‹ La marin anglaisChapitre 37 sur 88 · ETRANGERS · texte numérisé non relu

ETRANGERS

merce britannique. Le Board o/" 7/'a<ie rappelle ces (( Tours de Babel mouvantes », où les ordres sont à moitié compris et demeurent même parfois incompris, comme les accidents qui en furent les conséquences. N'a-t-il pas, d'ailleurs, établi dans les conditions des examens des mécaniciens que le candidat devrait parler et écrire l'anglais d'une façon suffisante pour exécuter leur service -?

1. Etabli par M. Sliaw d'après les statistiques de cinquante bateaux débarqués à Gardiff et composés pour moitié environ d'Anglais et d'étrangers {Report ofthe CommUtee on ihe Mercantile Marine, t. III, p. 13).

2. Régulations relating to the Examination of Engincer, art. 14.

Le syndicat des matelots affirme ; avec quelque mollesse, qu' « il ne fait aucune objection à l'embarquement de marins étrangers remplissant les conditions prévues par le Bill^ »; on sent percer un souci qui peut prendre, un jour, une forme plus précise dans une « loi sur l'immigration » [Alieiis' Act), protégeant non seulement la nation contre l'afflux de miséreux,mais les travailleurs nationaux contre la main-d'œuvre étrangère, plus exactement contre ceux qui fourniraient de la main-d'œuvre susceptible de lutter après un certain contact avec notre civilisation. Les armateurs, notamment ceux de Liverpool, ont entrevu le péril dans un pamphlet où ils protestent contre une telle mesure.

En ce qui concerne les Lascars, leur travail est certes beaucoup moins « effectif » que celui des Anglais ; il suffit, pour s'en rendre compte, de comparer l'équipage d'un même bateau avant et après sa composition d'indigènes. En les employant, les compagnies de navigation ne font pas u!io grande économie sur les salaires. Sur la nourriture, l'économie est, au contraire, énorme; et elle suffirait à elle seule à inciter plus d'un armateur à composer son équipage, non seulement machine mais pont, d'éléments exotiques. D'après des données positives, la nourriture d'un Lascar sur un paquebot de Grande-Bre-

1. Appeal of the National Sailors' and F^remens* Union to the both Houses of Parliament^ 17 mai 1904.

tagne ressort souvent au quart de celle d'un matelot anglais.

La préférence de plusieurs armateurs pour les Lascars tient également à d'autres causes : ceuxci sont disciplinés, polis et sobres ; ils sont sans égaux dans les régions les plus chaudes, ainsi dans la mer Rouge. Combien d'officiers anglais apprécient plus spécialement les éléments indigènes et ne tiennent pas à reprendre de leurs concitoyens * !

Nul ne réclame l'exclusion des Lascars de la flotte britannique. A peine M. Wilson propose-t-il de restreindre leur influence — il dit : « de leur éviter des souffrances » — en limitant aux zones chaudes et tempérées celles oii l'on pourrait les employer.

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