LE PRÉSIDENT, MARINETTE
LE PRÉSIDENT
Me direz-vous bientôt Ce qui se passe ici?... si j'y comprends un mot...
Eh! mon cher, vous n'avez pas besoin de comprendre.
LE PRÉSIDENT
Cependant. .
Je n'ai pas de comptes à vous rendre.
LE PRÉSIDENT
A quoi bon vous cacher de moi ?... Suis-je un mari? Suis-je un amant?
Eh bien ! il s'agit d\m pari. J'ai juré, quel que soit l'effet de la sentence, De réduire à jamais ces acteurs au silence. Or, pour y parvenir, il n'était qu'un moyen : C'était de débaucher Gauthier, leur chef.
LE PRÉSIDENT
E!i bien ?
Il est jaloux...
le président, avec hauteur.
De moi?
Le rôle est honorable :
S'il est jaloux de vous, c'est qu'il vous trouve aimable.
LE PRÉSIDENT
A quoi bon tant de soins ?I1 ne tiendrait qu'à vous D'échanger mon arrêt contre un arrêt plus doux ;
(Lui prenant la main,) On peut... les condamner.
MAR1NETTK.
Allons donc! la justice !...
Il est vrai qu'elle est femme, et sujette au caprice...
(A part.) Je le tiens !
Le rideau du fond s'ouvre et laisse apercevoir une estrade élevée de quelques pieds. — Au fond , du côté présumé du public, une rampe de chandelles. — Un décor banal de place publique. — Un pieu fiché en terre porte ces mots : Le théâtre représente une chambre. — Gauthier paraît en vieillard, avec son costume traditionnel.
garguille, chantant.
Silence ! silence ! silence !
La parade commence, Elle s'adresse aux imprudens Qui, passé l'âge, sontgalans.
Lysimon, vieillard insensé, S'est fait l'époux d'Arsène ; Mais il est si bien chaussé, Qu'il veut rompre sa chaîne.
Malheur à qui court les fillettes, Quand il a passé soixante ans...
C'est vouloir casser des noisettes, Alors qu'on n'a plus de dents.
(Guillaume paraît, la figure enfarinée et velu en femme. — Applaudi ssemens et rires prolongés à son entrée.) le président, à Marinctte.
Vous voyez qu'on se passe de vous.