‹ La Maremme toscane; souvenirs de voyageChapitre 34 sur 35 · BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

Las Misérables, par M. Victor Hugo. JP et III' parties, 4 toi. in-8°; Pagnerre.

Nous retrouvons dans les nouveaux volumes des Misérables l'énergique volonté de l'écrivain «'appliquant à multiplier les contrastes et à répandre sur les plus sombres aspects de la société moderne une sorte d'éclat pittoresque. Le livre marche avec une allure do plus en plus violente, appelant en quelque sorte avec un redoublement de force impérieuse les objections et les éloge*. Nous l'avouons toutefois, au milieu de ces paires ou se pressent les effets les plus variés, où le mélodrame même apparaît quelquefois avec ses sanglots et ses frissons , ce qui nous touche le plus, c'e t la faculté que garde l'auteur de revenir aux régions sereines, c'est l'empreinte des souvenirs d'enfance restée avec toute sa fraîcheur dans quelques pages du 2* volume de Cosette. Des tableaux comme ceux du courent de Picpus et de l'éveché de D... montrent le poète Hdélc à sa vocation et sachant entrevoir le ciel au milieu même des plus sombres détours de l'enfer social qu'il s'est plu à créer. C'est ce que montrera, nous l'espérons, l'œuvre entière.

Ces PAtvr.es Fémurs! par M. Max Valrey. 1 vol. in-18; Michel Lévy.

Une étude sympathique et pénétrante de la condition des femmes dans la société moderne recommande les récits qui composent ce volume. Un de ces récits est connu de nos lecteurs : c'est l'histoire à' Hermine, de cette jeune àme bretonne s'épanouissant trop vite au milieu d'une atmosphère hostile et trop vite aussi frappée par l'inexorable sévérité de l'austère famille où elle a grandi. L'autre histoire serre de plus près les réalités de la vie parisienne. 11 y a là pourtant une trop grande part faite à l'exagération , et qui se trahit par le titre même du volume.

Les Phesomexes de la Mer, par M. Élic M&r-

gollé, 1 vol. in-32; Dubuisson.

Le sentiment profond d'une constante harmonie entre le développement du monde moral et le développement du monde physique fait surtout la valeur et l'attrait de ce petit volume. Anrien officier de marine, l'auteur décrit dans une langue vivante et poétique les merveilleuses transformations qui s'accomplissent dans les profondeurs de l'océan. Après avoir exposé les théories du commandant Maury, l'illustre observateur américain, M. Margollé raconte, dans un chapitre qui est a lui seul tout un drame, les voyages d'exploration du docteur Kane et de Franklin à la recherche do la mer libre, qui, de l'avis de plusieurs savans, existerait au-delà des glaces de l'Océan arctique. Les gens du monde liront avec intérêt et profit un livre dans lequel un ardent enthousiasme pour la grande cause du progrès et une remarquable élévation de pensées s'allient à la rigueur des appréciations scienti-

niSTOTUQl'ES ET MRI.EMF.NTAini'.S DO

comte dk PoNTKCocLAjrr, 2 vol. in-8*; Michel Lévy.

Il n'a encore paru que deux volumes de cette publication, qui doit en avoir trois. Le moment n'est donc pas encore venu de donner une appréciation d'une œuvre qui apporte des élémens nouveaux à cetie immena» toile do Péuélope qu'on appelle l'histoire de la révolution française. Le comte de Poritécoulant s'est trouvé mêlé aux choses, aux événemens et aux hommes de cette époque, et c'est une raison suffisante pour qu'il ait le droit de donner son opinion sur la société ancienne et sur la société nouvelle, car il participe des deux. Malheureusement ce ue sont pas dus mémoires personnels

que l'on pubjie, mais simplement un travail fait sur les souvenirs qu'a laissés M. de Pontécoulant. Le caractère individuel est donc à peu près absent. Ce travail n'en est pas moins intéressant, car il se rapporte à la période la plus importante de notre histoire. Les volumes parut nous conduisent Jusqu'à la lin du dircctoiie.

