‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 82 sur 112 · SCENE QVATRIESME · texte numérisé non relu

SCENE QVATRIESME

HeRODE, m ARIANE.

HerODE, chassant Mariane de sa chamhre.

Va, va, ie te tiendray ce que ie te promets, 640 Sors viste de ma chambre, & n'y r*entre iamais. Te rendre inexorable alors que ie te prie? Ingrate, mon amour se transforme en furie ; Et desia tous ses traits qui sortent de mon cœur, Se changent en serpens pour punir ta rigueur. 64s Ce mespris me descouure vn désir de vengeance,

Que ie veux obseruer auecque diligence.

Désormais de ta part tout me sera suspect, le n'auray plus pour toy ny bonté ny respect. Et s'il auient iamais que dans cette humeur noire.

M. SCENE 4. Herode, Mariane, Salome, L'hvissier dv cabinet, L'eschançon, Le capitaine des gardes, Pherore. — M. Herode chassant Mariane. — 649. M. S'il arriue iamais

639-652. Le Roy sur l'heuie de Midy s'estoit vne fois retiré en sa chambre pour se reposer, & appella sa femme Mariamné pour se iouer auec elle. Mariamné y entra bien, mais elle ne voulut coucher auec luy, ains quelque prière qu'il luy fist, elle le mesprisoit : & outre cela elle luy reprochoit la mort de son père & de son frère : Herodes fut despité de ces paroles & reproches & à grand peine se peut-il tenir qu'il ne la frappast. Iosephe, Ant., XV, xi. — Caussin, 857-869.

642. Son extresme amour pour elle luy rendoit ce mespris insupportable... Et par ce il conuertist son amour en haine. Iosephe, ^n/.,XV,xi.

648. Et à la fin elle fit tant qu'elle se rendit odieuse... mesme à celuy dont elle n'attendoit nul mal. Iosephe, Ant., XV, xi.

^so Tu lances quelque trait qui ternisse ma gloire, le le repousseray d'vn air qui fera foy Qu'on ne doit pas manquer de respect à son Roy.

Salonie entre.

A. (L'indication : Saîome entre, manque.)

650-652. Geste femme au demeurant chaste, & qui auoit tousiours bien gardé la foy de mariage auoit quelque morosité naturelle de femme, se mocquant trop follement de la patience de son mary, qu'elle tenoit lié : en sorte que sans auoir esgard à la puissance Royalle, souuentefois elle luy iettoit des mots à trauers & de brocards outrageux. Ioskphf, Ant., XV, XI.

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