‹ La maréchalerie; ou, Ferrure des animaux domestiquesChapitre 21 sur 58 · FERRURE DE L'ANE ET DU MULET · texte numérisé non relu

FERRURE DE L'ANE ET DU MULET

La raison alléguée par les antenrs qnî oàt vouln donner

la théorie de cette pratique traditionnelle est que le sabot, chez les animaux dont il s'agit, étant plus petit que celui dn. chevaly par rapport à la taSUe, il j avait lieu d'élargir la surface d'appui.

Le fait fût-il exacte il serait permis de se souvenir, en cette ocoasion, qn'en anonn cas la ferrure ne peut avoir d'ftatre but ntQe que de conserver an sabot ses conditions et ses proportions naturelles. Chercher à corriger la nature normale est toujours une sotte entreprise, sur les inconvénients de laquelle nous avons déjà beaucoup insisté.

Mais à considérer les choses attentivement, il n'est pas difficile de se convaincre qu'en sa forme spéciale et relativement au volume du membte, la surface plantaire du sabot, chez l'âne et chez le ïnulet, lorsqu'elle n'a pas été altérée par la ferrure routinière , présente une étendue proportionnellement égale à celle du sabot du chevaL

Il n'y a donc même pas, de ce chef, une apparence de motif pour justifier la pratique. usuelle, et Ton serait forcé de conclure à priori qu'elle ne peut avoir que des inconvénients, si d'ailleurs l'expérience ne prouvait en surabondance que les animaux ainsi ferrés en éprouvent une gêne considérable dans leurs allures, sans que la solidité et la sûreté de leur appui en soient affermies, bien au contraire. Le moins que Tanimal en puisse subir, c'est une surcharge inutile, dont la quotité peut être facilement appréciée, en se reportant au calcul que nous avons consigné dans un chapitre précédent.

Le fer, pour fournir cette garniture excessive dans tous les points de sa drconf érence , est très couvert et âîainpé

partout très à gras, suivant le terme du métier. Ses branches, terminées presque en pointes, portent en éponges des crampons plus ou moins hauts. Il a des mamelles saillantes^ presque à angle droite et Tajusture le relève en pince et en

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talons, de manière' à oe qne la brandie soit incurvée dans

le sens de sa lougueui'. C'est ce qu'on appelle Vajusture en bateau. * ^

Si Ton s^est bien pénétré de oe qne nous avons dit an chapitre de la physiologie du pied, notamment, toute nouvelle critique d^une telle disposition de Tajusture serait superflue. Il n'y a aucune raison pour que le pied de l'âne et celui du mulet ne doivent pas appuyer à plat, par tous les pointe du contour phntaire à la fois^ à la façon de celui du cheval. La méconnaissance générale de cette condition essentielle d'un appui régulier est un des vices les plus graves de la ferrnse osuelle de ces animaux, dont aucun détail, du reste, ne saurait être défendu par un homme éclairé.

jEln résumé, ils sont l'un et l'autre remarquables surtout par la solidité naturelle de leur pied. On sait que dans les chemins les plus escarpés et les plus difficiles, ils ne bronchent presque jamais, même avec la ferrure si peu oonvenable qu'ils ont à subir. A plus forte raison brillent-ils par ces quaUtés lorsque le maréchal, bornant son intervention à la nécessité qui la justifie, se préoccupe seulement de préserver le bord plantaire de là paroi contre rusure eza^ gérée.

C'est dans côtte limite qu'elle doit être maintenue ici, comme pour le cheval. Par conséquent, la ferrure de Fftne

et du mulet doit être pratiquée exactement d'après les mêmes principes. Le fer, forgé, étampé et ajusté de la même manière, doit affleurer partout le bord plantaire de la paroi, c'est-à-dire sui\Te en tout point la tournure du sabot, et rien de plus. U n'7 a, ni pour parer le'pied, ni pour préparer et pour appliquer le fer, aucun précepte spécial à formuler.

Les mulete se trouveront bien de l'adoption de cette ligne de conduite par les maréchaux. H est à souhaiter pour eux que la plupart de ceux-ci en puissent être enfin convaincus.

FERRUBE DU BŒUF.

Mais on a tonfc lieu de eraindre que malheureiuieinent ce ne

soit pas de si tôt. Les préjuges traditionnels ont la vie dore, et d'aUleors, dans Tétat des choses, à combien pea est-il permis de se flatter de faire parvenir même la connaissance de la vérité? Les ouraera marécliaux, en France, sentent si peu la nécessité de se perfectionner dans leur art par la lecture !

CHAriTRE XII.

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