UN VALET
L'homme d'afiaires de madame la Marquise vient d'envoyer cette lettre qu'il dit très-pressée.
Donnez.
CLARASSE.
Point de cérémonie, Marquise ; lisez, (la Marquiseltt.) Petite Lisette , tu ne te maries pas , toi ?
LISETTE
Laissez-moi donc ^ Monsieur.
Quelle infâme trahison?
(Elle s'a«sâed et laisse tomber la lettre.) CLARASSE, ramassant la lettre.
Voyons un peu la trahison. Permettez-vous, belle
Marquise 7
FLORVILLE
L'espoir me seraît-îl rendu î
t3o LA MARQUISÉ de MÔNTALLl.
CLARASSE , lît.
« J'aî rhonneur de pré\enir madame la Marquise que le bruît court dans Paris que la personne sur laquelle je lui ai doniié des renseignemens, n'est pas le véritable comte d'Oldeniback j mais un de ses parens y sans fortune , qui a abusé de la couformité de nom pour faire des dupes et des dettes. »
C'est vrai, n'est-ce pas, Comte ?
FLOR VILLE
Quelle liorriblè fourberie !
LE COMTE
Si mes biens, INIadame, ne sont pas 'si considérables que vous l'avez pu croire, ma famille est puissante et respectable 'y n'attribuez, je vous prie, quà un amour insurmontable les détours que j'ai pu employer.
CLARASSE.
Certainement , c'est à son amour que vous devez attribuer tout cela. Y a t il rien de pb:s ingénieux que l'amour? Le pauvre j^etît, voyez comme il est intcressant.Ah ! Marquise , il faut que voua ayez le cœur bien dur.
LA MARQUISE , au Comte.
Monsieur, sortez de cette maison et jamab ne vous y offi ez à mes yeux.
• LE COMTE
Madame , j'en suis fâché , je suis chez moi et j^y reste.
CLARASSE.
La bonne scène! et vous n'applaudissez pas?
FLORVJLLE.
Malheureuse Eugénie ! serez-vous la proie de ce misé^ rable ?
FRONTIN , à part.
On se croirait à la comédie.