ACTE V, SCENE JOIV IHJ
Mais vraiment 9 mon petit Comte, ton esprit est devenu aussi subtil que tes manières! quoi ! tu veux: me prouver que je te dois les mille éeus que je t'ai prêtés ^ M tu peux démontrer cela à tous les gens de qui j'ai emprunté y je vais me trouver le plus riche capitaliste dé
Paris.
LE COMTE
Je vous l'ai dit 9 Monsieur , je ne veux avoir aucune 4;spèce de discussion avec vous. Dès demain, je ferai régler 4;ette affaire.
Les biens de M. le Comte...
CLARAÇS£.
Les biens de M. le Comte... Ah ! c'est avec cela qu'il me paiera !... Les biens de M. le Comte sont aussi solides que la vertu de certaine dame de ma connaissance... et de la vôtre, belle Marquise.
LE COMTE, à la Maïqiiise.
Je vous ait dit que cet homme était mon mortel ennemi.
LA MARQUISE, à part.
Que dit-il , serais-je jouée ? ( Haut» ) M. le Comte a des propriétés immenses.
CLARASSE.
Des propriétés immenses ! c'est son Comté , sans doute. C'est un bijou que ce, Comté- là, mais je n'en voudrais pas pour mes mille écus. Allons, rends-les moi, ou je te coupe les, oreilles.
LE COMTE
Monsieur^ je me lasse enfin... Vous me ferez raison..*
Tu es devenu bien chatouilleux ; ne te souviens-tu pas du petit désagrément que je t^ai évité en Bavière? Figurez-vous •••
vî2ï8 LA MAilQtlfi^E DE lMh>Mf ALLE-
LE COlVrtPE , à paTt , à Clarassc.
Je TOtis Yat fit, Hfonsiear, votts aurez deniiain deuK mille écu^.
CLAMASSE.
Deux Èrtîlfe écn»!,. c'est une jolîe somme, maïs pour <$ouze mille ; je ne me tairais pas. Figurez- vous. *.
LE COMTE ,x à part , à Claras«e.
M. le Chevalier^ n'oubliez pasà c[uelle famille j'appartiens.
CLARASSE.
£b ! mon dieu, mon ami, laisse-moi donc conter mon histoire, tu raconteras la tienne après. Figurez-vous que des gens grossiers , mal élevés , des Allemands, enfin, porteurs de je ne sais quels chifibns qu'iU appellent eu allemand des traites, des obligations 5 avaient obtenu le droit inique de le mettre entre quatre murailles. Un Comte !.«.
fi , Phorreur I
Qu'en tends-je?
LE COMTE
Quelle absurdité !
Moi, sans aucun intérêt particulier, et par pure antipathie pour la race des créanciers en général , je l'ai tiré des mains de ceux-ci, et je lai fait sauver en France , où, à Tabri de la cruauté des barbares, il vit agréablement, de
son bien ou de celui des autres.'
LE COMTE
Cela est Jkux , c'est une imposture.
CLARASSE.
Et, par reconnaissance, cet espiègle me dit des impertinences.
LE COMTE
C'est une imposture , je le l'épète.