ARGVMENT DV TROISIESME ACTE
I. Herode accuse Mariane, & luy produit l'Eschançon, qui la charge de l'empoisonnement supposé. Elle tesmoigne en se defFendant sur ce crime, plus de courage que d'esprit. Mais tandis qu'elle braue la Fortune et la mort auec vne constance digne S d'vne grande Princesse, elle ne se peut empescher de donner quelques larmes aux sentimens de la Nature ; se représentant Testât où ses enfans se trouueront, estans priuez de son exemple et de son support. 2. Herode est touché de ses pleurs, & l'amour qui estoit sortie de son cœur par la porte de la crainte & de la
10 cholere, y r'entre aussi-tost par celle de la pitié. 3. Dans cette reconciliation apparante, Mariane luy descouure vn sujet de mescontentement qu'elle ne luy pouuoit plus cacher, sur le commandement secret dont il auoit chargé Soesme, afin qu'il se deffist d'elle s'il arriuoit qu'il perist en son voyage de Rodes. 4.
i> Ce Prince naturellement soupçonneux conçoit là dessus vne extrême ialousie de Soesme : il le fait venir ; l'examine sur son peu de fidélité, & ne pouuaat modérer sa rage, le fait mourir sur l'heure, auec l'Eunuque de la Reine, qu'il croit auoir esté complice de ce crime imaginaire.
M. (Pas d'ARGVMENT.)