Antjqiitr des races nrMAixES, par M. G. Rodier, 1 vol. grand in-8»; Amyot.

Autant qu'on peut juger d'un travail de cette importance par une première lecture, l'ouvrage de M. G. Roclier parait destiné à soulever de grandes controverses dans le monde des savans et des érudits. Aussi bien que les égyptologues et les indianistes, les astronomes et les géologues voudront sans doute se prononcer sur la valeur d'un livre oit il ne s'agit de rien moins que de la reconstitution de la chronologie et dé l'histoire des peuples primitifs par l'examen des documens originaux et de l'astronomie. L'auteur a grandement élargi le cadre adopté par la science officielle , et ses investigations portent l'ordre et la lumière Jusque dans des époques considérées trop légèrement peut-être comme fabuleuses. Sans se prononcer encore sur le fond même de la question, ce qui ne peut avoir lieu qu'après un plus ample examen , on doit du moins reconnaître la vaste érudition de l'auteur, la remarquable sagacité qu'il montre dans le dépouillement des pièces de cette immense enquête et la méthode vraiment scientifique avec laquelle il a reconstruit toute une portion de l'histoire de l'h umanité dont le souvenir méms semblait disparu pour toujours.

Conservation des crains par l'exsîlaob, par M. L. Doyèrc, i vol. grand in-8»; Guillaumin. II n'y a pas pour l'existence matérielle de l'humanité de question p'us vitale que celle qui est traitée dans le livre de M. Doyère. On a dit que partout où une tige de blé sortait du sillou, un homme naissait, à cftté. Cela est vrai, m iis on aurait pu ajouter que cette existence nouvelle ne pouvait «l tirer qu'en raison de la conservation possible du fruit de l'épi. On s'explique fort bien dès lors l'intérêt attaché à une semblable question, et l'on ne peut s'étonner des recherches dont elle a été l'objet. La prospérité de notre agriculture se trouve directement engagée dans une bonne solution. «t Un procédé d'ensilage économique et certain dans ses effets serait la fondation du crédit agricole. » Ces paroles sont d'un maître en économie sociale, M. Michel Chevalier. L'ouvrage de M. Doyère est un traité complet sur la matière; il ne peut qu'être accueilli avec faveur par tous ceux qui s'intéressent aux questions d'utilité générale.

Arncaire des Artistes et des Amateurs, publié par M. Paul Lacroix, 1 vol. iu-8°; M'"* veuve Jules Renouard.

Cette publication , fort bien accueillie de la portion du public à laquelle elle s'adresse, contient tous les renscignemens officiels qu'il importe aux artistes de connaître. En dehors de cette partie essentiel le, V Annuaire de 1802 offre au lecteur un choix varié d'articles qui en font presque uue œuvre littéraire. Après un tableau de l'art et des artistes en 1801, par M. Victor Fournel, nous voyons une notice sur les cabinets d'amateurs, par M. Paul Lacroix, une étude sur le portrait dans l'antiquité, un travail de M. Horace Vcrnet sur le droit des peintres et des sculpteurs sur leurs ouvrages. Nous citerons encore un curieux fragment inédit d'Eugène Sue, écrit en 1833, et qui a bien l'empreinte de l'époque. Ces pages ont pour titre : fh la Physiologie philosophique appliquée aux arts d'imitation.

Parait le l* r et le 15 de chaque mois, par livraisons de 956 pages grand in-8», et forme tous les deux mois un vol. de 1,000 pages : six vol. par an, outre l'ANNUAlRE.

PRIX DB L'ÂEQHNEMBNT, âVRC l'APUAlRS HI3T0RIQU8

Paris

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Un an, 50 fr - Six

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Al Bl/UKAU DK LA REVfK DES DKL'X MONDES.

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