‹ La Marinette, ou Le théâtre de la farce, comédie en un acte, en versChapitre 12 sur 38 · SCÈNE Vi · texte numérisé non relu

SCÈNE Vi

Puis, messieurs les voleurs qui volent tout le inonde; Et ta justice enfin, qui dépouille à la ronde Le volé, le voleur, et prend dans le conflit L'argent.. . cause première et preuve du délit !

LE PRÉSIDENT

Eh! là-bas!...

GARGUILLE

Eli ! monsieur, sans piller ni détruire, Nous amusons le monde, et nous le faisons rire. Et le rire lâché sur les défauts d'autrui, Devient des bonnes mœurs le vengeur et l'appui ! Car tel vice, qui veut braver votre férule, N'osera pas lutter contre le ridicule : II faudrait, direz-vous, un rude compagnon, Pour donner tant de poids à ce léger bâton... Il viendra tôt ou tard ! et la farce agrandie Dans ses nerveuses mains deviendra comédie. Quand d'un vers simple et fort jaillira la leçon, Les médians et les sots sentiron tle frisson ; Les marquis insolens, les fourbes, les avares, Ou se cacheront mieux, ou deviendront plus rares. Mesdames du bel air, messieurs du bel esprit, Il vous faudra changer de langage et d'habit j Et vous qui soupirez après la particule, Bourgeois, restez vilains... ou gare au ridicule ! L'auteur comique est là pour vous montrer aux g ?j5, — Et s'immortaliser à force de bon sens !

LEPRÉSIDENT.

Quel métier !

GARGUILLE

Non, monsieur ! La loi qui nous tolère Ne nous impose pas au public volontaire ;

24 LA RfARlN&TTE.

Pour des clous, on ne peut se passer du cloulier; — On peut vivre sans nous, — Part n'est pas le métier.

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