ACTE r", SCKNEX. l
Oui, très-grands, Lisette.
LISETTE
Mais je ne me fie pas à toutes ces fortunes étrangères.^
Celle-ci est sûre.
LISETTE
Sûre , sûre , je n'en sais rien. M. d'Oldemback a paru il y a quelque teoxs dans la capitale, se faisant annoncer comme un grand seigneur allemand, et chacun a dit qu'il était riche à millions : mais tout ce qui luit n'est pas or; parce qu'un homme a un équipage , une livrée, parce qu'on le voit à la cour, chez les ministres, les ambassadeurs, il ne iaut pas en conclure qu'il ait un coffre bien garni.
LA. MARQUISE , avec humeur.
Tu a.i des expressions !
LISETTE
n est si &cile à Paris de s'affubler d'un grand nom étranger^ et sous ce déguisement de se fourrer partout;, quoiqu'en dise Madame , je préférerais notre petit Chevalier f on sait du moins avec certitude ce qu'il aura.
J'ai eu des renseignemens positifs. M. f)umont,moa Lomme d'affaires, qui n'agit pas légèrement, s'en est proeuré de son côté. M. d'Oldemback appartient à une de& premières &milles d'Allemagne, et il est fert riche. Crois que si je n'étais pas bien instruite, je n'accueillerais pas ses soins. Il a d'ailleurs un beau titre.
LISETTE
Il est tant de gens qui en prennent sous leur bonnet»
Tu n'aimes pas le Comte.
l6 LA MARQUISE DE MONTALLÊ.
LISETTE
Pavoue qu'il ne serait pas de mongoût^
La raison doit quelquefois l'emporter sur les inclinations. Au surplus, rien n'est décidé, le Comte ne m'a parlé ni d'amour ni d'hymen. Je suis loin encore de vouloirrompre avec Florville. J^entends une voiture y c'est san» doute M. d'Oldemback. . . regarde.
LISETTE , regardant par la fenêtre.
C'est lui-même ! Quel train ! trois laquais , un chas^ seur ! quel air de suffisance et d'orgueil ! si j'étais grand Seigneur^ ce ne sont pas ces manières- là que je prendrais.
Ya ! tu feras entrer les vieux Simon et Marie avec se» cmfknS)*
LISETTE
Oui, madame.