

Mon pauvre la Feuiliade, Crois-moi, quittons Foeillade, Car tu deviens trop làde £a recelant la lot £t du borgne et de mot

Mais il est facile de voir, en lisant quei<^ue3 pages que le maréchal a consacrées à la mémoire delà Feuiliade, mort en lytiS môme, que ce pauvre Céladon n'a jamais inspiré de crainte & Tombrageux Villars ^

Pendant son exercice, la maréchale fut lé> moin dune aventure assez piquante, à f une des couches de la reine. On désirait que le nouveauné pût être un duc d'Anjou. Les douleurs de i*enfantement commencèrent à six heures du soir. Tout annonçant que ie travail serait long, le roi voulut offrir k souper k fassistance. Des tables furent aussitôt dressées dans i'antichamLre royale, et ie roi y prit place , retenant k sa droite

* ^ Voy. Viilars, Jounml, p. i5S, et Marais, t IIU

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