‹ La mariee du mardigras folievaudeville en trois actesChapitre 23 sur 79 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

CLODOMIR, GROSEILLON, couché; puis, BÉRÉNICE, et les

FLEURISTES

CLODOMIR, riaut comme un fou.

Oh! la, la! la rate!... Ali ! j’en pleure!... (on entend frapper et crier à la porte du cabinet de gauche.) Elles s’ennuient là-dedaus !.. Ah ! ma foi, à présent, je peux leur donner do l’air... (il va ouvrir.) Entrez!... Et maintenant je vas m’amuser, moi! (il sort par le foud.)

J’ai entendu des voix... où est-il? (Allant vers le lit.) AU!... (Elle ouvre les rideaux.) Un homme!...

GROSEILLON, sur sou séant, coiffé du bonnet de coton de Chevreau, et d’un

ton piteux.

Je suis malade, ah ! je suis malade!

PICHENETTE

Ali ! la bonne tête 1

TOUTES, riant.

Qu’est-ce que c’est que ça?

BÉRÉNICE

Qui êtes-vous?

GROSEILLON.

Je suis Groseillon de Barbével... Je suis venu par la barrière d’Enfer.

BÉRÉNICE

Mais lui, Chevreau, où est-il?

GROSEILLON.

11 m’a pris ma culotte... pour aller se marier.

BÉRÉNICE, stupéfaite.

Se marier 1

toutes.

Se marier!

BÉRÉNICE

Ah 1 le brigand! Où se marie-t-il?

LA MARIÉE DU MARDI- GRAS

CROSEILLON.

Je ne sais pas, ce n’est point sur la pancarte.

BÉRÉNICE, très-agitée. «

Je trouverai, j’irai à toutes les mairies!., (a Groseiilon.) N ite, habillez-vous!... vous nous accompagnerez!...

CROSEILLON.

Moi? Mais puisqu’il m’a pris ma culolte !

, > BÉRÉNICE

Tè... mettez n’importe quoi! mettez ceci!... (Elle montre le costume polonais qui est sur le lit.)

CROSEILLON.

Que je me déguise?

' BÉRÉNICE

Oui, déguisez-vous. (Vivement, fermant ses rideaux.) Ail! ba-

gasse ! je me vengerai!...

TOUTES

Oui, oui, vengeance !

EN SE MBLE.

Air d'Orphce aux enfers. (Offenbacii.)

Oui, sans plus tarder, vengeons-nous!

Qu'il tombe sous nos coups!

v Qu’il redoute notre courroux!

Vengeons-nous! [bis-)

Ah ! ah ! ah ! ah !

Contre l’infàme, liguons.-nous !

Que nos transports jaloux Poursuivent l’épouse et l’époux!

Vengeons-nous! [bis.)

BÉRÉNICE

Ah! c'est affreux,

Odieux!

Ah! le petit gueux!

Vraiment les hommes sont inTàmes!

Malheur sur eux !

Car la vengeance est le plaisir des femmes,

Et des dieux !

(Parlé, pendant que la musique continue à l’orchestre.) Gl’OSeillOIl, êtes-

vous prêt?

LES FEMMES, hélant Groseiilon.

Ohé! Groseiilon 1 ohé!

CROSEILLON, sortant de derrière les rideaux, costumé en polonais.

Me voilà!

BÉRÉNICE. '

Groseiilon, voüs ne me quitterez pas, jusqu’à ce que je me sois vengée !

TOUTES

Non ! non !...

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