Cf. notes aux vers II i-i
405 Sa grâce, sa beauté, sa parole & son port, Rauissoient les esprits dés le premier abord. Il estoit de mon poil, il auoit mon visage, Il estoit ma peinture, ou i'estois son image. Puis les Cieux en son ame auoient mis des thresors
410 Qui respondoient encore à ceux d'vn si beau corps, Et leurs grâces sur luy sembloient estre tombées Pour releuer l'honneur des braues Macabées. Celuy qui vers le Nil emporta les pourtraits Confessoit tout rauy de ses charmans attraits,
415 Que dans la Palestine on eleuoit vn homme
Qui valoit bien les Dieux qu'on adoroit à Rome. Le peuple que sa veuë au Temple rauissoit. Admirant ses apas tout haut le benissoit. Et ce Tyran cruel en conceut tant d'enuie
420 Qu'il fit soudain trancher le beau fil de sa vie ; , Ce clair Soleil leuant adoré de la Cour ' i Se plongea dans les eaux comme l'Astre du iour,