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service dans la Manche entre Folkestone et Dieppe el qui transporlail en outre un courrier des Etats- Unis, est torpillé avec des Américains à bord; plusieurs sont blessés.
T1 semble que, celle fois, la mesure soit à son comble.
Dans un livre ayant pour titre: L'Armée américaine dans le conflit européen, le lieutenant-colonel de Chambrun et le capitaine de Marenches (1) s'expriment comme suit, à propos de ce torpillage :
« Le Président Wilson se fait l'interprète de l'in- « dignation générale et croit devoir se transporter «au Capitole pour y donner lecture, devant les As- « semblées parlementaires, d’une véhémente protes- « tation dont il fait parvenir le résumé comminatoire «au Gouvernement Impérial: si pareil acte se re- «nouvelait, les rapports diplomatiques entre l’Alle- «magne et les Etats-Unis devraient cesser. »
Un calme relatif se produit en Amérique pendant une période de neuf mois. Nous laissons encore la parole au lieutenant-colonel de Chambrun et au capitaine de Marenches, qui, dans leur ouvrage, vont nous donner une physionomie {rès saisissante de l'état d'esprit qui régna dans ce pays dès la fin du
premier mois de 1917 :
(!) Editeur Payot, 1919.
Me
« Jusqu'au 31 janvier 1917, aucun fait de nalure à « précipiter la guerre. Mais à celle date, l’'Ambassa- «deur d'Allemagne remit au Secrétaire d'Etat une «note déclarant que « dorénatant, l'intention du « Gouvernement Impérial, conforme d'ailleurs au « droit qu'il comptait exercer, élait de couler sans «avis préalable tout vaisseau belligérant ou neutre « naviquant dans une zone indiquée par lui comme «zone prohibée ». Emotion générale dépassant loules «les bornes. L'ensemble de la presse jette l’ana- « thème au Gouvernement de l'Empereur pour sa « duplicité et en appelle au Chef de l'Etat de répon- « dre par une mesure d'hosulilé à ce qu'elle consi- « dère comme un défi. Le Président Wilson déclare « qu’il ne peut croire l'Allemagne sincère dans les « menaces qu'elle vient de signifier, mais ilse dit «obligé de mettre la sienne à exéculion et d'ordon- « ner le rappel de son ambassadeur à Berlin. En «même temps, l'ambassadeur d'Allemagne à Was- « hington recevait ses passeports.
« Ce n'était pas encore la guerre, c'élait seule-
Am
«ment la rupture des relalions diplomatiques et
‘ l'ouverture d’une période d'attente que l’Allema-
gne, par sa lutle sous-marine, se chargea d'abréger. « Les intentions du Gouvernement Impérial qui « laissaient le Président Wilson incrédule jusqu'à «de nouvelles preuves, ne purent longtemps être
coulés,
mises en doute. Deux navires américains furent coulés dans le mois de février 1917. À ces torpillages, le Président répondit par un message au Congrès, en date du 26 février 1917, dans lequel il demandait l’aulorisation de mettre les navires américains en état de défense. Le 1% mars 1917, la Chambre des Représentants aulorisait le Président à armer les navires. L’émotion, à laquelle s’ajoulait maintenant comme un désir de vengeance, s’accrul encore en Amérique quand on apprit que l’Allemagne négociait une alliance avec le Mexique. f « Le 18 mars 1917, trois navires américains sont É « Le 21 mars 1917, un navire américain, faisant route de Philadelphie à Rotterdam, est coulé sans avertissement ; on compte 21 victimes.
« Le 1% avril 1917, | « Azlec », navire américain, est coulé dans la zone des sous-marins.
« Le 5 avril 1917, le « Missourian », navire amécain, est coulé dans la Méditerranée.
“« Lorsque parvint la confirmation des torpillages dont les six derniers navires américains susindiqués venaient d’être victimes, le Président Wilson mit le Congrès en face de ses responsabilités en ces termes: «... obéissant sans hésitalion
à ce que je considère comme mon devoir conslilu- Bone
FPS ir VoUc
tionnel, je recommande au Congrès de déclarer
que la conduite récente du Gouvernement Impérial